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Il est préférable d’être des amis séparés que des conjoints ennemis. Car le fond du problème canado-québécois, c’est bien ça. Ça a toujours été ça. Et ce sera toujours ça. La cohabitation forcée, ce n’est pas la solution, c’est le problème. - Doris Lussier - 1990
             
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La bouche de nos canons
Faudrait peut-être rappeler à Mme Elkouri qu’au Québec l’habit ne fait pas le moine !
Jacques A. Nadeau
Tribune libre de Vigile
jeudi 11 octobre 2007      170 visites


Citation :

"À lire les premières réponses au sondage SOM-La Presse, on pourrait croire qu’un fort vent de laïcité souffle sur le Québec. Un vent qui veut chasser de l’espace public tout signe religieux ostentatoire.

Le hic, c’est que lorsqu’on demande ensuite aux mêmes Québécois de se prononcer sur la prière dans les assemblées des conseils municipaux ou le crucifix à l’Assemblée nationale, tout d’un coup, le vent de laïcité souffle un peu moins fort. Supprimer la prière à l’hôtel de ville ? Non ! disent 52% des répondants. Retirer le crucifix de l’Assemblée nationale ? Pas question ! renchérissent 69% des gens.

Il y a là une contradiction dans le discours qui laisse songeur."

Rima Elkouri, La laïcité, c’est pour les autres, La Presse mardi 9 octobre 2007

L’apparente contradiction ne peut "laisser songeur" que ceux et celles qui jugent le moine à l’habit.

"Être homme d’église,
N’est pas toujours être homme de Dieu."
(Proverbe anglais)

Ce que le sondage démontre c’est plutôt que les québécois ont bien compris (par révélation ?) que les accommodements religieux raisonnables servent de prétexte pour des groupes qui veulent acquérir de l’influence politique en utilisant la religion comme instrument. Rien de nouveau à cela. Les religions institutionnalisées ont toujours servi des objectifs politiques, directement et/ou indirectement.

Une fois endoctrinés (religieusement), les "fidèles" répondent aux directives de leurs chefs généralement au doigt et à l’œil sans trop raisonner ou se poser de questions. Ils ont la foi ! Ou bien ils ont peur de déroger. On connaît !

La foi (les croyances) est l’antithèse de la raison. C’est tellement plus facile de diriger un groupe qui accorde aveuglément un grand respect et une valeur morale supérieure à une organisation et à ses représentants que d’être contraint à discuter et à débattre en faisant appel à la raison et aux faits ! Pourquoi s’embarrasser de nuances, de contradictions et d’oppositions quand une recette multimillénaire fonctionne à merveille pour "diriger le peuple" ?

Alors, puisque les québécois ont l’habitude de jouer en respectant les règles du jeu, n’est-il pas normal qu’ils utilisent aussi la religion pour mettre en échec les aspirations politiques commandées d’ailleurs ? Cet ailleurs n’est peut-être pas plus loin qu’Ottawa. En passant par des détours, il va de soi. Et en faisant des pirouettes époustouflantes. Bravo pour la tolérance telle que définie par Ottawa et chapeau bas au "multiculturalisme" canadien. Belle performance, mais il est clair que ça ne passe pas au Québec, sauf pour amuser la galerie.

Les règles du jeu sont établies de manière à ce que l’on puisse faire appel au concept d’accommodements raisonnables et l’appliquer aux religions pour exercer une influence politique au Québec. Ce faisant l’on pourrait, d’une certaine manière, dire que la démocratie québécoise fonctionne sur le mode "bi". Bi-standards ; raison et faits d’une part et croyances de l’autre. C’est selon. En fonction des objectifs recherchés. Le Québec l’a compris. Bon joueur de poker, les québécois se disent simplement que puisque Ottawa veut jouer la démocratie avec une carte "mystère", alors allons-y et jouons aussi cette carte. Pas de problème, en la matière on a quand même une longueur d’avance.

Mon dieu qu’on la connaît cette carte. Cette fois c’est la population qui la joue et non une élite politico-religieuse. Et pourquoi pas ! Tant que le Québec ne sera pas officiellement laïc, eh bien, parlons par la bouche de nos "canons". Commanditaires et commissaires, à vous de jouer maintenant.

Pour alléger un peu le ton de ce débat, un constat à l’italienne ;

"Une barrique de vin peut réaliser plus de miracles qu’une église pleine de saints."
(Proverbe italien)

Jacques A Nadeau

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