Une guerre à finir entre le gouvernement péquiste et la SQ, la pieuvre.

La Sûreté du Québec (SQ), police politique sous haute surveillance.

Ne faisons pas le jeu des libéraux !

Tribune libre de Vigile
mardi 18 décembre 2012
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En décembre 2012, nous avons appris par La Presse, que trois hauts-gradés (Richard Deschesnes, Jean Audette et Steven Chabot) de la Sûreté du Québec (SQ) font l’objet d’une enquête criminelle sur la possible utilisation illégale d’argent provenant d’un Fonds d’opérations spéciales. Ses sommes auraient servi à d’autres fins que celles prévues à des opérations confidentielles. Le Fonds serait doté d’un montant de 20 millions $. Selon les quatre journalistes de La Presse, les sommes auraient permis entre autres : 1) prime de retraite de 150 000 $ au bénéfice de Steven Chabot, ex-directeur adjoint et responsable des enquêtes criminelles jusqu’à sa retraite en 2010. 2) importantes rémunérations à Denis Depelteau, conseiller spécial lors des négociations avec l’Association des policiers et policières du Québec en 2011 et, depuis plusieurs années, conseiller spécial du directeur Richard Deschesnes.

En outre, ce fonds aurait été approvisionné par des surplus budgétaires annuels non déclarés au Ministère de la Sécurité publique, au Ministère des Finances et au Conseil du Trésor. Pour cacher ces surplus, de fausses factures étaient produites pour mettre à sec les coffres de la SQ.

Si Dieu le veut, nous verrons dans quelques années les conclusions de ces affaires.

Maintenant, voici ce qu’il est très important de savoir. Les trois personnes sous enquête en menaient large au sein de la SQ. Entre 2008 et 2010, elles étaient à la tête de l’État-major de la SQ qui comptait cinq hauts dirigeants. D’abord, Richard Deschesnes, grand patron de la SQ nommé par les libéraux en juillet 2008, Jean Audette, nommé, en 2008, directeur-adjoint et responsable de la surveillance du territoire et Steven Chabot, directeur- adjoint et responsable des enquêtes criminelles depuis 2003. Ces trois personnes ont été longuement associées :

1) Dès 2003, Normand Proulx, directeur de la SQ, fait un grand ménage et nomme par intérim Richard Deschesnes, directeur-adjoint et responsable de l’Administration et Steven Chabot, directeur-adjoint et responsable des enquêtes criminelles. En 2008, avec la nomination de Richard Deschênes à la tête de la SQ, Jean Audette devient directeur-adjoint et responsable de la Surveillance du territoire.

2) Sous la direction de Richard Deschesnes, Jean Audette et Steven Chabot ont piloté des enquêtes majeures touchant le monde du crime organisé. Au départ de Steven Chabot, Jean Audette est devenu en 2010, directeur-adjoint et responsable des enquêtes criminelles. Selon le journal La Presse, le départ de Richard Deschesnes en 2012 serait lié à la réticence de la direction générale de collaborer pleinement avec la Commission Charbonneau.

3) Richard Deschesnes et Steven Chabot ont eu et ont, grâce à certaines nominations présentes et anciennes, des relations étroites avec la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), le Service Canadien des renseignements et de la Sécurité (SCRS) et les forces armées canadiennes. Sur ce point précis, Deschesnes a été responsable pour la SQ de la sécurité policière avec la GRC, le SCRS et l’armée lors du Sommet des Amériques tenu entre le 20 et 22 avril 2001. Cette nomination remontait à 2000. Au cours de ce sommet, pour la première fois au Québec des balles en plastique ont été utilisées (plus de 900 balles). Selon l’ensemble des médias, plus de 6 000 policiers étaient présents. Seulement pour la SQ, le coût des opérations policières s’élevait à plus de 40 millions de $. Finalement, 5 000 cartouches de gaz lacrymogènes ont été employées pendant quarante-huit heures. Par la suite, Richard Deschesnes retrouvera ses amis des autres corps policiers en tant que directeur-adjoint et responsable de l‘administration Ce poste lui permettait de représenter la SQ auprès des différents partenaires policiers provinciaux et nationaux et de mettre en place un réseau d’amis sur le plan canadien.

Steven Chabot a été aussi président de l’Association canadienne des chefs de police en 2008 et 2009. Il a été nommé par le gouvernement Harper, en décembre 2011, membre de la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire. Selon le communiqué du Gouverneur en conseil, cette nomination se terminera en décembre 2015, le titre est inamovible et le traitement se situe entre 530 $ et 620 $ journalier.

