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Texte publié dans Le Devoir du vendredi 7 mars 2008
Les nuls en préparation des repas recourent aux plats pré-cuisinés. Les édentés se nourrissent d’aliments pré-digérés.
Voilà que pour maintenir tout juste l’usage du français au travail chez les nouveaux arrivants à Montréal, le Québec ne s’en tire qu’en sélectionnant massivement des immigrants pré-francisés. Car disons-le bien, les analystes de Statistiques Canada eux-mêmes admettent que c’est à une forte hausse de la proportion d’immigrants maghrébins connaissant le français avant leur arrivée au Québec qu’on doit le statu quo de la part notre langue officielle au travail chez les immigrants dans la métropole.
Ce que démontrent donc les tout récents chiffres du recensement, c’est que le marché du travail montréalais actuel francise moins qu’en 2001. Bref, même un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie et tutti quanti, le passé colonialiste de la France fait davantage progresser le français langue du travail à Montréal que notre loi 101.
Avis à nos législateurs : la Charte québécoise de la langue française dans sa forme actuelle est manifestement au bout de son rouleau.
Christian Gagnon
Montréal
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