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La Conjuration des imbéciles
De tous les peuples colonisés, le pire est celui qui achète volontairement les chaînes de sa propre servitude
Jean-Louis Pérez
Tribune libre de Vigile
dimanche 11 mai 2008      236 visites


De tous les peuples colonisés, le pire est celui qui achète volontairement les chaînes de sa propre servitude

Les Canadiens français pro-fédéralistes sont aujourd’hui, en majorité, les imbéciles(1) nécessaires à la pérennité et à la consolidation exponentielle du « Système » colonisateur d’Ottawa qui agit décidément contre les intérêts généraux des Québécois, neutralisant les actions politiques du Québec(2), en raison de l’appui donné par cette majorité qui adopte une attitude de soumission. Ainsi, en l’absence de ces politiques d’affirmation nationale indépendantes, l’État québécois ne peut et ne pourra impulser à l’extérieur de ses frontières tous ses atouts politiques, culturels et socio-économiques, incapable d’employer ces mécanismes d’épanouissement national.

Puisqu’en l’absence de ces instruments d’affirmation d’indépendance politique, malheureusement non conquis lors de l’historique Révolution tranquille, la dynamique engendrée par l’irréalisation de cette légitimité politique anéantira lentement l’identité nationale des Canadiens français(3) par l’action du Pouvoir politique, fiscal, juridique et économique du centralisme colonisateur d’Ottawa. Telle déstructuration sociale sera irréversible si l’obstination de la « pensée circulaire »(4) persiste. La pratique de certaines actions politiques et économiques de cette majorité pro-fédéraliste confirmera dans les prochaines années la conclusion de cette déchéance nationale québécoise. C’est seulement une question de temps, possiblement avant l’an 2035, si l’indépendance du Québec n’est pas reconquise avant 2015 par l’acharnement politique indépendantiste de la minorité des Canadiens français qui luttent encore avec passion pour la survie de leur nation.

Quant à l’attitude perverse et de soumission aliénante de cette même majorité de Canadiens français pro-fédéralistes se désintéressant de la dérive que prend leur présent cheminement national, il en résulte un état d’âme blessée, déchirée pour cette minorité qui continue à déployer des efforts inouïs pour atteindre l’indépendance politique du Québec, afin d’assurer ainsi la survie nationale du peuple canadien-français. En effet, la dynamique politique fédéraliste antiquébécoise, causée par cette attitude d’aliénation et de soumission, ne peut être que troublante et pernicieuse en raison de la complicité destructive de l’identité nationale provoquée par cette majorité obtuse qui soutient le centralisme colonisateur d’Ottawa.

C’est la prise de conscience de cet antagonisme qui nous fait affirmer, une fois de plus, qu’il faut dépasser le nombre de cette minorité loyale et noblement obstinée à réussir l’indépendance afin d’éviter la disparition de ce peuple remarquable et faire du Québec un autre pays pour le monde. Car le Québec d’aujourd’hui a encore des possibilités uniques pour réussir à relever ce défi politique de libération qu’est l’indépendance nationale, et indubitablement, il servira de modèle d’épanouissement à d’autres peuples opprimés dans le monde.

De plus, il faut souligner que le moment historique, qu’aujourd’hui s’avère un paradoxe d’une dimension politique inqualifiable, où l’on avait préconisé ( le groupe de travail du Centre Québécois de Relations Internationales de l’Université de Laval ) que le Québec s’était ouvert au monde au XIX siècle pour favoriser sa survivance économique et démographique comme nation. Il s’avère que l’immigration avait aussi une importance considérable car la survie du peuple québécois n’était pas encore assurée, dû au phénomène de l’exode des Canadiens français qui quittaient massivement le Québec pour les États-Unis. Ces mêmes chercheurs du CQRIUL affirmaient par ailleurs que l’épanouissement s’était substitué à la survivance, le Québec alors privilégié dans ses relations avec des tiers, outre l’économique, la connaissance et l’apprentissage du savoir-faire, échangeant des techniques et des expériences. Comme le rapportaient ces membres de l’intelligentsia québécoise, la survivance acquise des Canadiens français, il leur fallait dès lors vivre, compétitionner, trouver leur place au soleil des nations.

D’autre part, ce groupe de travail soutenait dans leur rapport, publié en 1977, que l’État québécois serait plus fort, plus puissant, plus conscient de ses responsabilités comme levier de la nation canadienne-française, en raison du développement entrepris depuis les années 50, amenant à la modernisation de la société québécoise réalisée lors de la Révolution tranquille. Ce qui avait incité l’État québécois, par le biais de l’emprunt, de l’éducation et de la culture, à être présent à New-York, Paris, Londres, Bruxelles, Tokio, dans toutes ces villes et tous les pays avec lesquels nous avons aujourd’hui des échanges multilatéraux.

