|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
Y a-t-il une autre façon de concevoir l’Université ? Les professeurs souhaitent une université autonome. Les chercheurs souhaitent une université curieuse. Les étudiants souhaitent une université innovante. Les citoyens souhaitent une université engagée dans le milieu. Se pourrait-il que cette université que tout le monde veut existe déjà et qu’elle s’appelle l’UQÀM ? Se pourrait-il que les raisons qui ont mené aux difficultés financières de l’UQÀM n’aient rien à voir avec la création de cette université idéale que l’on a édifiée au cœur de Montréal ?
Ce ne serait donc pas à l’échec de cette université que nous avons assisté, mais bien à une dérive financière de l’Université causée par le courant de privatisation qui pollue nos institutions publiques. L’administration en place a pensé que l’UQÀM pouvait espérer réaliser des revenus provenant d’activités immobilières de nature commerciale parce que les administrateurs et les gestionnaires qui la dirigeaient étaient convaincus que des établissements du secteur public pouvait performer suivant les mêmes critères et paramètres que le secteur privé, alors que le personnel de cette université n’avait aucune compétence et connaissance dans le domaine des services privés. Puisque là est l’erreur, ce sont donc les conditions qui ont conduit à cette erreur qu’il faut corriger.
Les universités vont mal depuis que les gourous de l’entreprise privée ont voulu montrer au milieu universitaire comment se gérer, depuis que les professeurs des écoles de gestion de nos universités inventent des bidules pour transformer ce qui est public en privé, depuis que des chercheurs universitaires contaminent les gestionnaires publics au CIRANO, à l’IEM et à l’IGOPP. Les universités récoltent tout simplement ce qu’elles ont semé dans leurs écoles de gestion, à savoir que le secteur public doit être géré comme le secteur privé pour être performant. Selon ces savants chercheurs de la nouvelle économie où tout doit être privé pour être performant, lorsqu’on veut administrer les institutions du domaine public comme le secteur privé, on commence par nommer des administrateurs provenant du secteur privé, pensant que cela va changer la nature de la bête, l’étape suivante étant la rémunération des administrateurs. C’est une des recettes proposées par l’IGOPP.
Comment des personnes plus intéressées par la notion de profit et de retour sur l’investissement peuvent-elles administrer les universités alors que le domaine public devrait être plus préoccupé par les notions de service public et de gestion performante des centres de coûts ? C’est d’ailleurs la façon dont Claude Corbo et son équipe géraient l’UQÀM avant l‘arrivée de Roch Denis. C’est sur ce terrain que Claude Corbo veut ramener l’UQÀM. Qu’on lui en donne les moyens en éliminant les éléments indésirables qui ont conduit à cet échec ! Il n’est pas nécessaire d’être un devin pour voir que l’UQÀM a un urgent besoin d’une purge des intrants privés qui l’ont contaminée.
L’UQÀM n’est pas un hôtel, une épicerie ou un entrepreneur immobilier, elle est une université ! Le choix des administrateurs et des gestionnaires devrait donc être cohérent avec cet état de fait. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas mieux gérer les universités. Cela veut dire qu’imiter le privé, comme l’UQÀM l’a fait avec les résultats que cela a donnés, n’est pas une solution. Une fois qu’on en a pris conscience, il faut éliminer les intrants qui ont causé la déconfiture de l’UQÀM et recommencer là où elle était rendue avant qu’elle se jette dans cette entreprise de nature privée, cette aventure qui l’a conduite au gouffre financier. Le gouvernement doit donc redonner à l’UQÀM les moyens de réinventer l’Université comme elle le fait depuis sa fondation … et exiger en retour plus de rigueur de la part de ses administrateurs et gestionnaires.
Louis Lapointe
Brossard
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

8196$ 41%
|
Pour contribuer en ligne
|