Longs Couteaux ou godemichés ?

La nuit où le Canada est passé à l’acte sans le consentement du Québec

Billet — Louis Lapointe
vendredi 27 mai 2011
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À l’occasion des événements connus sous le nom de la Nuit des Longs Couteaux, pendant que René Lévesque et Claude Morin dormaient dans un hôtel de Hull, inconscients de ce qui se tramait à Ottawa, Pierre Trudeau, Jean Chrétien et les premiers ministres des neufs autres provinces canadiennes profitaient de leur sommeil pour leur passer tout un « Québec » - une charte et une constitution - sans leur consentement.

Trente ans plus tard, la même Cour Suprême qui a validé la démarche de Pierre Trudeau et des neuf premiers ministres du ROC à l’encontre du premier ministre du Québec nous apprend aujourd’hui qu’une personne ne peut introduire un godemiché dans l’anus de son conjoint sans son consentement s’il est inconscient.

Morale de l’histoire, ce que le commun des mortels ne peut pas faire à son conjoint sans son consentement, un premier ministre du Canada et ses neuf collègues canadiens peuvent le faire à leur homologue québécois pendant qu’il dort sur ses deux oreilles.

***

À lire : Réaction au commentaire de M. Claude Morin, La méprise

Commentaires

  • Daniel Roy, C.A., 30 mai 2011 14h23

    Monsieur Claude Morin,

    Je demande ce qui vous contrarie ? Monsieur Lapointe n’a rien écrit contre vous. Il a seulement dit que pendant que vous dormiez, qui est une chose tout à fait normale après minuit à moins d’avoir rendez-vous, les autres ont conclu une entente sans le Québec. De plus, je ne vois rien qui entre en contradiction avec ce que vous avez écrit :

    "L’isolement se produisit au début de novembre 1981 (la « nuit des longs couteaux »). Prenant soin de ne pas en avertir le Québec, Ottawa et les autres provinces conclurent une entente sur les changements recherchés par les fédéraux. Mis devant le fait accompli, le Québec — dont l’Assemblée nationale (y compris les libéraux de Claude Ryan) avait déjà condamné le comportement d’Ottawa — refusa de se rallier à une constitution qui demeurait pour lui illégitime du fait qu’elle ne respectait en rien les engagements pourtant pris à son endroit en échange du Non référendaire. Elle faisait de lui une province comme les autres et instaurait une dynamique politique contraire à ses aspirations. Avant de la transférer à l’autorité canadienne, le parlement de Londres modifia en effet la constitution en y intégrant les dispositions rejetées par le Québec. C’est dans ces conditions qu’eut lieu le « rapatriement »."

    Ici, on blâme les Anglais et les collaborateurs à la Chrétien.

    La Constitution est illégitime, et selon moi, elle justifie maintenant que des actes illégitimes soient posés.

    Daniel Roy, C.A.

  • Louis Lapointe, 30 mai 2011 13h38

    Bonjour M. Morin,

    Je suis un peu étonné par votre réaction, puisque mon texte se voulait surtout une caricature au sujet des méthodes employées par Pierre Trudeau et des raisonnements de la Cour Suprême.

    Lorsque j’écris que vous dormiez, inconscient, à Hull, il ne s’agit pas d’une critique à votre égard, mais d’abord d’une image dans le but de faire un parallèle avec la récente décision de la Cour Suprême. Mais il semble que vous l’ayez pris ainsi. Libre à vous !

    Contrairement à vous qui n’avez pas pris la peine de lire quelques-uns de mes textes avant de les comparer à l’œuvre de Normand Lester que vous semblez par contre bien connaître, sachez que j’ai lu votre votre livre « Les lendemains piégés » il y a une vingtaine d’années ainsi que celui de René Lévesque « Attendez que je me rappelle ».

    L.L.

  • 30 mai 2011 11h51

    Monsieur Lapointe,

    On vient d’attirer mon attention sur votre chronique. Je ne lis jamais vos textes et, à la lumière de celui d’aujourd’hui, je constate ne pas avoir perdu grand-chose jusqu’ici.

    Écrire que « René Lévesque et Claude Morin dormaient dans un hôtel de Hull, inconscients de ce qui se tramait à Ottawa » est une monumentale sottise que seule peut expliquer (mais non excuser) votre ignorance des faits. Vous raisonnez à la Lester, trait qui, croyez-moi, n’est pas un compliment…

    Parmi tout ce qui s’est publié au cours des années sur les événements de novembre 1981, je vous suggèrerais mon propre livre "Lendemains piégés". Mais c’est un gros ouvrage, plein de détails utiles à savoir. Pas le genre, cependant, qui attire les adeptes d’opinions péremptoires et de préjugés commodes. Je le mentionne par acquis de conscience. Il existe aussi quelque chose de plus récent, tout juste paru, "The Last Act", de Ron Graham, auteur canadien-anglais assez connu.

    Claude Morin

  • François Tremblay, 29 mai 2011 12h14

    En effet, M. Lapointe, nous sommes ici dans la Suprême contradiction, le Suprême illogisme, le Suprême manque d’objectivité. Le droit est parfois Suprêmement bizarre. Et nous, québécois, on se croit lié par un contrat qu’on a pas signé. Suprêmement étrange. Ne nous aurait-on pas plutôt Suprêmement exclus du Canada en 1982 par cette non signature ? Il n’y a que les québécois que l’on entend Suprêmement crier : Y faut qu’on signe !, Y faut qu’on signe ! Au lieu de dire, merci de nous avoir Suprêmement libéré.

  • Bill Facture, 28 mai 2011 23h16

    Monsieur Lapointe,

    Lire vos billets est toujours un grand plaisir. Aujourd’hui, c’est une jouissance quasi orgasmique. Je vous remercie.

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