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Patrick Bourgeois : s’excuser à qui et s’excuser de quoi au juste ?
La féminisation du Parti québécois
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mercredi 25 février 2009      928 visites      14 messages


Suivant les traces de la lâcheté d’André Juneau, de l’opportunisme de Jean Charest, de la sottise de Josée Verner, de l’insignifiance de Benoît Bouchard et des sophismes d’André Pratte, Pauline Marois a condamné”les propos violents” de l’éditeur du journal Le Québécois et maintenu le mot d’ordre lancé à ses députés de ne plus acheter de publicité dans ce journal le privant ainsi d’une somme de 10,000 $ par année. Elle s’est ainsi valu les louanges d’André Pratte “pour cette décision courageuse” (“Le triomphe d’un groupuscule”... ou la défaite d’André Pratte, La Presse, 24 février 2009). Je désapprouve cette tentative de dompter le fougueux destrier qui vient de publier La Nébuleuse et cette volonté inopportune et mal avisée de le domestiquer.

Au conseil national du 22 février dernier, les militants ont adopté une résolution demandant au Parti québécois de “rester solidaire des organisations indépendantistes qui oeuvrent pacifiquement à la promotion des intérêts du Québec” et Patrick Bourgeois, beau joueur, s’est félicité de cette proposition dûment votée par l’instance suprême entre les congrès, proposition où il faudrait préciser ce qu’on entend par “oeuvrer pacifiquement” quand une fière combativité digne d’éloge a comme adversaire un André Juneau qui avait pourtant reconnu, avec Montcalm et Wolfe souriants et se donnant la main, avoir commis une erreur “de mise en marché” ou une nounoune comme Josée Verner à propos de laquelle le maire mercantile de Québec Régis Labeaume a déjà avoué à Bazzo : “J’aurais le goût de la battre” (quelle violence !). Ou comme vis-à-vis les provocateurs de la radio-poubelle à qui on aurait le goût de donner des coups de pied dans le cul comme quand ils traitent la progressiste Françoise David de “soviétique”. Belle bande de gnochons réactionnaires.

On pourrait en rester là mais nous n’en ferons rien parce que Pauline Marois a dit que Patrick Bourgeois devrait s’excuser d’avoir tenu des propos violents s’il voulait récupérer le financement du PQ. J’ai entendu Bourgeois expliquer le contexte de violence entourant la contestation de la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham. Il y avait beaucoup de violence dans les propos de ceux qui tenaient à la reconstitution : on a entendu à la radio-poubelle : si Falardeau et Bourgeois viennent à Québec, on va les tirer.

Est-on en train de revivre une autre affaire Luc Archambault qu’on aurait dû féliciter au lieu de le blâmer. Etre à Boston pour suivre des cours d’anglais n’était certes pas la meilleure façon de prendre conscience des manipulations de l’empire Gesca.

Les “véritables appels au meurtre” qui sont reprochés à Bourgeois sont donc le fait des partisans fanatiques de la reconstitution. De leur côté, les militants du RRQ voulaient empêcher la reconstitution par un sit-in au milieu des Plaines d’Abraham, ce qu’ils appellent de la désobéissance civile, sit-in auquel des gens comme Georges-Etienne Cartier et moi-même aurions participé comme nous l’avons écrit sur Vigile.net souhaitant créer ainsi “un joyeux bordel”. Peut-être que nous aussi il faudrait nous excuser d’avoir contribué à la victoire des indépendantistes contre la Commission des champs de bataille nationaux.

Quand Pauline Marois demande à Patrick Bourgeois de s’excuser, elle se comporte comme une Mère supérieure qui exige la politesse et le respect du décorum de la part de militants qui luttent. En souhaitant que les militants soient polis, effacés, modestes et gentils, elle essaie d’imposer des valeurs féminines aux mâles du RRQ et tente d’exercer ainsi une influence castratrice comme les enseignantes des écoles primaires qui empêchent les gars de se comporter comme des gars, ce qui a été dénoncé de multiples fois par le Docteur Mailloux. Même Bernard Drainville s’y est laissé prendre et a suivi la cheffe.

