Un nouveau sondage attribue au Parti libéral de Jean Charest 25% des intentions de vote, malgré un maigre 17% d’appui chez les francophones, ce qui lui permet d’espérer conserver le pouvoir aux prochaines élections. Ce résultat s’explique par un soutien massif de l’électorat non francophone qui reste insensible à toutes les allégations de corruption et à tous les problèmes d’éthique réels observés chez des ministres du gouvernement Charest. Presque unanimement, les membres des nombreux groupes très diversifiés composant cet électorat anglophone ou allophone ont en commun une volonté farouche de demeurer canadiens et d’appliquer le bilinguisme officiel canadien au Québec.
Je ne ferai pas l’erreur de critiquer cette attitude, tous les québécois ayant le droit indéniable de voter selon leurs convictions.
Ce que je déplore, face à cette situation historique bien connue, c’est que les québécois francophones semblent incapables de démontrer une telle cohésion quant à l’enjeu fondamental de leur existence comme peuple.
Je déplore que les québécois ne voient pas ou refusent de voir qu’ils se font sournoisement déposséder de leur pays et qu’il est urgent de réagir.
Je déplore que des québécois qui se disent indépendantistes refusent de participer au combat sous prétexte qu’ils ont choisi de lutter pour des idéaux sociaux plus nobles.
Je déplore que des dirigeants péquistes s’entêtent à demeurer à la barre alors que la peur des vagues leur a fait depuis longtemps perdre le cap.

