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La charrue derrière les bœufs !
Normand Perry
Chronique de Normand Perry
dimanche 6 mai 2007      820 visites      3 messages


Depuis plus d’une semaine et de manière assez intensive, les appels se multiplient à l’endroit du chef actuel du PQ afin qu’il prenne acte des résultats du scrutin du 26 mars, tout en y assumant ses responsabilités à l’égard de la cause de l’indépendance nationale du Québec en remettant sa démission. L’ex-ministre péquiste, le Dr Denis Lazure, est probablement la voix qui s’est fait entendre de la manière la plus éloquente en ce sens. Ce serait un euphémisme si on me demandait si je suis d’accord avec ses appels insistants, faudrait bien mal me connaître pour croire le contraire.

Cependant, il faudrait avoir à l’esprit la gestion de l’après-Boisclair. Avant même que les fervents partisans de potentiels candidats à la direction du PQ s’agitent dans tous les sens pour mousser ces derniers, ne serait-il pas plus sage, vu la confrontation d’idées qui fait rage présentement dans le mouvement souverainiste, que les instances du PQ nomment par intérim un chef surtout responsable de l’aile parlementaire, et qu’une course à la chefferie ne soit pas immédiatement enclenchée ?

Il devient primordial, une fois pour toutes, que la vraie bataille des idées puisse se faire, et ce, en dehors de tout contexte entourant des personnalités aptes ou non à diriger un parti dont on ne sait pour le moment vers quelle enseigne elle va loger au plan idéologique à l’avenir.

Martine Tremblay, de qui j’ai une opinion diamétralement opposée par rapport à l’avenir de l’idée de la souveraineté à court, moyen ou long terme au PQ (pour moi il est clair que c’est le plan Louis Bernard qui doit prédominer sur le fond), par contre, je suis d’accord avec l’idée de madame Tremblay qu’il y ait confrontation d’idées au PQ sur le fond des choses, quitte à ce que cela aboutisse à un schisme entre les tenants d’un discours indépendantiste clair et sans compromis, et les autres qui voudraient orienter le PQ vers un "Beau risque" II.

Et avec tout le respect que je porte à l’endroit de la politicologue Josée Legault, je ne peux la suivre sur sa vision des choses, à propos des suites à donner à un départ prochain du chef actuel PQ. Madame Legault propose que le prochain chef soit choisi durant le même congrès où les membres auraient à choisir un chef selon le programme qu’il aurait, lui, à leur proposer. Pourquoi est-ce que je crois que madame Legault erre dans cette proposition ? Tout simplement parce qu’un programme de parti, quel qu’il soit, transcende ses membres, ses instances et son chef, au plan idéologique et temporel. Pour cette raison, il est difficilement concevable qu’un chef soit élu sur une proposition de programme qui va durer le temps que ce chef soit en fonction. Un programme existe dans la durée et préside normalement le destin d’un parti que doit représenter son chef, et non l’inverse.

Pour que l’opération de transition vers le choix d’un nouveau chef, et qu’au préalable le débat d’orientation fondamental au PQ puisse se faire correctement, je suis porté à croire que ce parti doit vivre ce débat sans la présence d’un chef, actuel ou nouveau. Un débat d’idées de cette importance doit être mené sans l’ascendance d’un leader en fonction. Ce sont les membres et les instances qui doivent avoir en mains le destin idéologique d’une formation politique qui aspire à libérer un peuple. De grâce, ne placez pas la charrue devant les bœufs, sans quoi nous risquons de nous retrouver devant les mêmes problèmes à très brève échéance.

***

L’auteur de la présente chronique est résident à Les Coteaux. Il est philosophe et ex-candidat de Québec solidaire aux élections de mars 2007 dans Beauharnois.




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Vos commentaires:
  • La charrue derrière les bœufs !
    6 mai 2007, par Gilles Bousquet

    M. Normand Perry écrit « pour moi il est clair que c’est le plan Louis Bernard qui doit prédominer sur le fond ».

    Quand on est d’accord avec ça, le reste devient très facile : Le PQ n’a plus à avoir un programme d’une province qui parle d’éducation, de santé ou autres affaires parce que le Québec deviendrait souverain à très court terme. Faudrait probablement se concentrer sur le pourquoi et le comment faire la souveraineté.

