D’aucuns abondent dans la propagande canadianisatrice, mais ne s’en rendent pas compte, semble-t-il... Quelle autre explication ? ( Le tanguysme )
Est-ce de l’aveuglement ? Sont-ce les œillères qui brident leur vision focalisée sur un seul et même objet de désir ? Je ne sais. Toujours est-il qu’ils ou elles abondent dans le délire canadianisateurs. Celui-là, même s’il est à droite toute, pour se gauchement dédouaner de retraiter face au tollé général tout ce qu’il y a de sensé et raisonnable ( PQ et Bloc compris ), celui-là qui, comme baroud d’honneur, ne peut capituler qu’en lançant une dernière pique pour enfoncer les souverainistes-indépendantistes, prétend qu’il annule son programme propagandiste parce qu’il a voulu protéger la sécurité des familles.
La belle affaire !
Comme s’ils n’avaient pas de toute façon dû retraiter même sans menaces de grabuge, du seul fait que de pacifiques manifestations auraient déparé leur « fête », car à coup sûr, s’ils avaient persisté, nous étions prêts et mobilisés à manifester notre opposition à une PRISE 2 de la canadianisation de Québec. Ce qui défaisait tous les plans prévus de nos braves propagandistes de pacotille qui ont pensé que l’argument du casseux de party pouvait encore une fois avoir du succès quand il était question de commémorer une guerre. On ne défait pas un gouvernement, il se défait tout seul, par la voix de ses propres contradictions.
Logique sophistique canadianisatrice à son meilleur !
En prétendant qu’ici la retraite des canadianisateurs ne serait le fait que d’une poignée de gens prônant la confrontation est tout ce qu’il faut aux propagandistes pour enfoncer et diviser les forces qu’ils tentent désespérément de vaincre. Cette prétention est fausse. Ce ne sont pas les menaces de violence qui ont fait reculer les canadianisateurs, mais bel et bien le fait qu’à la face même de leur maladroite présentation de leur aussi maladroite tentative de réécrire l’histoire, un peuple tout entier s’est levé d’un bond, PQ et Bloc compris au point de vouloir rapatrier le territoire mémorielle du peuple souverain du Québec, maintenant ! Appuyé par le RRQ ). C’est l’ampleur de la réplique et la diversité des sources d’opposition qui ont obtenu le recul des maladroits, non pas les menaces de violence ! L’affirmer ne fait que confirmer le bien-fondé de leur propagande.
Depuis quand ce pouvoir canadien a-t-il peur des casseurs ? Comme si cela pouvait les faire reculer, comme si la perspective d’isoler les extrémistes en les gazant bien comme il faut n’est pas une occasion rêvée d’enfoncer et diviser la mouvance souverainiste-indépendantiste. C’est bien ce qui était prévu… susciter la colère d’une minorité pour qu’ils fassent du trouble, pour ensuite les casser, en espérant des blessés et si possible un mort… C’est tout ce qu’il leur faut pour faire rappliquer la cavalerie et nous écraser… Ça, ils l’ont fait en octobre 70… ils espéraient bien qu’un certain 13 septembre pouvait ouvrir pareille saison de chasse…
Or, cela ne s’est pas passé comme prévu justement parce qu’ils vivent dans un monde clos bridé d’œillères partisanes. Trop de gens ont été heurtés par leur activisme provocateur. Du reste, ils en sont rendus à leurs restes, ils raclent le fond du chaudron. Ils en sont rendus à utiliser de vieilles picouilles compromises dans de sombres travaux de mines commanditaires… On les a crues capables de forcer au grand jour… N’importe quoi !
La thèse de madame Moreno est toujours la même. Enfoncer nos chefs ! Comme si c’étaient elles et eux qui pouvaient nous mener au pays où coulent le lait et le miel.
Les chefs ne sont que ce que nous sommes. Seuls, ils ne sont rien, ne peuvent rien. Un chef ne fait pas une révolution. Un chef ne fait qu’exprimer, ce qui dans le peuple, couve et se bât. Un grand chef ne fait que bien exprimer la volonté du peuple. Jacques Parizeau a eu du succès parce qu’il s’est retiré au bon moment, parce qu’il ne voyait pas comment mieux exprimer la volonté du peuple. Il n’a pas senti que ce peuple avait la volonté de reprendre si tôt le combat.
Quand il est revenu. Meech et Charlottetown avaient donné ce que le beau risque voulait donner… Jacques Parizeau a senti que le peuple avait à nouveau la volonté de se battre, de monter au front, et il a exprimé mieux que tout autre cette volonté, il est revenu en force cependant que M. Bouchard parvenait à emporter l’adhésion de celles et ceux qui n’étaient pas charmés par M. Parizeau, une équipe de rêve. On a failli gagner.
