Depuis plus d’une semaine et de manière assez intensive, les appels se multiplient à l’endroit du chef actuel du PQ afin qu’il prenne acte des résultats du scrutin du 26 mars, tout en y assumant ses responsabilités à l’égard de la cause de l’indépendance nationale du Québec en remettant sa démission. L’ex-ministre péquiste, le Dr Denis Lazure, est probablement la voix qui s’est fait entendre de la manière la plus éloquente en ce sens. Ce serait un euphémisme si on me demandait si je suis d’accord avec ses appels insistants, faudrait bien mal me connaître pour croire le contraire.
Cependant, il faudrait avoir à l’esprit la gestion de l’après-Boisclair. Avant même que les fervents partisans de potentiels candidats à la direction du PQ s’agitent dans tous les sens pour mousser ces derniers, ne serait-il pas plus sage, vu la confrontation d’idées qui fait rage présentement dans le mouvement souverainiste, que les instances du PQ nomment par intérim un chef surtout responsable de l’aile parlementaire, et qu’une course à la chefferie ne soit pas immédiatement enclenchée ?
Il devient primordial, une fois pour toutes, que la vraie bataille des idées puisse se faire, et ce, en dehors de tout contexte entourant des personnalités aptes ou non à diriger un parti dont on ne sait pour le moment vers quelle enseigne elle va loger au plan idéologique à l’avenir.
Martine Tremblay, de qui j’ai une opinion diamétralement opposée par rapport à l’avenir de l’idée de la souveraineté à court, moyen ou long terme au PQ (pour moi il est clair que c’est le plan Louis Bernard qui doit prédominer sur le fond), par contre, je suis d’accord avec l’idée de madame Tremblay qu’il y ait confrontation d’idées au PQ sur le fond des choses, quitte à ce que cela aboutisse à un schisme entre les tenants d’un discours indépendantiste clair et sans compromis, et les autres qui voudraient orienter le PQ vers un "Beau risque" II.
Et avec tout le respect que je porte à l’endroit de la politicologue Josée Legault, je ne peux la suivre sur sa vision des choses, à propos des suites à donner à un départ prochain du chef actuel PQ. Madame Legault propose que le prochain chef soit choisi durant le même congrès où les membres auraient à choisir un chef selon le programme qu’il aurait, lui, à leur proposer. Pourquoi est-ce que je crois que madame Legault erre dans cette proposition ? Tout simplement parce qu’un programme de parti, quel qu’il soit, transcende ses membres, ses instances et son chef, au plan idéologique et temporel. Pour cette raison, il est difficilement concevable qu’un chef soit élu sur une proposition de programme qui va durer le temps que ce chef soit en fonction. Un programme existe dans la durée et préside normalement le destin d’un parti que doit représenter son chef, et non l’inverse.
Pour que l’opération de transition vers le choix d’un nouveau chef, et qu’au préalable le débat d’orientation fondamental au PQ puisse se faire correctement, je suis porté à croire que ce parti doit vivre ce débat sans la présence d’un chef, actuel ou nouveau. Un débat d’idées de cette importance doit être mené sans l’ascendance d’un leader en fonction. Ce sont les membres et les instances qui doivent avoir en mains le destin idéologique d’une formation politique qui aspire à libérer un peuple. De grâce, ne placez pas la charrue devant les bœufs, sans quoi nous risquons de nous retrouver devant les mêmes problèmes à très brève échéance.
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L’auteur de la présente chronique est résident à Les Coteaux. Il est philosophe et ex-candidat de Québec solidaire aux élections de mars 2007 dans Beauharnois.

