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Nous recevons de la grande visite. Le numéro 2 de Gazprom, Alexander
Medvedev, est venu à Québec pour négocier l’approvisionnement des ports
méthaniers de Rabaska et/ou Cacouna. Alexander Medvedev a déclaré
publiquement sa ferme intention d’investir au Québec : « Si je ne souhaitais
pas signer, je ne serais pas venu à Québec », a-t-il déclaré.
Hormis Pétro-Canada, Gaz-Métro et Énergie Cacouna, Medvedev a littéralement fait le tour du gratin du Québec inc., en rencontrant SNC-Lavallin, Alcan et Desjardins. Une visite respectable et remarquée. Il faut comprendre que Gazprom est l’une des plus grosses compagnies au monde (#19 mondial), avec 83 milliards de chiffre d’affaires. Gazprom est fondamentalement imbriquée dans l’état russe. En fait, les liens entre Gazprom et la Russie sont si intenses qu’on peut dire que Gazprom EST la Russie.
Gazprom n’est pas uniquement le fleuron économique de la Russie. Il en est également l’outil politique. Les Ukrainiens et les Biélorusses ont goûté à la médecine de Gazprom. Les conflits Abkhazes et Ossètes ont été exacerbés par la lutte que fait Gazprom aux pétrolières occidentales pour le contrôle du corridor Caucase en Georgie.
Plusieurs fois dans l’histoire, les indépendances ont été stimulées par les apports extérieurs. On n’a qu’à penser à l’apport de la France pour l’Italie, la Pologne ou les États-Unis. L’apport de la Russie, dans le cas de l’Algérie, de l’Indochine, la Transnistrie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Les États-Unis, dans le cas du Kosovo et l’Europe de l’Est. Dans tous ces cas, la puissance scindée représentait un obstacle géopolitique à la superpuissance parrainante. Évidemment, nous n’en sommes pas là. Le gouvernement canadien ne représente pas un obstacle pour Gazprom et la Russie.
… du moins, pour l’instant. Du moins, officiellement …
Moment de doute.
À moins que … On notera la précipitation de Stephen Harper, cette semaine, pour annoncer le cadre stratégique militaire des 25 prochaines années. Un cadre militaire, sans livre blanc … C’est sûrement une intervention totalement désintéressée et innocente … L’est-elle ?
Moment de doute.
L’appétit de Gazprom est insatiable. Gazprom veut étendre son activité et mettre la main sur de nouveaux gisements, notamment dans l’Arctique. Elle commence à intégrer verticalement. Elle regarde goulûment le Verbund pétrochimique allemand. Elle investit dans les hautes technologies. Elle détient plusieurs médias.
La Russie, quant à elle, supporte pleinement Gazprom. Elle a fait plusieurs revendications territoriales dans l’Arctique. Elle envoie des bombardiers stratégiques patrouiller aux limites des eaux territoriales canadiennes. Les brise-glaces nucléaires russes éclipsent totalement les brise-glaces canadiens. Le 9 mai dernier, les Russes ont démontré au reste du monde qu’ils sont pertinents, vivants et forts, avec une parade du jour de la victoire digne du « bon vieux temps ». Il serait donc étonnant que Gazprom reste passive dans son implication gazière au Québec. Surtout si elle y fait de l’argent.
Le mouvement indépendantiste québécois représente un avantage stratégique pour les Russes. Un joker qu’ils peuvent décider de jouer ou non. Ils se sont servi de mouvements indépendantistes dans le passé. Ils peuvent récidiver. Le mouvement indépendantiste québécois représente une sorte d’assurance pour les Russes, au cas où les autorités gouvernementales canadian venaient à brimer le droit de Gazprom au profit.
Espérons que Gazprom aura la lucidité d’investir dans les médias québécois, afin de sécuriser ses investissements et ses marchés. Avec les odeurs de pourriture émanant de la rue St-Jacques ces jours-ci, le feu purificateur de Gazprom serait le bienvenu.
Frédéric Picard
St-Jean-sur-Richelieu
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J’ai un sérieux doute à ce que vous affirmiez. La Russie a souffert et peut encore souffrir des mouvements séparatistes. Elle redoute le touranisme.
Elle a beaucoup en commun avec le Canada. La venue de GazProm, c’est l’accélération des activités mafieuses russes au Canada. Maintenant GazProm va vouloir se distancier du secteur énergétique pour pénétrer dans les milieux financiers et dans le reste des secteurs industriels pour imiter Power Corporation.
Si, au départ le nationalisme québécois pouvait intéresser l’URSS qui a développé ses premiers contacts avec le Réseau des Résistances, puis le FLQ d’idéologie marxisante, l’URSS s’en était distancié pour développer une relation avec Pierre-Eliott Trudeau, ancien membre du parti communiste du Canada, et ami de Fidel Castro.
L’URSS vire néo-con, c’est tout.

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