État et gouvernement
*Beaucoup de nos compatriotes confondent et ont souvent toujours confondu État et gouvernement. Pourtant ce n’est pas du tout la même chose.
Un État est une forme d’organisation politique et juridique d’une société (en tant que communauté de citoyens et de sujets), dont le gouvernement n’est qu’un des 3 composants, les 2 autres étant le territoire et la population.
Un gouvernement a 2 sens : un sens large et un sens étroit : dans son sens large, il désigne le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Dans son sens étroit, il désigne le premier ministre et son équipe.
Pour employer une image simple on pourrait dire que les gouvernements passent, mais l’État demeure. D’ailleurs, les intérêts d’un gouvernement ne coïncident pas toujours avec ceux de l’État. On pense à certains gouvernements de droite plus préoccupés à servir les intérêts privés que l’intérêt général.
La nation québécoise a un gouvernement , mais n’a pas de véritable État reconnu par la communauté internationale. La nation québécoise doit se contenter d’être une province, qui est une simple division administrative utilisée dans une trentaine de pays, dont la Chine, l’Espagne, l’Italie, le Japon et le Canada.
Le mot "province" vient du latin "provincia" qui signifie "pays vaincu". Bernard Landry l’a ailleurs écrit récemment dans un article publié dans le magazine "La Semaine".
Si on fait une comparaison avec le droit civil, la nation québécoise n’a pas le statut d’un adulte, comme les États reconnus par la communauté internationale, mais celui d’un mineur sous tutelle.
Comme un mineur sous tutelle, la nation québécoise n’est pas libre au sens noble du mot. Elle est inféodée et dépendante d’un État (en l’occurrence le Canada) comme l’est le mineur sous tutelle de ses parents ou d’un tuteur. Elle ne peut pas agir comme un adulte et est limité dans son pouvoir de contracter, comme l’est le mineur sous tutelle. Elle n’est pas et ne pas être un sujet de droit international parce qu’elle n’est pas reconnue comme un État.
Comment un mineur peut-il accepter en vieillissant d’être sous la tutelle de quelqu’un d’autre ? Comme une personne peut-être accepter à moins d’être atteint de maladie mentale renoncer à son droit de contracter et d’être libre ? Cela n’a aucun sens et frise l’absurdité. C’est le grand mystère de ma vie, dit, abasourdi, un Bernard Landry.
Qui plus est, la nation québécoise subit une double aliénation puisque elle vit sous une monarchie. En droit, nous ne sommes même pas des citoyens, mais des sujets de Sa Majesté la Reine Élisabeth II, la Reine d’Angleterre.
C’est promptement kafkéen quand on y pense.
Mais le gros problème vient du fait que le carcan idéologique, médiatique et propagandiste dans lequel nous sommes enfermés empêche justement la majorité des personnes qui composent cette nation d’y penser, sauf ses éléments les plus éveillés.
C’est pourquoi nous nous battons pour que notre nation ait enfin un État reconnu par la communauté internationale. Nous nous battons pour que notre nation ait un statut d’adulte et cesse d’être sous la tutelle d’un État étranger.
Nous devons acquérir le sens de l’État et comprendre que seul l’État peut protéger notre nation sur notre territoire. Protection non seulement contre l’effritement en douce de notre identité - une récente décision de la Cour suprême nous le rappelle cruellement - mais également protection contre les excès de l’économie de marché et de l’Ordre marchand, comme la récente crise financière nous l’a démontré.
Notre lutte est plus légitime et plus urgente que jamais. Jamais nous ne devons laisser de répit aux provinciaux et aux démissionnaires du Parti québécois actuel qui ont vendu notre idéal pour un plat de lentilles provinciales.
Honte à vous.
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La politique a tué le politique
"Naguère, nous faisions de la politique pour défendre des idéaux. Aujourd’hui, la mort des idéologies a asséché le discours politique. On ne parle plus de militants mais de supporters. La politique est devenue le lieu d’affrontement des clans, des écuries où on s’engage avec l’obsession d’un retour sur investissement. Flics, politiques, se préoccupent plus de leur avancement ou de leur Légion d’honneur que de l’intérêt général".
Jean-Louis Debré, ex-député, ex-mnistre de l’Intérieur, président du Conseil constitutionnel (France).
Cette petite phrase m’a permis de comprendre toute la frustration que j’ai depuis plusieurs années envers le Parti québécois, particulièrement après la démission de Bernard Landry, où dans le cadre de la Saison des idées et du programme de 2005, nous avions mis sur le cap sur l’indépendance, notre noble idéal que j’ai toujours mis au centre de mon engagement politique.
J’ai toujours été un militant et jamais un supporter et pour moi l’indépendance a toujours primé sur la gouvernance provinciale, les honneurs, la gloire, la carrière ou les intérêts particuliers.
C’est pourquoi, comme beaucoup d’autres militants indépendantistes, je suis si désemparé aujourd’hui de constater que le Parti québécois est passé sous le contrôle des élus, leurs collaborateurs et supporters qui s’affrontent dans des querelles de clans fratricides pour des fiefs électoraux et en bout de ligne pour le pouvoir, le petit pouvoir provincial de merde.
C’est triste mais comme c’est comme cela et nous sommes là toutes et tous à attendre le retour de la flamme et de la passion.
Remarquez le phénomène n’est pas unique au Parti québécois. Le Parti socialiste français, jadis vaste parti de masse à près de 300,000 membres, n’en compte aujourd’hui que 90,000. C’est très peu.
Pour renverser ce courant, il faudrait que Pauline Marois démissionne et que Bernard Landry Landry revienne en politique active en mettant comme priorité absolue UN PROGRAMME D’ÉTAT qui pourrait prendre la forme d’une Loi fondamentale, la Loi no 1 créant la République du Québec. Bernard Landry est le seul homme politique qui parle d’indépendance et de nation. Les autres se taisent.
En attendant, nous piétinons, par la faute et l’unique faute des élus du Parti québécois qui contrôlent ce parti comme jamais auparavant avec leurs supporteurs et leurs collaborateurs aux intérêts très immédiats. Pour se donner bonne conscience, ils se gargarisent de temps en temps - je dirais même s’anasthésient - et nous endorment avec le mot "souveraineté". Quelle tristesse.
La politique a tué le politique. A quand le retour du balancier ?
Je l’espère de tout coeur avant de mourir....
Pierre Cloutier
militant indépendantiste