Nous disons non à la féminisation du Parti québécois. On dit en certains milieux que la violence verbale est nuisible à la cause indépendantiste. Et l’exemple de Pierre Falardeau est toujours cité. Pour une fois que l’action des plus virulents a été efficace, on devrait les féliciter au lieu de leur demander de s’excuser. Oui à la solidarité, non à la castration.

Je finance le Parti québécois depuis 1968. Il ne faudrait pas trop souvent me placer dans la situation d’avoir à me demander si je ne devrais pas plutôt financer ceux dont la priorité est l’indépendance du Québec et non l’accession au pouvoir “provincial”.

Dans “La Nébuleuse”, Patrick Bourgeois aligne une quarantaine de qualificatifs peu aimables à l’égard des membres de l’empire de Paul Desmarais dans un style admis par le genre littéraire du pamphlet. Etant déjà passé personnellement par là, je me permets de dire à l’auteur que les faits accumulés dans son essai sont très éloquents et très efficaces et qu’il n’était pas nécessaire de multiplier ce que nos adversaires appellent “des insultes”. Si une deuxième édition de La Nébuleuse devait paraître, je suggérerais la suppression d’une cinquantaine de passages agressifs qui ne sont pas nécessaires.

Je salue le militant Patrick Bourgeois qui, par ses recherches sur le train de vie de Jean Charest, a obligé le Parti libéral à révéler que Jean Charest recevait un salaire annuel de 75,000 $ depuis 1998 pour financer l’hypothèque de sa maison cossue de Westmount, le loyer de la maison du défunt Sam Pollock à North Hatley et, en général, le train de vie qu’il mène, sans oublier la tranquillité d’esprit que lui procure le pont d’or déposé en fiducie par les hommes d’affaires, avec Paul Desmarais en tête, pour le faire quitter Ottawa et abandonner son rêve de devenir premier ministre du Canada.

Dans cette conjoncture où la puissance de propagande de nos adversaires est disproportionnée. les militants indépendantistes ont un devoir de virilité tout en sachant que notre action sera déformée et blâmée par les propagandistes du statu quo. Les excuses, il n’en est pas question. Je conseille aux chefs souverainistes de cesser de jouer les éteignoirs.

Dans les reportages sur le Conseil national du Parti québécois, les journalistes ont affirmé que Pauline Marois tenait bien en mains son parti. Pourtant ne fallait-il pas comprendre que dans la résolution habile demandant au Parti québécois de “rester solidaire des organisations indépendantistes qui oeuvrent pacifiquement à la promotion des intérêts du Québec”, le mot-clef est “solidaire” !

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 25 février 2009




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Vos commentaires:
  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009
    Il ne s’agit pas ici de féminisation mais bien d’émasculation !
  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Nicole Hébert

    Et qu’est que la "Femme" vient faire là-dedans ? Moi, j’ai défendu partout où je l’ai pu l’action de M.Bourgeois et je l’en ai remercié. Je ne suis cependant pas prête à en faire un héros. Il a ses torts. Dont celui de rentrer aussi rapidement dans ses terres ! Quant à Falardeau, pour son oeuvre en général je l’estime et continuerai à le faire. Mais là ! Castrer ? Émasculer ? Ou bien il y a au Québec des couilles particulièrement fragiles ou bien il y a de forts relents de machisme ! Il ne faut surtout pas confondre la force dite « virile » avec les hurlements, les jurons, les grossièretés ! Cela ne serait pas à l’honneur des hommes. De fait, peut-être y avons-nous cru un peu trop souvent et longtemps chez-nous. Mais la vraie force « virile » n’a pas besoin de tels artifices. Quand elle apparaît, elle s’impose d’elle-même. On n’a qu’à penser à Obama. Il ne viendrait à l’idée de personne de le voir gesticuler, jurer, crier et pourtant, personne ne doute de sa force et il ne viendrait à l’idée d’aucune femme de le castrer ou de l’émasculer. Et il ne semble craindre la présence d’aucune femme dans son entourage !