    Pour le beau risque 2, il y a l’ADQ et son autonomie qui devrait tenter ça. Pour le fédéralisme pur, il y a les Libéraux provinciaux. Pour la souveraineté, il y aurait le PQ qui croit autant à la souveraineté que le PLQ croit au fédéralisme. « pas en ayant peur de perdre un référendum ».


  • Deux problèmes : la stratégie et la transparence/vérité/attitude constructive
    7 mai 2007, par Christian Charron
    Je vais répéter ce que j’ai toujours dit. Le problème du Parti québécois est un problème de STRA-TÉ-GIE. Le Parti québécois a toujours voulu faire la souveraineté par la voie d’un référendum sur cette question. Or cette stratégie ne fonctionne pas. Quand une stratégie ne fonctionne pas, tout bon tacticien s’adapte. Or le Parti québécois s’est entêté et a découragé la population. Maintenant, on parle de fonder un (...)

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    Je vais répéter ce que j’ai toujours dit. Le problème du Parti québécois est un problème de STRA-TÉ-GIE. Le Parti québécois a toujours voulu faire la souveraineté par la voie d’un référendum sur cette question. Or cette stratégie ne fonctionne pas. Quand une stratégie ne fonctionne pas, tout bon tacticien s’adapte. Or le Parti québécois s’est entêté et a découragé la population.

    Maintenant, on parle de fonder un nouveau parti. Un vote pour ce parti signifierait un vote pour la souveraineté. Ce qui fait qu’avec peut-être 40 % des votes, ce parti pourrait enclencher la souveraineté. Or cela ne fait pas très démocratique et entraînerait peut-être/sans doute des problèmes de reconnaissance de la part de la population québécoise, du Canada et de la communauté internationale. C’est sans compter aussi la montée de l’ADQ qui râtisse large du côté de l’affirmation nationale, et qui risque de reléguer ce nouveau parti au rang de tiers-parti.

    La stratégie que je propose est la suivante. Elle ressemble à celle de l’ADQ. Il s’agit de conserver le PQ, qui, une fois au pouvoir, ou grâce à une alliance avec l’ADQ, proposerait par référendum aux Québécois une souveraineté à l’intérieur d’une union canadienne. En fait, cela reviendrait à la même chose que de faire l’indépendance dans un premier temps, puis dans un deuxième temps, de négocier une union économique, douanière et monétaire avec le Canada, sauf qu’on propose aux Québécois de la faire en un temps. L’idée est de recueillir un fort appui, via à un référendum, à une confédération fortement décentralisée, un État autonome dans une union de type européen, afin de forcer la main aux Canadiens anglais. Ce qui risque d’arriver, c’est que les Canadiens ne suivront pas. Et alors là, des conditions semblables à celles de l’après Meech apparaîtront, et il sera temps de tenir un référendum sur l’indépendance tout simplement. Ce qui est très important, c’est que ces deux référendums se tiennent à l’intérieur d’un même mandat, pour ne pas qu’une volte-face à la Bourassa (1992) survienne à nouveau. Voilà une stratégie claire, de bonne foi, gagnante et démocratique.

    Une deuxième chose qu’il faut absolument changer, qu’un autre parti soit fondé ou non, c’est d’instaurer une culture de transparence et de vérité. On ne peut pas construire un pays avec des manigances. On ne peut pas engendrer la foi en un pays avec des mensonges. Comment voulez-vous que les citoyens aient confiance dans un pays, si leurs leaders « mentent comme ils respirent » (re : lire Le Syndrome de Pinocchio, l’essai sur le mensonge en politique d’André Pratte) et sont constamment en train de dénigrer les autres au lieu de se concentrer sur leurs objectifs et d’avoir une attitude constructive ?

    Je suggère qu’avant de parler d’États généraux, on tienne des ateliers pour discuter en petits groupes de solutions novatrices comme celles-ci.


  • La charrue derrière les bœufs !
    8 mai 2007, par Normand Perry

    Je me demande monsieur Charron de quelle manière est-ce que l’on doit recevoir des conseils d’ordre stratégique à propos de la question nationale, venant d’une personne qui m’a déjà affirmée ne pas être souverainiste ou incertaine de l’être ?

    Normand Perry.



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