Dans les faits, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron vient de décapiter la tête de la SQ, en plus de toucher à Steven Chabot, ex-membre de la troïka. Au moins depuis 2008, au sein de l’état-major de la SQ, ces trois individus avaient entre leurs mains tout le pouvoir nécessaire pour protéger le gouvernement Charest. Le ministre Bergeron n’ignorait certainement pas les liens qui unissaient Deschesnes et Chabot avec la GRC, le SCRS.

Rappelons-nous des événements de Victoriaville, le 4 mai 2012, à l’occasion du Conseil fédéral du Parti libéral du Québec, au cours desquels les policiers de la SQ ont encore eu recours à des balles en plastique comme en 2001 et se sont servis de provocations policières pour partir l’émeute. Particulièrement, ce policier de la SQ, dont j’ai demandé le nom, qui tente d’effectuer une arrestation au milieu des manifestants, ce qui va à l’encontre de toutes les règles de base dans l’intervention d’une escouade anti-émeute. Au moment où le policier est entouré de manifestants, un véhicule de la SQ fonce dans la foule et le policier se dégage et retourne vers l’arrière. Ce policier s’est mis en danger et a mis en danger les manifestants sans que la SQ le sanctionne. De plus, TVA affirmait que des membres du SCRS s’étaient déplacés à Victoriaville.

Sans être machiavélique, cette manifestation tournant en émeute faisait bien l’affaire de Charest.

Rappelons-nous aussi de l’attentat manqué de Bain suite à l’élection de madame Marois en septembre et du travail pour le moins bâclé de la SQ dans son mandat exclusif de surveillance et de protection des personnalités. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Le Gouvernement péquiste est très conscient que la SQ est devenu, au cours des dernières années, un état dans l’État. Ses liens avec le SCRS et la GRC font d’elle un pilier contre ceux et celles qui désirent l’émancipation du Québec.

Dans un article précédent, j’avais dénoncé la nouvelle entente entre l’Association des policiers et policières du Québec et du gouvernement Charest intervenu durant l’été 2011. Cette entente, rejetée une première fois, a été entérinée à l’automne. Elle allait beaucoup plus loin que ce que le Front Commun avait obtenu pour ses membres. En autres, après 5 ans de services, le policier régulier aura un salaire annuel 68 552 $, au 1 avril 2013. Pendant les trois premières années, le salaire est augmenté tous les six mois. La retraite est accessible (sans pénalité) après 25 ans de service. Finalement en 2010-2011, la Sûreté du Québec chiffrait à 1 209 540 le nombre d’heures supplémentaires, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. C’est un pactole de près de 60 000 000 $ que se redistribue l’ensemble des policiers. Sûrement que l’année 2012 a été très profitable pour les policiers des escouades anti-émeute.

Il y a donc plusieurs raisons qui font que Stéphane Bergeron s’attaque à cette « machine » qui avait les mains libres depuis plusieurs années. Sous Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité public, Luigi Coretti a obtenu un permis de port d’arme, qu’il n’aurait jamais dû obtenir.

Le PLQ a maintenant dans ses rangs des anciens de la SQ qu’elle pourra mettre à l’ouvrage pour débusquer les supposés scandales des péquistes. Pensons à l’arrivée du principal propagandiste de la SQ, Robert Poëti, nouveau député de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, dont la biographie est l’une des dernières qui n’a pas été encore publiée sur le site de l’Assemblée nationale (le député doit sûrement scruter à la loupe ses différents compétences et postes à la SQ avant de nous en faire part. Pour un monsieur dont le rôle était d’informer la population, il me semble très peu pressé à nous donner des renseignements sur sa palpitante vie), et qui va rejoindre Guy Ouellette, député libérale de la circonscription de Chomedey, lui aussi un ancien de la SQ.

En somme, la guerre est déclarée entre le gouvernement et une partie de la SQ. Évitons de donner des munitions à ces rapaces libéraux qui voient la paille dans l’œil de son voisin péquiste, sans voir la poutre dans le sien. Ne soignons pas dupes de cette campagne de dénigrement des ministres du gouvernement péquiste amplifiée par Power Corporation, Quebecor et Radio-Cadenas. Nous sommes en guerre, dois-je vous le rappeler.

