|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
J’ai tout de suite sursauté : selon Jean Charest, les transferts fédéraux diminueraient advenant l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois. Étant donné que la priorité du Parti Québécois est celle de réaliser l’indépendance du Québec, Ottawa serait tenté de couper les vivres à la province. Et advenant une victoire d’un référendum, les transferts seraient tout simplement abolis.
C’est bizarre. Depuis que je suis tout petit, on me dit que je vis dans une société libre, démocratique ; une société de droit. Que les conflits qui traversent notre société trouvent inévitablement, grâce à un système de justice infaillible et neutre, un dénouement juste et équitable. On me répète depuis toujours que l’État n’est pas le gouvernement, qu’il est égalitaire et qu’il ne se soucie pas des intérêts partisans.
Or, ce que notre premier ministre tente de nous faire comprendre, c’est que ce système est illusoire. Notre État fédéral, finalement, ne supporte pas la neutralité lorsque son intégrité est remise en question par des objectifs politiques et démocratiques. Seule l’élection du PQ suffirait à Ottawa pour qu’il prenne des mesures radicales contre le Québec.
Une conclusion ressort de la position libérale : le radicalisme n’est pas exclusif aux souverainistes. Le nationalisme canadien se manifeste de façon tout autant sinon plus radicale que le nationalisme québécois. Du moins, ça semble être ce que M. Charest tente de nous faire croire.
D’ailleurs, si ce qu’il dit est vrai, les Québécois auront une excellente raison de désirer cette indépendance.
Daniel Johnson, en renfort, viens en rajouter : il dénonce la « tactique électorale » du PQ, soit le « débat sémantique » qui vient remplacer le mot « référendum » par « consultation populaire ». Puis, remisant le débat sur la négociation des conditions de séparation « sous le tapis », Johnson nous convie à une réflexion sur l’indépendance du Québec en comparant la pertinence de cette idée à celle du chef qui la porte : « La cause sécessionniste exige cependant de ses chefs qu’ils manifestent un minimum de respect de leurs propres convictions, démontrent en tout temps la franchise qui permet de mesurer la ferveur de leur engagement et de comprendre les moyens qu’ils envisagent pour y donner suite, et fassent preuve d’honnêteté, de limpidité et de courage lorsqu’ils s’expriment. » En d’autres mots, la liberté n’est l’affaire que d’un seul homme, et non celle d’un peuple.
L’incarnation par André Boisclair du projet souverainiste ne me convient pas. Cependant, je reste tout de même résolument indépendantiste. Je voterai OUI à un référendum, que ce soit René Lévesque, André Boisclair, Jacques Parizeau, ou Françoise David qui me pose la question.
Pour revenir à l’exercice sémantique du PQ dénoncé par Johnson, que dire de celui qui associe constamment les mots indépendance, sécession, séparation ou souverainisme à des mots tels que division, « chicane », ou désunion ? Que dire de la désunion, la « chicane » et la division qui sont ressorties de l’élection de Jean Charest. Vous vous rappelez la « coalition pour la destitution de Patapouf Charest » ? Et des 103 millions $ arrachés aux étudiants les plus pauvres du Québec, à l’origine d’un mouvement étudiant d’une envergure sans précédent ? Et du financement des écoles juives ? Et des CPE ? Et du mont Orford ? Et de l’échec criant du pacte en santé fait par le parti ?
Et de l’insatisfaction d’une proportion approchant, de plus en plus, la moitié de la population envers la fédération canadienne ?
Ce n’est pas la tenue d’un référendum qui diviserait davantage la population. Ce que le référendum permet de faire, dans un contexte de division permanente, c’est de tenter de dépasser le débat. C’est justement l’aboutissement le plus démocratique d’un enjeu viscéralement inscrit dans notre société. Le genre d’enjeu qui, très souvent, provoque des guerres civiles lorsqu’on ne permet pas son existence. Un référendum, c’est une volonté d’unir les Québécois autour d’un enjeu, qui les divise depuis toujours, grâce à l’exercice démocratique libéral par excellence.
C’est un moyen de sortir des arguments démagogiques, des campagnes de peur et des « chicanes ».

12806$ 64%
|
Pour contribuer en ligne
|