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Hier soir, je suis allé observer une partie de hockey dans l’ouest de la ville et un de mes voisins d’estrades, visiblement non-francophone, a vomi un beau gros ’’fucking frenchies’’. Cela m’a rappellé un incident datant du printemps passé qui, ma foi, n’a pas dérangé beaucoup de monde.
Bon, imaginez-vous un instant qu’après une solide mise en échec de Jarome Inginla, ou suivant un énième coup de circuit de Barry Bond, un membre de l’équipe adverse, frustré par son propre désarroi, lâcherait au passage un "va te faire voir, sale nègre ". La prononciation de tels commentaires, ou plus particulièrement de celle d’un mot, soulèverait l’ire de la machine médiatique et populaire . Nul doute que le frustré en question subirait, comme l’écrit si bien Patrick Lagacé, journaliste à La Presse "la colère de Dieu en tabarslak".
La communauté culturelle liée à la couleur de peau de l’individu, (qu’elle soit noire, jaune, blanche, rouge ou bleue banane ) hurlerait sa colère, et avec raison, sur toutes les tribunes disponibles. La politique et les groupes de pressions s’empareraient de la nouvelle et les commissaires de la ligue de sport professionnel concernée, se pliant devant les influences populaires, infligeraient fort probablement une sanction exemplaire au cracheur irréfléchi de verbes racistes. Mais attention là, "on ne parle que de couleur de peau", imaginez la scène si les insultes avaient été à caractères religieux ! Ouf, là, c’est la commotion.
Mais le racisme, au fait, c’est quoi ? C’est lorsqu’un individu affiche sa haine envers un groupe, soit de couleur de peau, de culture ou de religion différente ? C’est tout ça, finalement… Même le langage devient parfois le moteur de cette haine. En somme, c’est s’attaquer à ce qui fait qu’un humain est fier de ses origines, de ses convictions, de son appartenance à un groupe. Tout homme a ce droit, celui de porter une estime particulière envers ses racines, sans nécessairement verser dans la xénophobie. Vivre et laisser vivre, comme dirait l’autre.
***
Dans ce sens, le Québec, seul territoire où une majorité d’individus parle
une autre langue que l’anglais dans toute l’Amérique du nord, se bat depuis
des décennies pour conserver son identité. Les citoyens francophones de
cette grande province canadienne affectionnent tout particulièrement leur
langage, le français, et leur sport, le hockey. Pour ce peuple, conjuguer
les deux n’a pas été une mince affaire au cours du 20e siècle et les arénas
et patinoires ont souvent été le théâtre d’affrontements pour le moins peu
sportifs, entre anglais et français. Même au niveau professionnel, la Ligue
Nationale de Hockey n’y a pas échappé. Malheureusement, la LNH et ses
différents clubs étaient gérés de façon à encourager et à provoquer cette
haine. À une certaine époque même, on séparait par des clôtures les
partisans francophones et anglophones venus encourager les équipes au forum
de Montréal.
Ironiquement, on aurait pu croire qu’avec le temps, en étant témoin de la mondialisation des cultures et en assistant à l’arrivée de plusieurs joueurs européens, que le portrait serait différent maintenant, que l’on n’accepterait plus les actes et commentaires disgracieux à l’égard d’une différence individuelle. Faut avouer que de grands pas ont été faits dans ce sens, mais on dirait que certaines différences aient pris plus de temps à se faire valoir que d’autres.
Au Canada, prétendu pays bilingue, en 2007, on
entend toujours des propos désobligeants de la part d’un commentateur
sportif loufoque, tout de rouge vêtu, qui s’amuse à cracher sur les
francophones, et ce, à la télévision nationale de surcroît.
On constate souvent aussi, par plusieurs exemples, que la LNH elle-même passe sous silence et rejette d’un revers de la main toutes allusions à des commentaires racistes tenus contre ‘’les frogs d’Amérique’’ (encore plus si l’accusé est une vedette). Même les politiciens de toute part s’en mêlent, mais à chaque fois, les Québécois reçoivent une petite tape sur l’épaule en guise de compassion et le problème est toujours balayé sous le tapis.
Dans plusieurs autres sports professionnels, de telles choses ne seraient pas tolérées et les récalcitrants seraient châtiés sur le champ. Dans certains cas extrêmes, tenir des propos racistes peut même conduire à une suspension à vie du joueur ou à une défaite de son équipe ! Pourquoi la LNH tarde tant à agir en ce sens ?
Les amateurs et les sportifs, professionnels ou amateurs, d’origine québécoise, ne veulent pas être vue comme étant différents, ils ne veulent pas que l’on passe un règlement spécial concernant la cause francophone, non, ils veulent la même justice pour tous.
La question ici n’est pas de savoir qui sont les plus racistes entre Canadiens francophones ou anglophones, les tirs proviennent des deux côtés.
Non, le problème est que lorsque la french blue line est traversée, l’arbitre a beau siffler, le joueur n’est jamais mis hors-jeu.
Shawn Sirois
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
C’est criant !
Du seul fait que nous devions nous cacher sur un site confidentiel comme ici, hors des grands médias, pour exposer pareille injustice, nous sommes en train de baisser les bras comme tribu. Nous signons nos pré-arrangements.
Nous n’avons que quelques défenseurs : M. Gérald Larose hier midi à la télé de Michel Gauthier a été exemplaire ; aux côtés d’un WestIslander qui déclarait du haut de son anglicité montréalaise que le projet Marois était raciste, Monsieur Larose a expliqué calmement, en prononçant toutes tes syllabes au Monsieur qui prétendait maîtriser mal la langue :
LES MOTS AYANT UN SENS, LE TERME "ANGLAIS" NE DÉSIGNE PAS UNE RACE ! Le Sire aura-t-il compris que le racisme est la discrimination dirigée vers un groupe ethnique, comme ce battage médiatique unanime venant actuellement de la presse anglophone contre le peuple québécois d’expression française ?

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