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Qui ne se souvient pas s’être déjà battu avec son frère aîné, étant fatalement condamné à perdre dans la bataille parce qu’il était plus vieux, plus gros, plus fort et plus grand ? Un jour que mon frère feignait plus de hargne qu’à l’habitude, au lieu de lui répondre par d’autres coups qui ne faisaient que rendre la riposte encore plus douloureuse, je me contentai de lui dire que s’il utilisait la force de ses poings, c’est parce qu’il n’était pas assez intelligent pour utiliser la puissance des mots pour régler ses litiges. Sa riposte ne fut que plus violente, car je venais de le blesser dans son amour-propre, lui qui s’estimait plus intelligent que moi. Je remettais en question sa capacité à utiliser son intelligence lorsque ça faisait vraiment la différence. J’avais touché là une corde sensible que j’entendais exploiter à l’avenir.
À la même époque, prenant modèle sur les litiges qui m’opposaient à mon frère, j’avais développé ma propre théorie selon laquelle le monde était mené par les armes, l’argent et les mots et qu’il ne restait plus que les mots aux Québécois qui n’avaient ni armes, ni argent pour faire la révolution et gagner la guerre !
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C’est exactement ce qui se passe dans les débats sur le 400e anniversaire de Québec. Après nous avoir conquis par les armes en 1760, les descendants de nos conquérants et leurs vassaux ont décidé de nous imposer leur vision de l’Histoire grâce à l’argent du gouvernement fédéral, comme ce fut le cas avec les commandites et le Love-in de 1995. Il ne nous reste donc plus que les mots pour nous défendre. Ne nous le cachons pas, si notre révolution doit devenir une guerre de mots, c’est parce que nous n’avons pas d’argent et que nous redoutons tous à prendre les armes. De toute façon, nous n’avons rien à gagner sur ce terrain-là. Ils sont plus gros et plus forts que nous !
Il est donc normal que les mots prennent tant d’importance dans notre combat. Les récentes déclarations du premier ministre français François Fillon au sujet du sens qu’il faut donner aux mots Pays, Nation et au « Vive le Québec libre » du Général de Gaulle et les réactions qu’elles ont pu susciter en France et dans le ROC le prouvent bien. Les mots ont de l’effet. Sinon, comment expliquer toute cette répression politique contre les graffiteurs du RRQ à Québec ?
Si de nombreux peuples ont pris les armes pour se battre, nous, nous devons prendre les mots les plus significatifs et constituer un arsenal pour attaquer nos ennemis et arriver à nos fins si nous voulons gagner cette guerre, n’en déplaise à nos adversaires et à nos nombreux objecteurs de conscience.
Toutefois, comme dans une vraie guerre, il faudra utiliser les mots avec circonspection, discipline et stratégie. Il faudra bien définir nos ennemis et choisir les bons mots avant de les coller à leur peau. Cependant, il ne faudra pas trop s’en faire, au début des hostilités, certains mots pourront provoquer de vives réactions épidermiques, comme la vue de la chair et du sang lors des guerres traditionnelles, même dans nos troupes. À la guerre comme à la guerre, si nous voulons gagner, nous devons utiliser l’artillerie lourde lorsque cela est nécessaire. Puisque nos adversaires tentent de réécrire l’histoire, il est normal que nous ripostions. Après tout, ils l’ont bien cherché !
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Naturellement, les propos incendiaires ne sont pas toujours les plus appropriés, mais il ne faut pas se gêner pour les utiliser lorsqu’ils sont requis, comme un certain VLB l’a fait récemment avec succès. Certains mots, utilisés par les bonnes personnes au bon moment, ont le mérite de remettre les choses en perspective. On l’a vu, ils peuvent faire très mal. On peut même parfois utiliser une combinaison de mots lorsque cela est nécessaire. Je me demande encore pourquoi Bernard Landry avait tenté de minimiser l’impact positif de ses chiffons rouges pour décrire l’unifolié canadien. Il avait là un bon filon. Mais, que voulez-vous, il est vrai que la guerre des mots n’avait pas encore été déclarée à cette époque, nous étions encore à l’ère des drapeaux !
