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La conquête de la richesse
la seule solution viable pour créer la richesse pour le peuple du Québec passe par la récupération du gros bout de tarte qui s’envole à Ottawa à chaque année pour être gaspillé dans des dépenses inutiles telles que la guerre, des commandites pour nous tenir dans un Canada uni et bien d’autres choses
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
jeudi 31 janvier 2008      109 visites


Le lundi 28 janvier 2008, devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain, Mme Marois a déclaré que nous ne pouvons plus continuellement repartager la même tarte de richesse collective. Il faut, selon elle, accélérer la création de richesse.

Mme Marois a également déclaré que les Québécois se sont assoupis avec des chiffres qui apparaissent rassurants. Mais, en fait, l’état de notre économie est préoccupant, car les Québécois sont moins riches que les Canadiens et beaucoup moins riches que les Américains.

La dirigeante du PQ a amorcé sa réflexion autour du programme économique du PQ en favorisant des crédits d’impôts à l’investissement et une fiscalité plus compétitive de nos entreprises, ce qui est un petit clin d’oeil à ses amis des chambres de commerce pour leur faire savoir qu’elle procéderait à l’élimination de la taxe sur le capital, ce qu’elle mentionne par la suite, voyant celle-ci comme étant la taxe la plus nuisible pour notre développement économique.

Envisageant une Caisse de dépôt plus engagée et une Hydro-Québec plus structurante qui aiderait à la création de cette richesse tant souhaitée, elle nous indique qu’il faut miser sur des gains de productivité et sur la croissance des exportations ainsi que sur l’accompagnement des entreprises dans des créneaux porteurs inspirés des grandes tendances mondiales.

On y parvient, dit-elle, en consacrant notre action dans trois champs d’action prioritaires : l’éducation ; un environnement d’affaires propice à l’investissement ; l’investissement et la promotion de l’excellence en matière d’innovation ; de R-D et de transferts technologiques.

Énonçant que les Québécois sont prêts à entendre la vérité et qu’il est du devoir de son parti de donner l’heure juste, Mme Marois déclare, au préalable, que les mesures qu’elle propose pour accroître la richesse du Québec nécessiteront une marge de manoeuvre considérable et qu’il n’est pas question de reporter sur les générations qui nous suivront le coût de ces mesures.

Également, elle reproche à Jean Charest ses baisses d’impôts et son incapacité à occuper le champ libéré par la réduction de la TPS. Elle ajoute que les baisses d’impôts de Charest ont détruit le rapport de force avec Ottawa.

Au chapitre de la façon de faire de l’État, Mme Marois a fait savoir que le temps est venu de penser l’organisation politique et administrative de façon plus moderne. Devant les Grands partenaires économiques, ella a élaboré sur sa perception qu’il y a trop de ministères, trop de changements inutiles de structrures, trop de confusion dans les rôles.

Au cours d’une entrevue par la suite, Mme Marois a précisé que cette nouvelle façon de faire n’est pas nécessairement lié à une réduction de la taille de l’État, mais à une façon de faire basée sur l’imputabilité et sur un partage des pouvoirs, privilégiant la décentralisation et la régionalisation.

Tous ces éléments d’information ci-dessus sont tirés d’un article du journal Le Devoir du 29 janvier 2008, rédigé par Gérard Bérubé qui porte le titre « Politique économique du Parti Québécois : Marois veut créer la richesse, mais le Québec devra accepter la facture ».

***

Pour revenir à ce que Mme Marois propose comme étant un audacieux plan de gestion d’un Québec provincial par l’articulation de son ébauche de programme économique appuyé, en partie, sur un rééquilibrage fiscal, les déclarations récentes de Mme Marois visent d’abord à rassurer le milieu des affaires.

Par opportunisme électoral, le PQ a abandonné sa mécanique référendaire et s’est abaissé à restreindre son action politique à la gouvernance provinciale en faisant des petits pas souverains dans un cadre constitutionnel canadien. Mme Marois, comme beaucoup de commentateurs, semble incapable de voir un plus gros problème qui saute au visage. C’est que nous sommes en train de vivre ce que nos ancêtres éparpillés ont vécu au tournant du XXe siècle. Notre nouvelle problématique d’éparpillement est d’autant plus pernicieuse qu’elle est accompagnée par la dénatalité et davantage d’immigration. Notre économie est de nouveau saccagée au profit de l’économie de l’Ontario, de l’Ouest canadien et des États-Unis. Ce n’est pas la première fois que le système canadien provoque l’exode de la jeunesse de nos régions appauvries vers ces pôles économiques.

À plus ou moins long terme, la seule solution viable pour créer la richesse pour le peuple du Québec passe par la récupération du gros bout de tarte qui s’envole à Ottawa à chaque année pour être gaspillé dans des dépenses inutiles telles que la guerre, des commandites pour nous tenir dans un Canada uni et bien d’autres choses. Pour arriver à cet objectif, on doit avoir accédé à l’indépendance culturelle et économique de notre patrie. Dès lors, on pourra tout se permettre : recréer une bourse des valeurs mobilières à Montréal ou à Québec, au choix. On pourra aussi envisager une saine gestion de notre État, de toutes nos ressources humaines, éducatives et naturelles vouées à un développement industriel et commercial respectueux de l’environnement et du consommateur en tenant compte des besoins régionaux et communautaires et ce, dans un cadre fiscal et étatique unique.

L’indépendance ne se fera pas à petits pas, cette approche attentiste des réformistes et des aparatchiks du PQ normalisé ne servira qu’à retarder son avènement. L’étapisme, c’est pour ceux qui, finalement, ne sont pas tout à fait convaincus de la nécessité pourtant primordiale de l’indépendance du Québec.

La voie électorale est une façon éminemment démocratique et légitime pour mener à l’indépendance du Québec. Pas de cachettes : un vote pour le Parti Indépendantiste est un vote pour l’indépendance.

Daniel Sénéchal
Montréal

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