(réaction à une texte paru dans le Devoir intitulé Bouchard à court d’arguments pro-diversité)
Des avantages à la diversité (diversité non seulement ethnique, religieuse ou culturelle mais aussi diversité en âge, en genre, en préférences de toutes sorte...) j’en vois dans tous les milieux ; éducation, travail, voisinage, couple... j’en vois même en biologie avec la notion de biodiversité garante de la survie des écosystèmes.
Il n’y a qu’un seul domaine où je ne vois aucun avantage à la diversité ; c’est dans le domaine législatif et constitutionnel. Et c’est pourquoi il vous sera extrêmement difficile, messieurs Bouchard et Taylor, de trouver des politologues, des juristes et des philosophes sérieux et conséquents qui feront l’apologie de la diversité en ces domaines. (Vous trouverez cependant quantité ce sophistes des temps modernes qui feront l’éloge du relativisme en droit pour crâner, pour amuser la galerie, alimenter des débats lucratifs dans les milieux universitaires ou pour offrir des arguments fallacieux utiles à certains lobby qui n’ont pas intérêt à ce que le jeu démocratique puisse se déployer sereinement et faire progresser la société dans un sens qui compromettrait certains privilèges.) Lorsque les lois sont bien faites elles devraient pouvoir (ou du moins tendre en principe vers la possibilité de) s’apppliquer sans distinction à tous ceux qui vivent dans un même territoire national et ce au nom de l’équité et de la justice.
Pour nous en convaincre, ayons recours à l’analogie et transportons-nous sur le terrain du match de soccer, disons pendant les éliminatoires du Mundial de soccer. La diversité de style des différentes équipes réjouit les amateurs car cela donne toujours un excellent spectacle et tous les entraîneurs savent bien que la diversité de talent des membres d’une équipe augmente les chances de compter des buts. (L’analogie sert à illustrer les avantages du pluralisme politique, pluralité des partis, pluralité des opinions, pluralité des groupes d’intérêts émanant de la société civile.) Mais nous cessons de voir les avantages de la diversité dès que la diversité atteint le domaine des règles du jeu proprement dites. (Règles qui équivalent, si on veut, aux lois et aux constitutions civiles dans la vraie vie.)
Aucun amateur de soccer, quelle que soit sa préférence (souvent très fervente on le sait) pour une équipe ou une autre, ne souhaite voir l’arbitre moduler les règles du jeu en fonction du style particulier d’une équipe ou du talent particulier d’un athlète. Personne ne veut voir l’arbitre rendre des décisions différentes selon la nationalité, la couleur de peau ou la religion de l’athlète. Si l’arbitre ne respecte pas scrupuleusement les mêmes règles pour tous et en tout temps, ce sera bientôt l’émeute dans l’assistance ! Non seulement les amateurs seront indignés mais le jeu lui-même n’aura plus aucune validité.
Je pense que la plupart des gens qui vivent au Québec (immigrants ou non, cela est sans importance selon moi ...) sont au moins aussi intelligents que la moyenne des amateurs de sport ( !?) et savent très bien tirer la ligne entre les domaines où la diversité est un atout et les domaines où la diversité compromet la pérennité du jeu démocratique.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