    Une première femme à la tête du PQ en 40 ans, peut-on parler d’un excès ou d’une surexposition ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Alors, messieurs, qu’est-ce qui vous dérange autant dans le « féminin de l’être » ?


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Luc Archambault

    Cher monsieur Barberis,

    Vous dépassez les bornes. Vous vous affichez comme un dinosaure.

    Dommage...

    Pour vous...

    Et pour l’autre frustré anonyme... émasculé, pauvre petit homme... avorton... Soit dit en passant, biologiquement, l’homme est d’abord dans le sein de sa mère, une femme, c’est plus tard qu’il devient un homme...

    Être un homme, c’est aussi faire la synthèse de la part de femme en soi... Le féminin ne s’oppose au masculin que dans l’esprit tordu de machiste d’un patriarcalisme d’un autre siècle.

    Vous me citez dans votre texte, merci.

    Mais il faut savoir que je suis féministe.

    Donc en total désaccord avec votre... « analyse ».

    Je le suis, comme on est humaniste. L’humanisme ne peut pas ne pas être aujourd’hui autre chose qu’intégrant les découvertes et l’avancement féministe. C’est à dire, capable de faire l’unité de sa part de féminin qui est en lui, valeurs comprises. Vivement la féminisation du politique, ça nous changera un peu...

    Cela dit... à l’heure ou Patrick Bourgeois et le RRQ engage un mouvement contre la radio-poubelle et contre, soit dit en passant, son anti-féminisme grégaire et grossier...

    Le Québécois veut répliquer aux « radios poubelles »- Le Soleil 2009 02 25


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Denis Julien

    Hooou,monsieur Archambault ! Vous commencez à utiliser de vilains mot ! Réfléchir sur les conditions masculines et féminines au Québec est-il encore permis ? La société québécoise est-elle patriarcale ou matriarcale ? Ce sont des questions intéressantes, du moins, je pense ! Beaucoup d’auteurs se sont penchés sur la question dont Yvon Dallaire qui est un thérapeute intéressant et hautement respecté.

    J’ai un peu lu sur la question dont un volume qui n’est pas dénué d’intérêt.Son titre a le mérite de ne pas laisser indifférent : ’’Le grand mensonge du féminisme.’’ ou le silence sur la triple castration de l’homme québécois. Son auteur est Jean-Philippe Trottier.

    Il est dilômé de la Sorbonne en philosophie et de Mc Gill en piano, essayiste et polyglotte. Il a écrit plusieurs articles pour des revues telles que Liberté, Argument, L’Agora, L’Action nationale et InRoads...Ses fréquents séjours à l’étranger l’ont familiarisé avec les particularismes culturels et la nécessité de donner un sens, jamais épuisé, aux chose et aux évènements. Il signe ici son premier livre, un essai sur le féminisme québécois et son corollaire : la condition masculine. Le livre est édité chez MICHEL BRÛLÉ.

    Je trouve que vous avez la gachette facile concernant monsieur Barberis-Gervais. Serais-ce votre militance au PQ qui commence à déteindre sur votre jugement. Vous savez, le PQ commence à accumuler une certaine expérience dans les procès d’intentions. (Affaire Michaud- Affaire Archambault-Affaire Bourgeois.) Si ça continue ; on va devoir tous se taire !


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Julien

    Eh ! là, dérapage en vue !

    Le PQ est un nid de féministes, tout le monde le sait.

    Y a-t-il un rapport entre ceci et cela ? Pourquoi pas ?

    Quant à un homme qui se dit féministe, c’est, c’est... c’est triste ! Je vous rappelle que ce sont nos féministes nationales qui ont affirmé, haut et fort, entre autres horreurs, que tous les hommes sont des Marc Lépine en puissance. Bien sûr, si certains ont le sentiment que l’étiquette leur va...