Commentaires

  • lemagnum54, 7 janvier 2013 17h06

    Je suis Guy Simard policier à la SQ depuis 23 ans et assigné à la maison depuis 2003 après avoir dénoncé des fraudes faites par des policiers de mon poste et pour un bar clandestin. C’est monsieur Deschenes qui m’a obligé à rester chez moi parce qu’il ne voulait pas d’un stool dans ses rangs qui respecte les lois et les faits respecter par les policiers. Personne n’est au-dessus des lois. J’ai refusé de faire des actes criminels commandé par mon Boss et des choses pas corrects. Résultat, je suis payé 75,000.00$ par année à rien faire à la maison. Alors que je peux et que je veux travailler. Même le ministre de la sécurité publique M. Bergeron ne veut pas sans mêler. C’est délicat certains policiers pourraient mal réagir. J’ai reçu près de 800,000.00$ à ce jour et c’est pas fini.

  • Pierre Bourassa, 1er janvier 2013 10h49

    J’en profite pour souhaiter une bonne et heureuse année à tous et à toutes.
    Hier en visionnant la revue de l’année par Jean-René Dufort
    vers la fin de l’émission,un passage savoureux concernant la SQ est celui où leur porte-parole-cassette affirme que toutes les entrées étaient sécurisées au Métropolis et au même moment Jean-René Dufort nous montre les images de son caméraman qui entrait librement,(lui et d’autres personnes) pendant le branle-bas-de-combat sans qu’aucune présence policière ne l’importune.Je crois que ce sera en rediffusion ce soir.Des images qui ont peut-être déjà été utilisées pour commencer le ménage auquel on assiste.

  • Nathalie Grogières, 23 décembre 2012 00h26

    Ce que vous présentez a bien du sens. L’affaire est à suivre, car elle est extrêmement sérieuse. Bergeron avait tout un ménage à faire, et nous devons lui savoir gré d’avoir pris ses responsabilités. Souhaitons maintenant que le Ministre de la Justice sache prendre les siennes avec la Direction des poursuites criminelles et pénales, un autre nid de vipères.

    Je voulais vous faire un rappel : c’est Serge Ménard, membre du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, qui était le Ministre de la SQ à l’époque du Sommet des Amériques, et il s’est empressé de féliciter sa police du travail qu’elle y avait fait, distribuant les médailles de mérite. Il la qualifiait de "meilleure police au monde", une enflure verbale qu’il avait probablement empruntée à Jacques Duchesneau qui, quelques années auparavant, avait clamé vouloir faire du SPCUM la même chose. Dernièrement, soit après la campagne électorale de l’été, je l’ai entendu sur les ondes défendre âprement le travail de la SQ lors des manifestations étudiantes, face aux nombreuses plaintes de citoyens. Il qualifiait encore cette police de "meilleure au monde".

    Ainsi, le PLQ n’est pas le seul parti à avoir un faible pour ce corps de police.

  • Claude Dion, 20 décembre 2012 20h46

    Non mais ; quelle ordure ce John James Charest. Le congrès du PLQ devait avoir lieu a Montréal.

    Pas capable de manipuler suffisamment le service de police
    de Montréal, le petit grassouillet de Sherbrooke fait déplacer ce congrès a Victoriaville.

    La SQ, la GRC et le SCRS...ont eu tout le temps de préparer
    leur scénario. Le film : La loi,l’ordre OU la rue.

    Ah ! ces braves agents de la GRC ! Une petite opération
    de guerre psychologique....cela est bien moins risquée que
    l’installation d’une bombe chez la famille Steinberg.

    A venir dans un cinéma près de chez vous : Oka, la suite.

    Dire que l’on paie 25 % du salaire de ces connards !

  • Marcel Haché, 19 décembre 2012 12h12

    Nous avons besoin de rien de moins qu’un Redressement National.Je ne sais pas si le gouvernement péquiste pourra ou voudra s’y rendre s’il le peut. Mais je suis bien certain qu’un Redressement National ici ne peut pas commencer avant qu’un cliss de ménage de tout l’appareil de l’État ne soit effectué, et ça commence naturellement par le bois mort chez les policiers.Dewoooors !

  • Ghislaine Bussière, 19 décembre 2012 10h42

    En regardant ce qui se passait à Victoriaville,c’était
    flagrant que c’était pas normal et que c’était un coup monté.J’ai hâte de voir le résultat.

  • André Vincent, 19 décembre 2012 08h48

    Cher monsieur Archambault, cela fait plus de 50 ans que je suis en guerre, et que je répète, ad nauseum, que lorsqu’il s’agit de la liberté et de l’indépendance d’un peuple, il n’y a pas d’adversaires ou « d’amis d’en face » possibles, mais des ennemies.

    Que des ennemies. Et nous devons en prendre note, froidement, et agir en conséquence. Parce que si nous on fait semblant de ne pas le savoir, nos ennemies le savent très bien.

    AVe

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