M. Parizeau a senti qu’après, il ne servait à rien de pousser, tirer, il fallait trouver autre chose et passer par le désert… Là où nous sommes encore, sauf que… les canadianisateurs s’embourbent… Les activistes minoritaires de la droite affairiste se butent toujours à la volonté du peuple souverain du Québec qui désire fonder un État qui émane de lui… Ce qui n’est pas le cas du Canada, qui ne passe pas… Les canadianisateurs désespèrent et en sont rendus à s’en remettre à l’avis d’activistes qui ne cessent de faire des gaffes, 400e outrageusement canadianisé, la Art-Peur qui a fait long feu, un conscrit citoyen de France qui doit se rétracter, et maintenant des jusqu’au-boutistes maladroits qui salopent tout le travail…
M. Parizeau est tapi dans l’ombre et observe… rien à dire… tout va bien… quelque chose se passe… une folie du désespoir s’est emparé des canadianisateurs, pour eux, du moins dans la fange droite, les belles années sont passées. L’élection d’un certain Obama sonne la fin de la récré.
Obama, parlons-en…Ce qui lui a permis de se faire élire ce n’est pas ce qu’il inspire. C’est qu’il est seulement la talentueuse incarnation de ce qui inspire le peuple états-unien. Et, cela par hasard concorde avec ce que ceux qui gouvernent dans l’ombre désirent. Remettre le pouvoir salopé par leur délire entre les mains des démocrates pour qu’ils ramassent leur merde, cela afin de reprendre le pouvoir quand ces derniers auront été salis par tel ouvrage et qu’ils apparaîtront tout sauf ce qu’il faut pour recommencer à délirer. Leurs poches sont pleines et ils peuvent traverser leur désert dans de luxueuses caravanes…
Ici… nous avons des chefs qui font le travail. Ils sont en quelque sorte en réserve de la République. Ils avanceront quand ils sentiront que le peuple en a assez des canadianisateurs.
Nous vivons une époque idéale pour faire en sorte que le peuple cesse de suivre un messie. Il a vécu la désillusion du Messie, par deux fois, René Lévesque a été tué à la tâche. Lucien Bouchard a déçu. C’est du tout bon ! Toutes les conditions sont réunies pour que ce peuple souverain du Québec cesse de se croiser les bras pendant que s’excite seul à la tête du convoi un chef inspirant, tant il exprime bien notre espérance et notre désir d’existence souveraine. René Lévesque a échoué, parce que quand est venu le temps de passer aux actes, nous n’avons pas suivi. Pareil pour Lucien Bouchard. On était là, sans rien faire en leur remettant notre pouvoir d’action entre les mains. Ils étaient si bons, si grands, si puissants. Ne restait qu’à se pâmer…
Maintenant qu’ils ne sont plus là… maintenant qu’on s’est trop vite dégonflé avec de plus jeunes plus fous décevants, Boisclair et Dumont, nous sommes sommés en quelque sorte de nous réapproprier notre pouvoir. Aussi, essaiment des lieux de pouvoirs citoyens, souverainistes, écologistes, activistes, médiatiques. Dont Vigile… dont des actions citoyennes des artistes. Il n’y a pas de chefs, mais on agit, on commence à faire des choses, de petites choses, on écrit, on prend notre place dans Internet, on conçoit et signe des pétitions… Quelque chose a changé… Quelque chose bouge. Cela vient de bouger avec ce qui vient de se passer autour du 250e.
Voilà que se plaque le victimaire discours de madame Moreno complètement décalée, passant du découragement et de la démission, au même discours rabâché de la déception à l’égard de nos chefs… Rien de nouveau… mais d’aucuns vont croire ces sornettes… Comme si on ne pouvait exister que dans l’opposition, jamais dans le pouvoir. Comme si pour s’élever il n’y avait d’accès que dans l’écrasement de l’autre.
J’estime plus sage Patrick Bourgeois qui dit, « C’est la victoire des souverainistes »… Autrement dit, il n’y aura de victoire que si nous faisons bloc, ce sera une victoire collective ou ce ne sera rien du tout. Chacun jouant son rôle. Chacun épaulant, appuyant l’autre. Dans la cohésion si possible. Voilà un discours autre et stimulant, rassembleur, sans pour autant être nivelant. Chacun apporte son lot, son bagage, son emportement ou son calme. L’emportement sied à telle circonstance et se nourrit du calme de l’autre, et vice-versa.
