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Votre article démontre bien que les gestes de souveraineté sont depuis toujours un élément légitime du fédéralisme. C’est dans la nature du régime que les forces décentralisantes se mobilisent pour défendre leur intérêt et qu’en contre-partie, ces forces soient constamment ré-équilibrées par les gestes centralisateurs d’Ottawa. Pour tout geste de souveraineté, on compte un geste centralisateur qui dépouille le Québec de ses pouvoirs. Qu’il suffise de penser à l’envahissement fédéral du domaine de l’éducation et de la santé (chaires de recherches,etc.), des travaux publics (programmes d’infrastructures) et ainsi de suite. Au final, les "gestes de souveraineté" ne seraient qu’une nouvelle appellation recouvrant de vieilles réalités, une longue continuité. Peut-être une façon d’amorcer un retour de balancier, une façon de reprendre quelque peu l’initiative.
Il faut reconnaître que les Québécois sont sur la défensive depuis un bon moment quant à la défense de leurs droits. Ils ont réagi en ordre dispersé et dans la désunion à la reconnaissance de la nation par Harper, cherchant quelque part un leadership absent. Pendant ce temps, les ténors du fédéralisme ne ratent jamais une occasion de semer le doute sur la légitimité d’une pratique plus musclée du fédéralisme, ce que semble préconiser Mme Marois. Ils ont poussé les souverainistes dans les câbles, ces derniers semblent réduits à justifier leur projet, à le vendre dans les termes du fédéralisme.
Car comprenons-nous bien, il faut se garder de prendre des vessies pour des lanternes. Les gestes de souveraineté dont on parle ne sont pas la souveraineté et la souveraineté n’est pas au bout de ces gestes. Ce qu’il y a au bout de ces gestes c’est de la déception et un sentiment d’impuissance accru, contribuant une fois de plus à la fatigue politique nationale. L’histoire est tenace. Pour peu que le cadre politique et historique demeure inchangé, la répétition des mêmes gestes conduit aux mêmes résultats.
À cet égard, vous avez mille fois raison, monsieur Bernard, de pointer vers ce qui pourrait être porteur d’avenir : l’orientation stratégique. Ce n’est pas la politique dans le régime qui fera la souveraineté mais la politique sur le régime.
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