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Lors d’une rencontre préparatoire d’un colloque destiné aux étudiants de l’École du Barreau et portant sur l’éthique, le droit et les communications, Luc Lavoie avait rapidement volé la vedette au philosophe Daniel Weinstock et au regretté juge Michel Proulx de la Cour d’appel du Québec.
Il nous avait tout de suite mis au parfum au sujet de sa théorie des communications en matière juridique. Elle se résumait à peu de chose, « il faut dire la vérité au public, ce que les avocats sont incapables de faire parce qu’ils sont trop habitués à la culture du secret ». Il avait alors porté à notre attention deux cas types pour illustrer sa théorie.
De mémoire, une première histoire concernait les opposants à une entreprise pétrolière installée en Alberta qui avait la faveur de l’opinion publique même s’ils avaient fait exploser des bombes pour faire valoir leur point de vue. Selon Luc Lavoie, la compagnie de pétrole avait eu la mauvaise idée d’adopter la position très conservatrice que lui suggéraient ses avocats au sujet de la protection de la confidentialité des renseignements quelle détenait concernant la toxicité de ses rejets, même si cela la rendait moins sympathique aux yeux du public que l’action terroriste de ses opposants. Selon Luc Lavoie, la position suggérée par les avocats avait échoué parce qu’elle n’était pas éthique et transparente. Cacher de l’information est pire aux yeux du public que l’implacable vérité des faits, révélerait-elle de pures abominations comme la possibilité d’intoxication de nouveaux nés ! L’actuelle tournure que prennent les dossiers de Rabaska et de l’OQLF donne entièrement raison à la théorie de Luc Lavoie. L’éthique de la démarche l’emporte toujours sur la protection des secrets les plus vils !
Le second cas cité par M.Lavoie concernait un de ses propres dossiers : l’affaire Airbus. Il nous avait parlé du climat de confiance qui avait régné dans les relations entre l’équipe d’avocat de Bryan Mulroney et lui-même lors du règlement de cette affaire. Luc Lavoie avait alors suggéré à Bryan Mulroney qu’il fallait que le public connaisse les principaux faits de l’affaire pour que le dossier puisse se régler rapidement. Il fallait donc une bonne théorie des communications qui colle parfaitement avec la théorie de la cause juridique afin que le dossier se règle rapidement. Ce qui fut fait ! Toujours selon Luc Lavoie, ce dossier avait réussi parce que les avocats et le client avaient adopté une attitude éthique en révélant publiquement les principaux éléments de l’affaire. Le public croyait Bryan Mulroney, ses avocats et son porte-parole, ce qui avait forcé le gouvernement de Jean Chrétien à accepter de régler l’affaire hors cour.
Je ne sais pas ce que Luc Lavoie suggérerait aujourd’hui à son ancien client et à son avocat, dire la vérité ou se taire ? Chose certaine, Luc Lavoie a davantage mêlé les cartes qu’il n’a aidé le comité de l’éthique de la chambre des communes à élucider l’affaire. On ne sait toujours pas s’il s’agit de 225,000$ ou de 300,000$, si cet argent est relié à Airbus, Bear Head ou un simple "retainer" et on apprend que contrairement à ce qu’il avait cru, Bryan Mulroney et Me Gérald R.Tremblay, ne lui avait pas révélé tous les faits au moment du règlement de 2.1 millions$.
Si Bryan Mulroney et son avocat avaient vraiment suivi les conseils éclairés de Luc Lavoie au moment du règlement de 2.1 millions$, cette histoire n’existerait plus depuis longtemps.
Louis Lapointe
Brossard
Le 8 février 2008
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