[1] J’ai lu avec beaucoup d’attention l’article des professeurs Richard Nadeau et Henry Milner intitulé "Le "modèle" finlandais : des leçons pour le Québec", publié dans la page Opinion du Devoir, 28 février 2009.
[2] Essentiellement, les deux professeurs mentionnent que la réussite finlandais repose principalement sur son système d’éducation, sur la vitalité du syndicalisme finlandais, sur la concertation des acteurs sociaux, sur la présence importante de l’État et sur l’équilibre entre les exigences de la compétition internationale et les impératifs du développement social.
[3] Les 2 professeurs concluent que le Québec doit s’inspirer du modèle finlandais en soulignant que son développement économique et social passe par un appui vigoureux du gouvernement à l’innovation et au développement technologique et qu’il ne pourra atteindre cet objectif que si l’éducation est au coeur de son projet de société.
[4] Les auteurs oublient toutefois de mentionner que, si la Finlande a pu atteindre de tels résultats, c’est d’abord et avant tout parce que l’État finlandais a toutes les caractéristiques d’un État optimal, c’est-à-dire un pays indépendant et souverain qui pratique la social-économie en ayant en mains tous les leviers qu’il faut pour défendre ses intérêts et protéger ses citoyens. La Finlande n’est pas inféodée à aucun pays ou gouvernement, comme le Québec l’est envers le Canada et les Finlandais sont un peuple libre qui n’est pas réduit à un statut enfantin et minoritaire comme l’est le peuple québécois. Leur principal centre de décision politique se trouve dans un seul endroit, à savoir dans leur capitale, Helsinki, ce qui lui permet d’agir rapidement et efficacement en cas de crise économique, comme c’est le cas actuellement.
[5] Il est malheureux que les 2 professeurs aient oublié un fait aussi important et essentiel.
Pierre Cloutier

