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"Il y a dans la vie d’un peuple des instants où son destin semble hésiter : rares moments de détresse et de grandeur où le fléau de la balance oscille. Qu’une volonté charge l’un des plateaux et le fléau s’incline, même imperceptiblement, vers la vie ou vers la mort..."
Jacques Soustelle, in Histoire de la libération, par Robert Aron, Paris, Fayard, 1959, p. 248.
             
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Sondage Gallup international
La démocratie en crise
Clairandrée Cauchy
Le Devoir
lundi 27 mars 2006


Les gouvernements du monde en prennent pour leur rhume dans le sondage mondial mené par le Gallup International Association. Si huit habitants de la terre sur 10 estiment que la démocratie demeure le meilleur système de gouvernement, seulement 47 % considèrent que les élections dans leur pays sont libres et justes (48 % pensent le contraire).

Pire encore, seulement trois personnes sur 10 croient que leur pays est gouverné selon la volonté de la population.

Au Canada, 85 % des répondants pensent que la démocratie constitue le meilleur régime politique du monde et les deux tiers sont d’avis que les élections sont ici libres et justes, ce qui est nettement supérieur à la moyenne mondiale. La désillusion est cependant palpable lorsqu’on demande aux Canadiens si leur pays est gouverné selon la volonté populaire : seulement 36 % affirment que c’est le cas.

« On peut parler d’une crise de la démocratie. [...] Sur les quelque 200 pays du monde, 60 % sont démocrates. Mais ce n’est parce que les pays sont démocrates que la démocratie s’exerce vraiment », affirme Jean-Marc Léger.

La volonté populaire

Une analyse plus fine permet de constater qu’une proportion importante des citoyens des pays réputés très démocratiques considère que la volonté populaire ne guide pas la gouvernance de leur pays. La désillusion est particulièrement grande dans les vieilles démocraties libérales européennes ainsi qu’en Europe centrale et de l’Est.

Paradoxalement, une importante proportion de citoyens de pays dotés d’une tradition démocratique moins solide se disent gouvernés en fonction de la volonté populaire, même s’ils reconnaissent que les élections n’étaient pas libres et justes. C’est le cas de plusieurs pays d’Afrique et, dans une moindre mesure, d’Amérique latine (Équateur et Bolivie).

« Les gens estiment que des dictateurs africains qui ont été mal élus gouvernent suivant la volonté populaire. C’est une leçon de démocratie qu’ils nous donnent. On pense toujours que parce que les gens votent tous les quatre ans, la démocratie est installée ; c’est loin d’être le cas », fait valoir M. Léger.

Une grande désillusion

Son collègue de Gallup Pakistan, Ijaz Shafi Gilani, qui a étudié plus à fond cet aspect du sondage, constate une grande désillusion dans les vieilles démocraties qui tranche avec les espoirs entretenus à l’égard d’une démocratie naissante. Dans les démocratie dites « à maturité », la mondialisation se traduit par une perte de pouvoir au niveau national et le sentiment que les citoyens peuvent moins participer aux décisions. « Le sentiment de désillusion y est plus fort que dans les pays où l’envahissement local et étranger, avant même la mondialisation [...], limitait la participation des citoyens aux processus décisionnels », écrit M. Shafi Gilani dans l’imposant ouvrage publié hier par les éditions Transcontinental.

La population mondiale est aussi particulièrement critique à l’égard des politiciens eux-mêmes. Plus de six personnes sur 10 croient qu’ils sont « malhonnêtes » et une majorité des répondants pensent qu’ils « manquent d’éthique ». Cette insatisfaction se remarque particulièrement chez les personnes âgées de moins de 30 ans et chez les moins nanties.

Le Canada n’échappe pas au cynisme ambiant à l’égard des dirigeants. Le taux d’insatisfaction à l’endroit des politiciens et des chefs d’entreprise y est de 53 %, soit légèrement supérieur à la moyenne mondiale de 45 %. Il faut toutefois préciser que le sondage s’est déroulé alors que la commission Gomery sur le scandale des commandites battait son plein et qu’une campagne électorale s’amorçait.

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No 274 - 2008

3 décembre 2008

Poésie de la Relève

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