Cependant, il est important de se rappeler des difficultés politiques inhérentes à l’évolution de ce développement socio-économique du Québec qui se sont produites à partir de ces mêmes années cinquante. Car ces analystes de l’Université de Laval n’ont pu discerner les effets politiques pervers de la dynamique de dépendance économique due à la mainmise du Pouvoir d’Ottawa sur ces échanges provenant de l’extérieur du Québec. La dette publique du Québec(5) est un exemple de cet état de dépendance servile découlant des contrôles politiques et fiscaux, comme celle-ci a toujours été imposée depuis la Constitution colonialiste de 1867, de par l’impact que ces contrôles ont sur l’efficacité de l’influence exclusive du Pouvoir centraliste d’Ottawa. Faisant par cette dépendance politique et fiscale fédérale, qu’ont eu ces échanges multilatéraux avec des tiers pays, que le Québec soit aujourd’hui plus vulnérable socialement, plus dépendant économiquement et plus déstructuré politiquement, dû à l’augmentation démographique contraire à son idiosyncrasie. La population de Montréal est un autre exemple de cette perte de pouvoir politique et économique des Canadiens français, en raison de la désarticulation sociale qui a diminué, d’une majorité de 60% dans les années 40, passant à moins de 46% actuellement. C’est à dire qu’après quelques décennies les Canadiens français ont perdu le contrôle ethnopolitique de la métropole économique et financière du Québec. L’impact de la mainmise par les non Canadiens français sur cette place supranationale et internationale des affaires, se révélera un facteur politique déterminant pour la déstructuration du pouvoir socioculturel et économique des Canadiens français, si cette tendance ethnopolitique n’est pas modifiée par l’indépendance du Québec.

Le résultat de ces actions culturelles, scientifiques, éducationnelles et macro-économiques entreprises dans cette période d’affirmation nationale que fut la Révolution tranquille, et qui l’ont été sans être conditionnées à la pleine souveraineté de la nation canadienne-française, s’avère par conséquent être aujourd’hui un piège social et économique en raison de cette ethnopolitique incontrôlée et des effets concaténants de la dépendance politique envers Ottawa, occasionnant une symbiose de conséquences explosives. En effet, en agissant indûment de telle sorte contre les intérêts du Québec, le centralisme fédéral a originé une majorité de laquais Canadiens français (votes captifs pro-fédéralistes), laquelle majorité unie à d’autres groupes ethniques étant aussi pro-fédéralistes font augmenter la dépendance du Québec en votant pour le PLQ et l’ADQ, et qui font élire au fédéral des députés du PCC(6), PLC et NPD, consolidant ainsi ce « Système » politique colonialiste au détriment de la nation canadienne-française.

Jean-Louis Pérez

***

Vive le Québec libre de caciques, de tricheurs de la politique, de traîtres et de pilleurs des ressources fiscales et naturelles


1. Utilisant ce qualificatif, il n’y a aucune intention d’insulter puisque dans ce texte l’on se réfère à tous ceux qui manquent d’intelligence émotionnelle, le grand problème de perception politique qu’a aujourd’hui la majorité des Canadiens français pro-fédéralistes. Car ceux-ci, s’ils persistent en se conjurant afin de maintenir l’actuel régime fédéral colonisateur agissant contre leurs propres intérêts généraux, ce « Système  » les conduira inévitablement à la destruction de leur nation.

2. Concernant les politiques colonialistes d’Ottawa qui vont à l’encontre du Québec, consulter http://www.vigile.net/-Quebec-400e-imposture-canadian

3. A ce sujet, voir http://www.vigile.net/Modele-evolutif-r-K-et-la

4. La critique que fait le sociologue Gérard Bouchard dans son livre La pensée impuissante. Échecs et mythes nationaux canadiens-français (1850-1960), publié par Boréal, Montréal, 2004, nous rappelle cette sorte d’ambivalence de souveraineté personnelle et politique se traduisant par l’incapacité de « casser la pensée circulaire » et qui conduira, par cette obstination de jugement incohérent, à la dérive nationale des Canadiens français.

5. Pour une information détaillée sur l’emprunt public et ses répercussions politiques et socio-économiques, consulter http://www.vigile.net/La-dette-publique-du-Quebec-une

6. Sur certaines intentions du Parti Conservateur du Canada concernant le Québec, voir http://www.vigile.net/Le-plan-Harper-un-piege-pour

Note : le titre de ce texte est le même que celui du livre écrit par John Kennedy Toole.

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