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Avouons qu’ils se sont tous donné le mot en même temps pour la dénicher ! Les souverainistes furent les premiers néanmoins à se lancer à sa recherche. Comment en effet élaborer la bonne qui parviendra à raviver l’intérêt des Québécois pour le projet de pays ?
Ainsi fut adoptée au Parti québécois cette formule de « conversation nationale », puis modifiée en « débat national », tout en renonçant, pour un certain temps, à consulter la population sur son avenir par voie référendaire. Mal en point depuis le scrutin de mars 2007, les péquistes n’ont rien trouvé de mieux pour résoudre l’énigme étapiste, empoisonnée par la fraude fédérale de 1995.
Cette décision du PQ a rapidement été interprétée par les médias fédéralistes comme un abandon de son projet indépendantiste. L’effet n’a pas tardé à se faire sentir dans la population : les dernières enquêtes des maisons de sondage dévoilent en effet que l’appui au projet souverainiste recueille moins de 40%. Il faut cependant toujours se méfier des sondages, surtout ceux qui sont pilotés par la firme CROP. Reste que la mise au rancart de l’objectif indépendantiste par le parti politique qui en a fait son principal cheval de bataille des quarante dernières années ne peut que lui nuire. Le Parti québécois semble présentement sombrer doucement, comme s’il était sanctionné par l’électorat pour avoir renoncé à ce qui le distinguait de ses rivaux politiques.
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Sans surprise, le Bloc québécois est devenu une victime colatérale du changement de cap des péquistes. Pas facile effectivement de défendre à Ottawa le projet souverainiste québécois alors que l’ensemble des formations politiques du Québec aspire à la gouverne provinciale… Sans vouloir redémarrer un débat qui s’éternise déjà depuis trop longtemps, la disparition d’une formation politique purement québécoise au gouvernement fédéral ne laisserait que des choix fédéralistes aux électeurs indépendantistes. Ils n’auraient alors d’autres options que de s’abstenir lors du scrutin fédéral ou de participer à la vie démocratique canadienne en appuyant un des partis en lice. Ce qui ajouterait au sentiment d’abdication déjà fortement ressenti dans la société civile.
La situation n’est pas facile pour les troupes de Gilles Duceppe aux Communes. Les bloquistes eux-mêmes cherchent une formule qui les relancerait. Voilà qui est judicieux. Tout le monde sait qu’en politique ; six mois représentent une éternité. Tout peut donc basculer rapidement. En conséquence, le Bloc québécois doit demeurer en poste parce que l’histoire a démontré que les Québécois ont subi les pires assauts de l’État canadien lorsqu’ils ont envoyé, de bonne foi, une forte délégation des leurs à la table ministérielle. Ce sont les électeurs québécois qui expliquent la présence des souverainistes à Ottawa, et non le contraire. Il serait ainsi antidémocratique de les priver de leur porte-parole.
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Les députés bloquistes ont soulevé l’idée d’exiger le droit, pour les athlètes québécois, d’arborer les couleurs de leur nation, lors des prochains Jeux Olympiques de Pékin. Le sport constitue une activité qui génère rapidement de solides consensus au Québec. Il n’y a qu’à observer le vif intérêt que les Québécois ressentent pour leur club de hockey pour s’en convaincre ! Plusieurs n’hésitent pas à affubler leur véhicule d’un drapeau aux couleurs du club montréalais pour exprimer leur fierté. Le même engouement existe envers les délégations québécoises qui se produisent à des compétitions internationales. De la colère a même été constatée lorsqu’un athlète du Québec a été injustement traité au sein d’une équipe canadienne. Si les Québécois hésitent à se tenir debout présentement face à des défis politiques, échaudés qu’ils sont suite à l’échec de 1995, ils n’hésitent pas à le faire pour appuyer des causes sportives, domaine moins périlleux à soutenir parce qu’il ne rappelle pas de douloureux souvenirs. Voilà donc une piste intéressante que le Bloc québécois a intérêt à étudier davantage, tout en accomplissant ses tâches habituelles.
