Selon des sources bien informées, Philippe Couillard réfléchit à son avenir politique.
Avec 42% dans les sondages, Jean Charest est bien en selle. Philippe Couillard est tanné d’être ministre de la santé et il ne semble pas y avoir d’ouverture pour lui donner un autre ministère alors il réfléchit à son avenir politique.
Dans ce contexte où un homme politique se prépare à reprendre sa liberté,
il est opportun de revenir sur un geste d’indépendance récent auquel on n’a
pas suffisamment donné d’importance.
On se rappellera que dans Le Soleil du vendredi 09 mai 2008, l’envoyée spéciale Julie Lemieux a souligné comment Philippe Couillard, porte-parole du gouvernement du Québec, a été tenu à l’écart des cérémonies protocolaires à La Rochelle. Julie Lemieux a écrit :
“On dirait bien que le torchon brûle entre les autorités fédérales et le gouvernement du Québec. Le ministre responsable de la région de la capitale, Philippe Couillard, a quitté en coup de vent la réception offerte par la ville de La Rochelle au terme du spectacle de la Grande traversée, jeudi soir, en présence de la gouverneure générale du Canada.
Michaëlle Jean a été invitée à prendre la parole et son mari faisait aussi partie des personnes présentées à l’avant-scène. La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, était à l’avant, tout comme les maires Régis Labeaume et Maxime Bono, qui ont tous deux pris la parole. Mais le ministre Couillard a dû regarder la scène avec le reste des convives et est parti dès la fin des discours.
Hier, il ne s’est pas présenté au brunch réunissant à nouveau la gouverneure générale, les maires Labeaume et Bono, ainsi que les artisans de la Grande traversée.”
A la suite de cette humiliation, nous avons la preuve que Philippe Couillard l’a, comme on dit, “pris personnel”. Dans Le Devoir du 13 mai, on lit sous la plume de Robert Dutrisac et Isabelle Porter :
“De retour de France, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Philippe Couillard, a affirmé hier qu’il était faux « techniquement » de soutenir que la fondation de Québec marquait celle du Canada, corrigeant ainsi les conceptions avancées par les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper. (...)
Le ministre féru d’histoire croit également qu’il est erroné de considérer Samuel de Champlain, premier gouverneur de la Nouvelle-France, comme le prédécesseur de la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. « Bien, non, là je pense que vous tirez l’élastique un peu », a répondu Philippe Couillard à un journaliste. Stephen Harper déclarait sans ambages la semaine dernière que « la gouverneure générale est la successeure aujourd’hui de Samuel de Champlain, le premier gouverneur du Canada ».
Qu’un ministre du gouvernement du Québec contredise publiquement son premier ministre en “corrigeant les conceptions avancées par Jean Charest” selon lesquelles la fondation de Québec marquait celle du Canada”, ce n’est pas banal. Puisque Philippe Couillard se dit féru d’histoire, comment pouvait-il supporter en silence toutes les déformations de l’histoire de Québec que se sont permises les autorités fédérales. Comme, en plus, il s’est senti insulté à La Rochelle, il a eu une réaction de fierté en contredisant son chef.
Or on sait ce qui est arrivé à Yves Séguin et Thomas Mulcair qui ont contredit le chef.
Je salue la fierté de Philippe Couillard et son indépendance d’esprit et j’en conclus que sa réflexion sur son avenir politique l’aménera à quitter pour toujours le monde enchanté de Jean Charest, ce monde qu’un homme fier et féru d’histoire ne peut plus supporter.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 19 juin 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
