Le spectacle de clôture du 400e face au Manège militaire aura confirmé à quel point le rouge Canada a gagné la bataille des couleurs nationales du début à la fin des festivités. Au beau milieu de la place George V, au bout d’un mât vertigineux éclairé par de puissants projecteurs, flotte un démesuré drapeau du Canada. Aucun des 25 000 spectateurs présents n’a pu le manquer. Mais pourquoi Daniel Gélinas, Régis Labeaume et Jean Charest n’ont-ils pas de concert réclamé qu’y flottent aussi en cette rare occasion et pour une première fois le drapeau de la ville de Québec et celui du Québec ? Parce qu’ils ne le voulaient pas, tout simplement : ces trois personnages ont abdiqué tout désir que les couleurs nationales du Québec se perpétuent. Voilà pourquoi, en désespoir de cause, je formule les deux recommandations suivantes aux principaux concernés.
Repartir à zéro
Lettre au maire de Québec, Monsieur Régis Labeaume
Comme l’a démontré de manière éloquente l’absence du drapeau de votre ville durant toute l’année des célébrations du 400e et compte tenu de votre indifférence à cet égard, permettez-moi de formuler une proposition concrète.
Considérant que la Société du 400e a adopté les couleurs orange et rose fuchsia comme signes distinctifs des festivités ; considérant que ce choix ne semble pas avoir indigné ni ému outre mesure l’opinion publique de la capitale ;
considérant enfin que cela indique que l’identité québécoise ayant comme caractéristiques visibles la langue et la culture françaises sont caducs,
et considérant que la conception qui semble avoir triomphé en 2008 est celle de la mosaïque multiculturelle et multicolore à la canadienne qui noie et banalise l’identité québécoise ;
je suggère le remplacement des symboles et des couleurs traditionnelles représentant la ville de Québec depuis 400 ans, soit le bateau or sur fond bleu et blanc, par un oriflamme orange et rose fuchsia.
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Lettre à Monsieur Jean Charest, premier ministre du Québec
Considérant que le drapeau de la province (du latin -vincia, « qui a été vaincu » et pro-, « en avant ») que vous représentez s’est avéré tout aussi inutile et superflu que celui de la ville de Québec lors des célébrations du 400e ;
considérant que même vous n’avez pas jugé bon de corriger cet état de fait ;
considérant que cela indique qui l’identité même que symbolise ce drapeau, soit la langue et la culture françaises, n’est en conséquence plus d’aucune utilité,
je suggère le remplacement des fleurs de lys du drapeau du Québec par quatre feuilles d’érable rouge vif sur fond blanc non séparées par une croix catholique, symboles de notre appartenance indéfectible à la nation canadienne multiculturelle.
Nos symboles nationaux enfin disparus, souverainistes et autonomistes verront enterré tout espoir de statut particulier pour le Québec, et le fédéralisme centralisateur pourra se déployer dans toute sa force partout au Québec.
(...)
Jean-François Vallée
Québec
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