Car les fédéralistes n’ont pas de motifs réels pour pavoiser réellement. Les sondages montrent que l’électorat ne veut pas élire de gouvernement majoritaire à Québec comme à Ottawa. Le taux de satisfaction est momentanément positif uniquement parce qu’il y a obligation de consulter, avant l’adoption d’une législation.
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À l’Assemblée nationale, l’immobilisme tient lieu de stratégie. Trop de gaffes ont été commises lors du premier mandat des libéraux, à chaque fois qu’une initiative a été mise de l’avant ! On se tient donc coi à Québec, ce qui est la meilleure façon d’éviter d’autres faux pas. Voilà pourquoi le gouvernement Charest donne l’impression de mieux fonctionner. Reste que de ne rien faire indéfiniment ne passera pas inaperçu éternellement. Le député de Sherbrooke cherche donc aussi une formule qui lui permettrait d’affaiblir davantage les souverainistes et de raffermir sa mainmise sur le gouvernement.
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L’intention du Président de la France, Nicolas Sarkosy, de profiter de son passage cet été dans la Capitale Nationale pour annoncer officiellement un changement profond des rapports entre son pays et le Québec, pourrait représenter la formule que Jean Charest recherche désespérément pour fragiliser les souverainistes. Célébrer le fédéralisme canadien, au travers des fêtes commémorant le 400e anniversaire de la ville de Québec, pourrait peut-être lui permettre de former éventuellement un gouvernement majoritaire. La présence du premier ministre du Canada, Stephen Harper, à l’événement historique risque néanmoins de provoquer l’effet contraire. Le triomphalisme canadian qui transpirera alors de la tribune d’honneur pourrait avoir l’effet d’une gifle envers le peuple québécois. L’occupant et ses collaborateurs, juchés sur l’estrade, regardant de haut ceux envers qui ils promettent un avenir semblable à celui imaginé par les vainqueurs sur les plaines non loin de là, pourrait en effet redonner le goût de résister.
Voilà peut-être finalement la formule dont rêvent les indépendantistes pour passer un électrochoc à ceux qui ont baissé les bras.
Patrice Boileau
Vous avez raison, un Québécois nationaliste, au fédéral, a la choix de voter pour des partis full-fédéralistes et pour le Bloc qui tente de rendre plus confortable, la place du Québec dans le Canada en attendant la souveraineté du Québec.
Est-ce que le Bloc pense vraiment qu’une personne qui se sent plus confortable dans une situation l’incite à la quitter ? NON.
Le Bloc se tire dans le pied s’il réussit dans ses efforts d’aléliorer la place du Québec dans le Canada et a l’air peu efficace s’il échoue.
Ce n’est pas le projet de CONVERSATION NATIONALE qui peut faire baisser ou augmenter légèrement le OUI à l’indépendance dans les sondages. La satisfaction plus élevée envers le gouvernement full-fédéraliste de M. Charest est plus de nature à en être la raison.
Le PQ et l’ADQ devrait se réveiller avant la prochaine élection pour collaborer "malgré leurs tendances de gauche et de droite" d’une façon ou d’une autre si ces partis ne veulent pas d’un troisième mandat en ligne pour le parti Libéral très provincial parce qu’ils risquent un réveil brutal.
Je ne suis pas aussi optimiste que vous sur la réaction du peuple québécois devant un Harper triomphant venu célébrer la naissance du Canada ( moi qui pensais que c’était Jacques Cartier en 1534....) par la fondation de Québec.
J’en suis réduit à penser que les Québécois d’aujourd’hui sont les Romaisn d’hier. Du moment que le showw est beau, que les feux d’atrifice montent haut et que ça pète fort ! Ils vont applaudir Harper.
Et ils vont le réélire, incluant l’insignifiante Josée machin directement sortie d’une boite de cracquer Jack politique.
C’est dur pour moi originaire de la cöte de Beaupré, de voir s’épanouir la pensée politique de broche à foin qui floisonne et fleurit dans le village.
Pour ce qui est des élections fédérales, sans Bloc ne me rete plus qu’une solution, l’abstention. Que voulez vous faire d’autre !

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