La mémoire morte, "je ne me souviens plus"...
…de la décision de Lawrence, en 1755, de déporter les Acadiens, dans la pire violence, séparant même les familles ;
…de l’Acte de Québec de 1774 qui établissait les fondements de notre « société distincte » ;
…des raisons qui ont mené aux rébellions de 1837 ;
…de l’Acte d’Union qui, en 1840, a permis à l’Anglais de voler et d’appauvrir mon peuple en prenant ses richesses pour payer les dettes du Haut-Canada ;
… de la période d’après l’Acte d’Union (1840-1930) qui vit une grande partie de mes ancêtres s’exiler en Nouvelle-Angleterre pour échapper à la famine et à la pauvreté dans laquelle mon peuple avait été plongé ;
…du « speak white » lancé en 1899 à Henri Bourassa qui avait osé s’adresser en français à la Chambre des Communes ;
…de la conscription forcée de la Première Guerre Mondiale ;
…des nombreuses et méprisantes interventions du fédéral dans les champs de compétences constitutionnellement réservés aux provinces ;
…de la déclaration de Donald Gordon en 1962 affirmant que les « Canadiens-français n’ont pas les compétences » pour accéder à des postes supérieurs ;
…du mépris avec lequel on nous regardait chez Eaton, Morgan, Simpson et Ogilvy quand on demandait à y être servi en français dans les années soixante ;
…du rapport de la Commission Laurendeau-Dunton qui établissait que les Canadiens-français se classaient, vers la fin des années soixante, au 12e rang dans l’échelle des revenus selon l’origine ethnique, juste avant les Italiens et les Amérindiens ;
…de la loi des mesures de guerre imposée par Trudeau en 1970, emprisonnant sans mandat et sans excuses une bonne partie de l’élite de ma nation ;
…des exactions de la GRC (affaire de la grange brûlée, affaire Samson, etc.) dans les années soixante-dix pour démoniser le mouvement indépendantiste au Québec ;
…de l’émergence, sous Trudeau, du concept du multiculturalisme canadien pour noyer le fait français dans la diversité des micro cultures canadiennes ;
…du coup de la Brinks ;
…des tristes manipulations et de la campagne de peur qui ont entouré le référendum de 1980 ;
…du rapatriement de la Constitution canadienne sans l’accord du Québec en 1982 ;
…du rejet de l’accord du lac Meech en 1987
…de l’absolu mépris des anglo-canadiens pour le processus démocratique du référendum de 1995 ;
…du scandale des commandites sans coupable, hormis peut-être un fonctionnaire et deux ou trois publicitaires ;
...de la loi sur la « clarté référendaire » ;
…des décisions de la Cour Suprême du Canada pour invalider petit à petit les effets de Charte de la langue française du Québec (dont l’arrêt FORD en 1988) ;
…de la décision du gouvernement libéral de Robert Bourassa de réduire au minimum l’enseignement de l’histoire nationale dans les écoles du Québec ;
…de la volonté du gouvernement libéral de Jean Charest de réviser en 2006 l’enseignement de l’histoire du Canada afin de la rendre « moins conflictuelle », « moins politique » et « davantage plurielle », passant entre autre sous silence l’Acte de Québec, Meech, et le rapatriement unilatéral de 1982 ;
…des efforts faits ces derniers jours, par le gouvernement comme par certains médias, pour taire ou minimiser la réalité démographique de l’évolution du français au Québec ;
Ma devise ? C’était quoi déjà ?
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
