Dans sa chronique Les Bonnes Pâtes le prolifique chroniqueur Richard Martineau relate une soirée passée avec sa blonde dans un restaurant italien du Vieux-Montréal où, parce qu’elle venait de Toronto, « l’hôtesse qui accueillait les clients ne parlait pas un maudit mot de français. Pas un. »
Martineau souhaitait, pour marquer son irritation, quitter l’établissement mais, fait-il valoir dans son article, « on était crevés, on avait faim et il était tard ».
Aussi bien satisfaire sa faim et écrire un papier le lendemain.
De toute manière, ventre affamé n’a pas d’oreilles.
On chiale. On dénonce. C’est là que ça s’arrête.
Ce qui fait dire à Martineau : « Maudit qu’on est bonasse, au Québec. »
On veut être servis dans sa langue mais
parce qu’on a faim, qu’on est crevés et qu’il est tard
on s’en tire avec une crisette de diva qui ne freine en rien
l’anglicisation « à la vitesse de la lumière »
de certains quartiers.
Toutes les raisons sont bonnes
pour ne pas joindre le geste à la parole.
Qu’il s’agisse du français ou de l’indépendance du Québec,
on chiale, on dénonce.
C’est là que ça s’arrête.
Pourtant, qu’est-ce qu’il en coûterait de ne pas fréquenter les établissements qui reçoivent, servent, soignent, affichent en anglais, ont un nom anglais ?
Qu’est-ce qu’il en coûterait de dire :
« Vous ne parlez pas français ? Tant pis pour vous ! »
« Le 24 juin, on sort les drapeaux et la bière.
Et le lendemain, on se remet à faire la carpette »
s’indigne Martineau qui se donne en exemple.
Un bel exemple de pâte molle accompagnée d’un verre de vin.