    Avez vous remarquez, aux dernières élections, que les seuls candidats péquistes qui portaient un veston était, en fait, des candidates ?

    C’est drôle, pareil.

    Quoi qu’il en soit, la lâcheté n’a pas attendu le féminisme pour se manifester.

    Reste le devoir de virilité. J’en suis, mais aussi bien vous le dire, c’est une véritable boîte de Pandore que vous ouvrez là...


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Patrick Bourgeois

    "Rentré dans mes terres" ? Je ne suis pas rentré dans mes terres. On a obtenu la victoire, nous les indépendantistes. Il n’y en aura pas de reconstitution. Que voulez-vous que je fasse de plus ?

    Maintenant, je suis en train d’organiser un mouvement contre les radios-poubelles. Je considère que c’est un très grave problème qui affecte notre marche en avant.

    C’est quand même ingrat le militantisme. Quand on est beaucoup sur la place publique, on se fait reprocher de prendre tout le crédit du travail des autres. Et quand on travaille dans l’ombre, on se fait reprocher d’être rentré dans ses terres...

    Pfiuuuiii, pas évident tout ça.


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009

    Article intéressant mais dont le ton trahit des attentes démesurées envers le Parti québécois ...un certain déni.

    La « féminisation », je trouve le choix délibéré de ce mot plutôt savoureux. Il est bon de secouer de temps en temps les puces qui s’accumulent sous le poids de la rectitude langagière.

    GV


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Nicole Hébert

    @ M. Bourgeois

    "Rentré dans vos terres". Je ne faisais que me référer à vos propos dans votre réponse à la lettre de M. Lapointe - non à la mienne - : "Nous ne pouvons plus faire confiance à l’aile parlementaire. Pour l’instant, ignorons là et organisons-nous !" Pour moi, ça s’appelle Rentrer dans ses terres. Mais j’ai du mal à comprendre comment vous allez réunir une base de militants qui feront l’indépendance en respectant les Québécois sans une majorité d’entre eux ! D’ailleurs, moi, je suis indépendantiste et je refuse que qui que ce soit s’approprie cette appellation. Par ailleurs, bravo si vous poursuivez la Radio-poubelle ! Le cas échéant, j’appuierai. Mais certains prétendent que vous avez utilisé sur vos ondes le même genre de langage ? Alors, comment leur reprocher ce que vous auriez imité ? Je n’en sais rien, je n’ai pas entendu ces propos.


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009

    M. Gervais écrit :

    « ...les faits accumulés dans son essai sont très éloquents et très efficaces et qu’il n’était pas nécessaire de multiplier ce que nos adversaires appellent “des insultes”. Si une deuxième édition de La Nébuleuse devait paraître, je suggérerais la suppression d’une cinquantaine de passages agressifs qui ne sont pas nécessaires. »

    Je suis en parfait accord avec ce propos. Quand on a raison, il n’est pas nécessaire de hausser le ton tout le temps, ...quitte à le faire de temps en temps. Un peu moins d’abus de langage et un peu plus de réflexion serviront à éviter le plafonnement hâtif de l’appui du RRQ.

    « Fermer les radios poubelles », un tel slogan va à l’encontre de la liberté d’expression et se laisser entraîner dans une telle voie mène à l’exclusion mutuelle de deux discours. Deux discours qui confinent à l’intolérance. À ce jeu, nous rejoignons la médiocrité de ceux que nous combattons et nous rendons notre combat impossible à gagner.

    Je suis de ceux qui croient que notre combat demande à la fois plus de rigueur, plus de hauteur dans le discours et, en somme, plus d’estime de soi. Il n’y a pas que les femmes qui peuvent porter une veston, les hommes doivent aussi défendre leur droit de le faire.

    Gilles Verrier


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Luc Archambault
    @ Denis Julien et Julien Le mouvement souverainiste est arc-en-ciel. On y trouve des gens de différentes obédiences, droite, gauche, centre, masculiniste, féministe, aux différentes orientations sexuelles, capitalistes, socialistes, voire communistes. Je n’ai aucun problème avec la discussion y compris celle qui questionne toute la condition humaine, exception faite de proférer des menaces de violence ou de prôner la violence, (...)