Comme les résolutions font encore plus mal, parlez-en à Yves Michaud, il faudrait faire adopter nos invectives et nos mots, les gros comme ceux de l’esprit, par des assemblées délibérantes. À titre d’exemple, je vous laisse juste imaginer l’effet que cela aurait si Dubuc et Pratte recevaient des centaines de résolutions des différents chapitres de la SSJB, d’associations de comté et de syndicats décrétant en termes explicites qu’ils sont deux tristes collabos…de Paul Desmarais, il va sans dire ! L’idéal serait de recruter le plus d’organismes possible pour participer à cette guerre. Que faudrait-il dire à Stephen Harper, Jean Charest et Stéphane Dion pour que ça fasse mal là où ça compte ? Je savoure déjà le moment où nous aurons trouvé les mots qu’il faut pour Justin Trudeau. Mais gardons la tête froide, nous ne devons pas nous laisser emporter par la passion, la guerre est une affaire de raison, surtout celle des mots.
Qu’on se le dise, il faudra faire cela dans les formes et trouver le lieu et le moment approprié pour déclarer officiellement cette guerre à nos ennemis fédéralistes. Il faudra trouver des gros mots appropriés avec des cibles crédibles comme le Canada Day, le Victoria Day, les prestations de serment des ministres et les sommets internationaux. Il faudra une armée disciplinée avec un état-major compétent, une stratégie bien planifiée et un plan de campagne, mais surtout pas de violence physique comme celle des entarteurs, juste des mots. De deux maux, il faudra toujours choisir le bon !...
À quand une vraie guerre des mots ?
Louis Lapointe
Brossard
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Un exemple de mauvais mots pour LA cause dans votre message : « cette guerre à nos ennemis fédéralistes ».
J’espère que ce n’est pas une guerre et que les fédéralistes ne sont pas NOS ennemis.
Je dirais que ça devrait être, par les souverainistes, un processus de démonstration des bienfaits de la souveraineté du Québec aux fédéralistes qui seraient perçus comme des souverainistes à devenir ou des "futurs souverainistes".
Ce ne sera pas facile d’attirer de nouveaux adeptes en les désignant comme collabos, fédérastes etc...On ne fait que les enfermer davantage dans le coin fédéraliste. Faut juste être plus persuasif aux bons endroits avec les bons arguments "nouveaux et anciens".
Que voilà un texte réfléchi plutôt qu’une décharge émotionnelle comme la majorité de ce que je lis sur Vigil. Rien de plus sensé ! Je disais, et ça n’a pas passé à Vigil -censuré- que notre modèle devait être Gandhi, ce créateur de la résistance passive. Je répondais à un texte qui flirtait avec la milice donc la violence. Ce héros des Indes a libéré son peuple avec discipline, sans effusion de sang, en priant et jeûnant pour la conversion des britanniques armés jusqu’aux dents. 500 millions de personnes, un peuple magnifique, ont libéré leur pays ainsi. Voilà notre modèle.
Avec 1000 manifestants pacifiques qui bloquent les issus d’un parade militaire dans Québec, couchés dans la rue, voilà la résistance passive à l’oeuvre et illustrée dans toutes les presses du monde à la Saint-Jean ou au 1er juillet. Se faire arrêter sans résister, se faire porter au poste avec le sourire, voilà la victoire assurée avec le temps.
500 millions de personnes, un peuple magnifique, ont libéré leur pays ainsi. Voilà notre modèle.
Notre modèle ?
Gandhi a utilisé ses atouts ; sa majorité démographique extrêmement puissante (500 millions) et l’identité ethnique.
Nous sommes maintenant minoritaires à Montréal et nous rejettons notre ethnicité.
Le pacifisme de Gandhi ne fonctionnait pas tout seul.

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