Pareil pour nos chefs…
Le PQ-rentre-dedans a fait son temps ! Vous étiez découragé il n’y a pas si longtemps. Vous aviez lancé la serviette. Vous nous disiez solennellement que jamais nous ne pourrions nous en sortir ! Peut-être avez-vous encore besoin de vacances. Je vous les souhaite, car pendant que vous aviez capitulé, pendant que vous étiez en vacances, d’autres ont fait le travail et ceux-là disent qu’il nous faut être solidaires et nous disent que la bataille doit se faire dans la cohésion. Après bataille ils nous disent que la victoire est le fait de cet ensemble multiforme là. Justement parce que chacun est le complément de l’autre. Personne ne tente d’être parfait et complet. Chacun est imparfait, mais compte sur l’imperfection de l’autre pour combler, compléter le portrait. Il sont jeunes, ils sont fous… mais ils semblent fort sages… Du moins, j’aime et préfère cette sagesse-là qui me semble constante et prometteuse.
Au fait, M. Parizeau, il en pense quoi ? Au fait, pourquoi appuie-t-il le tandem Duceppe/Marois ? Parce qu’il est sénile ? Vraiment !? Non pas ! Parce qu’il croit que c’est ce qu’il nous faut ! Parce que nous avons cessé de remettre notre pouvoir d’action entre les mains des autres… Parce que nous avons peut-être compris qu’un chef n’est pas la cause, mais l’effet de ce que le peuple vit et met en acte. J’en suis.
Le jour où M. Parizeau se lèvera pour dire qu’il quitte le PQ, je suis certain que ce ne sera pas pour se présenter comme indépendant… Quand on ne se présente que pour l’honneur, qu’on ne récolte que quelques voix… c’est qu’il y a quelque chose qui cloche… Quand on est incapable de former un parti qui se tienne… c’est que quelque chose cloche… Vaudrait mieux prendre des vacances pour revenir en forme et mettre l’épaule à la roue et non fabriquer sans cesse les mêmes bâtons pour les mettre en travers.
Bonnes vacances madame Moreno ! Je crois que vous n’êtes encore pas bien remise de votre capitulation. L’analyse qui vous a permis d’en arriver à cette conclusion devait être erronée, car avec les mêmes éléments d’analyse d’autres préparaient déjà au même moment ce qui nous a permis de faire perdre une grande bataille aux activistes canadianisateurs du 250e, cela parce qu’ils avaient compris qu’il fallait tout faire sauf penser que tout était perdu, y compris le fait de prendre des vacances quand on est épuisé, quand ça tilt dans notre cerveau surchauffé.
Pour d’aucuns, quand ils en sont rendus à prédire la fin des haricots, ils comprennent qu’ils doivent prendre du repos. Vous, non… vous avez d’après moi donc dépassé le stade de la fatigue extrême… Car, s’ils vous avaient écouté ces jeunes du RRQ, nous n’en serions pas là. Car, s’ils n’ont pas à eux seuls remporté la victoire récente, ils ont au moins été là quand il fallait, et cela, parce qu’ils n’avaient pas capitulé…
Je ne sais pas si vous avez déjà été patron. J’ose espérer que vos gens n’ont pas subi le genre de patron qui au lieu de les motiver, les encourager, les appuyer, combler leurs manques sans les constamment blâmer, s’emploie à les perpétuellement condamner, réprimander, déclasser, répudier et congédier sans cesse dans un turn-over sans limites… Or, c’est nous le peuple le patron, la question est ? Quel genre de patron voulons-nous être ? Vous, semble-t-il vous êtes de l’école des vindicatifs. Personnellement, ce n’est pas le genre de patron que je veux être. Je crois aux patrons qui veulent faire équipe. Je crois bien que c’est ce qu’il nous faut, former une équipe, une bonne équipe, avec le monde qui est là, maintenant, en cessant de rêver que le concurrent forcément en a une meilleure. On fait avec ce que l’on a en cessant de se croire des incapables.
Il y en a un qui a compris ça. Oui, nous pouvons ! Nous, tels que nous sommes… et non tels que nous nous rêvons !
Au plaisir de vous compter dans l’équipe… votre hargne est comme toujours en ce qui a trait à nos talents, à la fois ce qui nous rend fort… et faible… suffit de trouver comment bien les canaliser… avec l’équipe qui nous échoit… Et, ça tombe mal… de peuple, on n’en a qu’un… et c’est celui qu’on a… il faut faire avec !
La cause du peuple souverain se mène avec le peuple souverain… nos chefs compris…
Le pays inabouti Je laisserai derrière moi un pays inabouti, spolié de ses richesses, irréversiblement intoxiqué, que se disputeront les charognards. Tribune libre de Vigile 20 décembre 2008
Le tanguysme La lutte pour l’indépendance se mène avec des indépendantistes. Tribune libre de Vigile 18 février 2009
« Une victoire du mouvement souverainiste », selon le RRQ


