La crise des accommodements raisonnables a été déclenchée par le jugement de la Cour Suprême sur le port du poignard à l’école. « On l’avait pas venu venir celle-là », avait dit André Pratte à Bons baisers de France. Il ne parlait pas des balles d’Éric Gagné ou de l’élimination du Canadien en séries. Il parlait de l’orgie de courriels que La Presse avait reçu suite au jugement du jeune Sikh qui avait obtenu le droit de porter son kirpan à l’école. Jeune homme défendu par le sympathique Julius Grey qui a passé une bonne partie de sa carrière publique à manger du séparatisss et du Bill One O One, avant de se calmer un peu le pompon.
Mais qui donc est cette Cour qui n’en finit plus de nous sortir des jugements loufoques ?
La Cour est formée de 9 juges nommés par le ministre de la Justice. Entre 2003 et 2007, on a nommé 4 juges, un par année.
Imaginez quatre gros bouliers de Loto-Québec. Dans chacun, 100 boules : 99 blanches et une noire. Vous activez les moteurs et attendez que les quatre poules pondent leur oeuf.
Oh surprise, c’est la noire qui sort du premier boulier ! Incroyable, vous aviez une chance sur cent que ça se produise.
Vous surveillez le deuxième boulier : pas possible ! Une autre noire ! Vous venez de vivre quelque chose d’inouï qui n’arrive qu’une seule fois sur 10,000 !
La troisième poule pond son oeuf : c’est une blanche. Normal : 99 chances sur 100.
Puis c’est le dernier boulier : alors là vous n’en croyez pas vos yeux. Vous cherchez Garry Kurt dans l’assistance ? Ca se peut pas ! Une autre noire !!!! Vous aviez 99 chances sur 100,000,000 que ça arrive et c’est arrivé ! Même les Lavigueur n’avaient pas eu autant de marde au c..
C’est pourtant la chance inouie qui est arrivée au "peuple... choisi" à la Cour suprême du Canada ces dernières années, sans attirer moindremennt l’attention de notre presse nationale (iste). Faut croire qu’un Jonathan Roy ou une reprise des Lavigueur vaut plus de couverture médiatique que la nomination d’un juge juif....
Au recensement de 2006, le Canada comptait exactement 329 995 Juifs au Canada, moins d’un pourcent de la population. Les probabilités d’avoir un juge juif à la Cour suprême sont donc de 1 sur 100 à chaque nomination, i.e. à peu près nulle.
Le 5 août 2003, Morris J. Fish a été nommé à la Cour suprême du Canada. A l’époque, personne n’avait remarqué qu’il était juif. C’était le premier de la nouvelle vague. Ce qui avait frappé c’est que c’était un Anglo du Québec. On sait que 3 sièges sur 9 sont réservés au Québec (droit civil oblige) et le fait de prendre un juge anglophone étonnait un peu. Mais bon.
La nomination de Fish a été faite par Martin Cauchon, un très junior du gouvernement Chrétien qui n’en menait pas large dans le cabinet. C’est certainement pas lui qui a décidé ça tout seul. Le fidèle conseiller de Chrétien était le brave Éddie, un juif anglophone de Montréal qui devait certainement connaitre Morris (il n’y a que 89,915 juifs tricottés serrés au Québec). Cauchon a certainement consulté Chrétien et le brave Eddie.
http://www40.statcan.gc.ca/l02/cst01/demo30b-fra.htm
C’est avec la nomination de Rosalie Silberman Abella en août 2004, par Irwin Cotler, qu’on a commencé à tiquer. Là, ça commençait à sentir le gars des vues. Que ça ne pouvait pas être le fruit du hasard.
Irwin Cotler a été ministre de la Justice de décembre 2003 à 2006, jusqu’à la défaite de Paul Martin. Il a été élu dans une partielle, en novembre 1999, dans Mont-Royal (le comté de Pet) avec à peine 91% des voix.…Quelques points de moins que Saddam…
Je ne suis pas le seul à avoir tiqué. Même Jeffey Simpson a été étonné. « Je connais de nombreux membres influents du barreau ontarien, en particulier à Toronto. Très peu d’entre eux avaient prévu sa nomination. Il y a au moins quatre juges de la Cour Suprême de l’Ontario que les observateurs plaçaient avant elle.
« D’abord, c’est une amie de longue date du ministre de la Justice, Irwin Cotler. Ils ont été tous les deux actifs dans des organisations juives et sont des partisans convaincus des droits de la personne ».(La Presse, Jeffey Simpson, 10 octobre 2004). Ca alors ! Cotler qui se sert de son poste de ministre pour nommer une juge de la même religion ethnique que lui ! Qui l’aurait crû ? Qui aurait crû qu’un aussi grand juriste ferait dans la basse ethnicité, lui qui a l’ethnicité en sainte horreur, de l’allemande à la québécoise….
Célèbre juriste, bardé de médailles et de décorations internationales, Cotler a inventé une échelle d’antisémistisme ! Oui, oui une échelle. Wikipédia nous raconte qu’il a séparé l’’anti-sémitisme en 6 catégories et trouvé 13 indices de discrimination contre les Juifs qui sont caractéristiques du "new anti-jewishness" (euh, comment on traduit ça en français ?). Semble n’avoir trouvé aucune trace à la Cour suprême...
http://en.wikipedia.org/wiki/Irwin_Cotler
Quelques semaines plus tard, Cotler a nommé Louise Charron, une Franco-Ontarienne. On s’est dit que la loi de la moyenne était revenue. Erreur !
Car avec la nomination de Marshall Rothstein, en mars 2006, un autre juif, du Manitoba cette fois, un endroit où il y en a très peu, on s’est dit que c’en était trop. Que la mesure débordait. Toutes ces nominations ne peuvent évidemment pas être le fruit du hasard. A moins de croire au gars des vues...