    Lire ce commentaire

    @ Denis Julien et Julien

    Le mouvement souverainiste est arc-en-ciel. On y trouve des gens de différentes obédiences, droite, gauche, centre, masculiniste, féministe, aux différentes orientations sexuelles, capitalistes, socialistes, voire communistes.

    Je n’ai aucun problème avec la discussion y compris celle qui questionne toute la condition humaine, exception faite de proférer des menaces de violence ou de prôner la violence, excepté le discrédit contre les hommes et les femmes. Un certain masculinisme ne trouve de lieu pour s’affirmer que dans le refus de voir dans le féminisme autre chose que l’écrasement, l’émasculation, le ratatinement des hommes. Je récuse cette vision des choses... puis-je !?

    Et, oui, on ouvre ici une boîte de pandore... À qui l’honneur !?

    Je préfère que l’on trouve autre chose qui nous fasse hommes et femmes participer ensemble dans le respect de ce que nous sommes, à notre cause commune, la cause du peuple souverain du Québec, qui doit inclure ce qui dans l’humain, homme et femme participe à notre émancipation commune.

    C’est bien beau lire les masculinistes, pourvu qu’on lise aussi les féministes, et pas seulement celles qui pourraient accréditer ses thèses en taisant ce qui pourrait les contredire. Soit dit en passant, les diplômes ne font pas l’intelligence...

    Que les hommes ne se reconnaissent pas dans une cheffe, je peux le comprendre, mais pourquoi faudrait-il que les femmes, elles, soient forcées de se reconnaître depuis des millénaires que dans des chefs... Et, pourquoi devraient-elles ici être insultées par l’expression d’un machisme activiste qui n’a pas lieu d’être ?

    Je suggère d’en rester là. Et, si l’on veut en discuter plus avant, de créer des titres spécifiques, voire un dossier, pour ce faire.

    En attendant, tentons plutôt de penser notre défense de notre cause, sur un juste et équilibré partage homme/femme politique purgé de rivalités et de frustrations qui n’ont pas lieu d’être...

    Mais si l’on y tient, il n’est pas question de laisser passer n’importe quoi, n’importe comment, sous prétexte de virilité supposée castrée. C’est un phantasme !

    Pour le fond des choses, personne n’est contre la véhémence. Du moins pas moi. Or, ce qu’il nous faut décrier, condamner, c’est la violence et la menace de violence. Qu’on soit homme ou femme, elle n’a pas lieu d’être, surtout pas quand il est question de défendre la cause démocratique du peuple souverain du Québec. Et, cela n’a rien à voir avec le féminisme, ou les femmes. Cela a à voir avec un choix à faire. Ou bien on décide de prendre les armes, auquel cas il faudra virilement prendre la maquis, ou bien on affirme vouloir demeurer dans l’action citoyenne démocratique et pacifiste.

    La séduction de la violence, le jeu de cache-cache avec la séduction de la violence, sont tout sauf virils. Ils sont lâches ou maladroits. On peut être véhément, viril, mais résolument contre la violence, celle justement qui se fait contre les femmes, mais aussi contre les hommes, dans les cours d’école entre autres, parce qu’on est pas assez virils, ou supposés tapettes. Il n’y a pas que des femmes victimes de cette violence masculine, il y a aussi beaucoup d’hommes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de violence féminine.

    Bref, vivement la féminisation du politique... cela ne fera pas de mal... Et, ce n’est qu’un juste retour du balancier. Toutes véhémences comprises. Elle doit être l’un des outils de notre lutte, un parmi d’autres, le calme, la froide détermination, la réflexion, sont aussi des instruments aussi virils que féminins, et sont tout aussi redoutables. Surtout quand ils peuvent se compléter. Quand ils peuvent se décliner par des hommes et des femmes avec leurs sensibilités respectives. Séduction de la violence en moins. À moins qu’il soit question de choisir le maquis. Et, je n’ai pas de problème avec ça. Sauf que, je serai un adversaire de ce choix. Les conditions de la lutte armée n’existent pas au Québec. Et ne sont pas près d’exister. Nous sommes par trop inférieurs en nombre et nous ne pouvons compter sur aucun protecteur. Ça, nous le savons depuis le 13 septembre 1759.

