Il est étrange de voir les journalistes critiquer les nominations partisanes que font les partis politiques qui détiennent le gouvernement, soit le droit légitime de gouverner. Et pourtant, la perspective que ces journalistes nous offre ne vise qu’à détourner le regard des citoyens.
Le problème fondamental n’est pas les nominations partisanes, qu’elles soient des Conservateurs, des Libéraux ou d’un autre (éventuel) parti au gouvernement. Le problème fondamental a ses sources et origines dans la Constitution canadienne, laquelle accorde le PRIVILÈGE au Premier ministre de nommer qui il veut, selon les critères et considérations qui lui importent. Et c’est bien évident qu’un parti politique au pouvoir va nommer ses amis et collaborateurs ; quel parti oserait nommer ses adversaires dans des postes clefs ?
Tant que ce privilège ne sera pas retiré constitutionnellement des mains du Premier ministre, il y aura encore, et pendant longtemps, du patronage, du favoritisme et la promotion des intérêts de ce parti politique au gouvernement. Cela ne manquera pas d’attiser le cynisme des électeurs et citoyens, d’autant plus qu’un parti qui en remplace un autre à la gouverne de l’État fait rarement des politiques différentes de son prédécesseur ; les Libéraux peuvent s’indigner autant qu’ils veulent des nominations partisanes de Harper, eux feront la même chose à leur tour.
Autre chose qui alimente le cynisme : les dépenses du gouvernement dans les circonscriptions détenues par le parti en place. Il n’y a rien d’étonnant là-dedans, c’est de la politique ! C’est comme cela que ça fonctionne à Ottawa autant qu’à Québec, et ailleurs dans le Canada. Un parti politique repose sur ses financiers et ses membres, non pas sur la population. C’est pourquoi le budget national/provincial ne devrait pas être remis exclusivement dans les mains du parti politique qui détient le gouvernement ; cela est moins évident dans les cas de gouvernement minoritaire mais le problème reste le même. Pour que le budget soit plus neutre, disons moins partisan, il faudrait qu’il revienne entièrement à la fonction publique, davantage neutre, elle qui répartirait les investissements à faire là où il y a des besoins, non plus là où il y a des candidats élus du parti formant le gouvernement, et rien pour les circonscriptions détenues par l’Opposition.
Donc, peut-être que les journalistes vont enfin accepter de regarder les problèmes avec leurs causes véritables, plutôt que nous fournir une critique du système canadien sans vraiment vouloir en faire la critique.
Source
http://www.ledevoir.com/2009/10/17/commentaires/0910170812619.html

