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Les pôles de l’acte constitutionnel sont très variables. Ils dépendront des acteurs politiques et de la volonté populaire. C’est à nous qu’il incombe d’imprimer aux événements un cours décisif afin que cette Constitution ne soit pas une reddition mais bien l’amorce d’un bris de condition provinciale. - André Savard
             
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La formule Dumont (1)
Lysiane Gagnon
La Presse
mardi 20 février 2007


Pour faire augmenter la natalité, Mario Dumont promet une allocation de 100 $ par semaine aux parents d’enfants d’âge scolaire qui ne fréquentent pas de garderie subventionnée.

Est-ce une bonne idée ? Et surtout, une telle mesure serait-elle de nature à inciter les parents à avoir plus d’enfants ? La réponse aux deux questions est « non ».

À première vue, on serait porté à souscrire à l’idée de venir en aide aux parents qui, tout à fait légitimement, ont choisi d’autres façons de faire garder leurs enfants (une voisine, une grand-mère, une nounou, etc). Pour certaines familles, surtout en région, ce sont des formules préférables à la garderie publique.

Le problème, c’est que, outre l’énorme ponction que cette promesse de l’ADQ produirait dans le budget d’une province relativement pauvre, cette allocation pourrait bien équivaloir, à toutes fins utiles, au « salaire » à la mère au foyer - une mesure réactionnaire, qui encourage la dépendance des femmes.

Si une femme apte au travail décide de se retirer du marché de l’emploi, libre à elle. Mais le moins que la société puisse lui demander, c’est qu’elle s’occupe de ses enfants. Les contribuables n’ont pas à financer les choix privés.

Par ailleurs, il n’est pas évident qu’il soit particulièrement bénéfique pour un enfant de passer toute la journée dans les jupes de sa mère. Dans une bonne garderie, l’enfant apprend ce que la famille ne peut lui enseigner : la sociabilité, l’art de composer avec les autres, toutes sortes de jeux éducatifs.

Dans les familles dysfonctionnelles, et dieu sait s’il y en a, la garderie permet aussi à l’enfant d’échapper à une atmosphère malsaine et de trouver des modèles ailleurs. Il y a des cas où l’école, de même que la garderie qui en est la porte d’entrée, constituent la seule chance d’un enfant de famille défavorisée ou désunie d’échapper à la misère morale et intellectuelle.

En ce sens, la vraie mesure progressiste serait de favoriser l’implantation de garderies publiques dans les quartiers défavorisés, quitte à réduire le prix de la place et à augmenter en contrepartie les tarifs des garderies qui desservent la classe moyenne.

Même dans les « bonnes familles », l’enfant gagne à être socialisé tôt. Je peux en témoigner personnellement.

J’ai eu la chance d’avoir de très bons parents. Ma mère ne travaillait pas à l’extérieur, elle était disponible et cultivée, et assez bonne pédagogue pour avoir commencé à m’apprendre à lire à l’âge de 3 ans. Mais si mes parents ne m’avaient pas inscrite, à 4 ans, dans ce qu’on appelait alors le « jardin d’enfant », il m’aurait fallu beaucoup plus d’années pour me débarrasser d’une timidité presque maladive.

J’étais à cette époque enfant unique, et si j’étais bavarde et gaie avec mes parents, les étrangers me terrifiaient. Certains amis de mes parents croyaient même que j’étais muette !

Je me souviens très bien de la rupture d’avec ma mère : le premier jour où elle est venue me reconduire au « jardin d’enfant » des soeurs de l’Immaculée-Conception, elle pleurait encore plus que moi, et les soeurs ont dû la pousser d’autorité vers la porte.

Je me souviens très bien du tournant, alors que, encore pétrifiée d’avoir été propulsée dans un milieu étranger, je ne parlais à personne, ni aux soeurs ni aux petits camarades. Nous étions occupés à découper des images. À un moment donné, la soeur, en passant près de moi, a échappé ses ciseaux. Je les ai ramassés et les lui ai tendus ; elle m’a remerciée très chaleureusement. Cet incident insignifiant fut une énorme victoire pour moi, car c’était la première fois que je m’extériorisais hors du domicile familial. J’ai raconté fièrement cet événement à mes parents.

Le plus extraordinaire, c’est que cette soeur St-François-Xavier, qui n’avait certainement pas de diplôme en psycho-pédagogie, avait tout de suite senti que j’avais franchi une étape capitale, à tel point qu’elle en a parlé à mes parents.

De la même façon, les enfants peuvent aujourd’hui bénéficier des services de garderie, quand leurs éducatrices sont compétentes et dévouées (à condition évidemment qu’elles ne soient pas en grève un jour sur deux !).

L’autre question, c’est de savoir si ces allocations pourraient augmenter le taux de natalité, comme l’espère Mario Dumont qui croit que c’est ainsi que la France a relevé le sien. On en reparle jeudi.

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Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008

3 décembre 2008

Poésie de la Relève

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