    Soit dit en passant, ce sont les femmes qui ont fait survivre le mâle blessé dans son orgueil de vaincu. Ce sont elles qui ont tenu à bout de bras, vagins déchirés par ses 20 accouchements (virils... !? ) qui nous font aujourd’hui peuple de résilience, toujours debout.

    Si nous tenons à étaler ici toutes nos convictions, cela n’aura pas de fin et nous distraira certes, mais nous éloignera du travail énorme à faire par ailleurs, nous ne manquons pas de boulot... et, s’il faut faire l’étalage absolu de toutes nos différences, il faudra le faire pour tout ce qui nous sépare, gauche, centre, droite, capitalisme, socialisme, etc. On n’est pas sorti de l’auberge, et en quoi cela peut-il nous faire avancer. Voilà pourquoi je suggère plutôt de ne pas nous laisser distraire sous prétexte que l’actualité ne nous donne pas de quoi nous fédérer. Nous le sommes pourtant quand elle nous donne de quoi nous sustenter.

    Par contre, si d’aucuns y tiennent, je n’ai pas de problème à participer à la discussion. Car tout ce qui est dit ici se discute... ce n’est pas parce qu’un retour de vague anti-féministe à la mode trouve dans de doctes livres d’ardents pourfendeurs de féminisme que cela pour autant n’est pas éminemment discutable.

    Et, soit dit en passant, je vois mal comment faire que Vigile soit entre autres choses des pages accueillantes pour les militantes, s’il faut qu’en plus elles soient contraintes d’être exposées à telles inepties, et soient contraintes de se défendre ce qui les anime et les fait dignes d’être à nos côtés pour prendre fait et cause pour la cause du peuple souverain du Québec. À moins qu’il soit question de faire de cette cause une affaire d’hommes, virils, au point de se faire les chantres d’un certain masculinisme borné et rétrograde. Un certain féminisme supposé borné et rétrograde ne justifie pas l’étalage de son reflet miroir pour autant.

    Chacun arrive ici avec son bagage et ses convictions, d’aucuns croient qu’une droite québécoise peut mieux se défendre en défendant la cause nationale. Qui veut les enfoncer ou dénoncer ou dénigrer ? Pareil pour les féministes, ou les masculinistes. Sauf que, si la droite se met à pourfendre la gauche souverainiste en lui attribuant comme M. Barderis le fait pour le féminin, une cause de discorde ou de recul, nous ne sommes pas sortis du bois... Ce que du reste a tenté de faire contre le Bloc récemment un certain ex-ministre, au grand plaisir des canadianisateurs... Qu’y avons-nous gagné ?


  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Denis Julien
    Madame Hébert, J’apprécie hautement vos propos modérés qui me pacifisent. On a tellement de raison d’être en cr... les temps qui courent.Il m’arrive d’être tellement découragé ! J’ai moi même utilisé des mots très durs et vulgaires à l’endroit du PQ et m’en excuse. Si on veut mettre kao, la radio-poubelle, nous devrons devront nous du RRQ nous montrer très dignes, polis et courtois. C’est une arme redoutable ! La radio-poubelle est le haut-parleur des fédéraux et de la droite xénophobe, raciste et homophobe. Elle s’adresse aux bas instincts des gens, à leurs réflexes tribaux ainsi qu’à leurs préjugés. Nous du RRQ devront nous adresser à leur intelligence et cela dans le respect de l’opinion des gens et de leur vie privée, vous comprenez ! Merci de vos interventions sur VIGILE !
  • La féminisation du Parti québécois
    25 février 2009, par Jean-François-le-Québécois
    Féminisation ? Peut-être... Mais je serais porté à croire que c’est en fait une partie de notre société québécoise, qui est quelque peu féminisée (sic)... Mais ce n’est pas la faute du PQ. Et je pense qu’il faut être prudent avec le mot féminisée, car le mouvement souverainiste compte nombre de femmes qui sont des battantes, comme Louise Beaudouin. Disons que ce sera ici, « féminisé(e) », une figure de style, à défaut (...)

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    Féminisation ? Peut-être... Mais je serais porté à croire que c’est en fait une partie de notre société québécoise, qui est quelque peu féminisée (sic)... Mais ce n’est pas la faute du PQ.

    Et je pense qu’il faut être prudent avec le mot féminisée, car le mouvement souverainiste compte nombre de femmes qui sont des battantes, comme Louise Beaudouin. Disons que ce sera ici, « féminisé(e) », une figure de style, à défaut d’avoir assez bien cerné le phénomène pour trouver un meilleur terme...

    Je voudrais tenter une explication : c’est que nos conquérants, en utilisant différentes stratégies (ils furent des pionniers en matière d’armes psychologiques, je dirais), nous ont convaincu, à une grande échelle, que nous étions des incapables, des « pas bons », tout d’abord...

    Puis, que nous avions été conquis, et que c’était pour notre plus grand bien, car nous allions maintenant pouvoir être intégrés dans le summum de toute civilisation humaine : l’Empire britannique, ou l’empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais ! Youpi !

    Un certain nombre de générations plus tard, ils ont inventé des concepts tels que la rectitude politique, pour mettre une sorte de filtre, sur l’expression brute, spontanée, de nos insatisfactions et sentiments d’être (encore !) victimes d’injustices... Toute réaction, oui, spontanée, franche, directe, devenait sauvage, « mal élevée », de mauvais goût, irresponsable, etc... Je pense notamment au fameux discours de Jacques Parizeau sur le vote ethnique, dans le feu de l’action, un certain soir de l’année 1995... Je pourrais fournir d’autres exemples ; ils ne manquent pas.

    Nous en sommes aujourd’hui au point où si l’on manifeste ouvertement une opposition au fait que le 400e de Québec ait vu son sens détourné, ou qu’on s’exprime énergiquement comme étant en défaveur d’une reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham, comme Patrick Bourgeois, il se trouvera quelque fédéraliste pour dire qu’on l’a menacé (mais sans nécessairement être capable de produire des preuves de cela, qui tiendraient devant un tribunal)...

    Il s’agit de différentes étapes, qui s’inscrivent dans un même processus. Ce n’est pas une féminisation, tiens : c’est plutôt l’étape finale de la pacification de la nation québécoise.

    On veut que nous soyons doucereux, mièvres, soumis, craintifs de tout ce qu’on pourrait dire de nous.

    L’un des résultats de tout cela, est l’existence de chefs souverainistes qui ne parlent presque jamais de souveraineté pour le Québec (comme Mme Marois) ; et d’anciens députés péquistes (et chefs de la société St-Jean-Baptiste), comme J-P. Charbonneau, qui en sont maintenant réduits à s’excuser d’être souverainistes, on dirait.

    Appellons ça, l’une des séquelles à long terme de la conquête, sur la nation québécoise. Bien triste.


  • La féminisation du Parti québécois
    26 février 2009, par Nicole Hébert
    @ Denis Julien Monsieur Julien, Je vous remercie de votre message à mon attention. Avec ceux de Monsieur Archambault, il réconforte un peu la seule femme participante à ce surprenant échange, pour ne pas dire cette charge. En tout cas, il est évident que, sur Vigile, le nombre de femmes n’est pas très menaçant ! Votre message me convainc de poursuivre encore un peu ma contribution car je me faisais la remarque : Ma fille, tu es ici (...)

    Lire ce commentaire

    @ Denis Julien

    Monsieur Julien,

    Je vous remercie de votre message à mon attention. Avec ceux de Monsieur Archambault, il réconforte un peu la seule femme participante à ce surprenant échange, pour ne pas dire cette charge. En tout cas, il est évident que, sur Vigile, le nombre de femmes n’est pas très menaçant ! Votre message me convainc de poursuivre encore un peu ma contribution car je me faisais la remarque : Ma fille, tu es ici dans un genre de Gentlemen’s Club à l’Anglaise !

    Monsieur Julien, croyez bien que la colère, je la comprends parce que je la ressens. Parfois à en crier. Quand votre petite-fille est déjà revenue de la garderie en parlant de "son beau drapeau du Canada"... Je crois qu’il faudrait maintenant nous mobiliser derrière la SSJB et Impératif français pour faire stopper le programme de Juneau offert aux écoliers. Une pétition à la Ministre Courchesne exigeant qu’elle force ce retrait ? Ainsi, je regrette le silence de Monsieur Bourgeois, même si je peux le comprendre. Mais comme il le dit, peut-être n’est-il pas retiré.

    Je crois que vous avez tout à fait raison de vouloir éloigner le RRQ de la grossièreté et de la haine. La colère peut être bâtisseuse, la haine, le fiel, les insultes et le sarcasme ne font que dégâts. Quand il sera évident que votre Mouvement privilégie l’honneur et l’intelligence en se refusant d’utiliser les façons qu’il dénonce, il fera d’autres adeptes et des supporteurs.

    Quant à Jean-François le Québécois qui dit : "On veut que nous soyons doucereux, mièvres, soumis, craintifs de tout ce qu’on pourrait dire de nous."... D’abord, j’ignore qui est ce "ON" et je crois que vous errez. Personne au Québec ne souhaite que les hommes soient cela. Ni ailleurs. Je reprends mon exemple d’Obama. Seriez-vous enclin à lui accoler de semblables épithètes ? Par ailleurs, Sarkozy, lui, s’échauffe, grimace, hurle, insulte, jure, tape sûrement du poing sur la table... Trouvez-vous qu’il dégage plus de "force virile" qu’Obama ? Je me souviens d’un chiwawa qui jappait terriblement fort dans mon entourage mais il n’arrêtait jamais de trembler !

    Merci encore Monsieur Julien.


  • La féminisation du Parti québécois
    27 février 2009, par Suzanne Lachance

    Associer à la féminisation (réelle) du PQ l’épaisse couche de rectitude politique dans lequel ce parti s’englue depuis des décennies est carrément abusif. Faut-il rappeler que René Lévesque, un homme d’après ce que nous en savons, s’empressait de se dissocier de tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à la violence (*) ? Et qu’il y a des femmes que le recours à la violence ne rebute pas ? Par exemple, une Margaret Thatcher n’a pas hésité à envoyer les troupes britanniques aux Malouines. Une Tzipi Livni en serait d’ailleurs une émule : (http://www.lefigaro.fr/internationa...).

    Il est donc complètement erroné d’associer rectitude politique et féminisation. Il a été démontré, par ailleurs, que ce sont les partis de droite (contrairement à la perception générale, qui vient du fait que le féminisme a surtout été défendu par les tenants de la gauche) qui élisent davantage les femmes à leur tête, alors que ces partis s’encombrent beaucoup moins des principes de la rectitude politique.

    Ainsi, affirmer que l’esprit de décision, d’affirmation et de combativité voire l’attitude guerrière, seraient des attributs essentiellement masculins, relève de préjugés sexistes, et ne correspond pas à la réalité.

    Ce qui s’est récemment produit au PQ appartient à la culture de ce parti (depuis toujours) et ne dépend en rien du sexe des personnes qui le dirigent.


    (*) Pour le lecteur, prière de prendre note du fait que je ne défends pas, ce disant, les appels à la violence, et que se débarrasser de la chape de plomb que constitue le rectitude politique ne correspond pas non plus à une approbation de la violence.



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