Un ami m’en avait parlé ce matin, mais j’avais peine à y croire. Puis, en soirée, déambulant sur la rue Saint-Denis, Je les ai vues de mes propres yeux. Ce sont des affiches électorales uniques en leur genre. Unilingues anglaises, elles invitent les passants à appuyer le candidat libéral de Papineau, Justin Trudeau. Au centre se trouve un grand drapeau canadien flottant dans le vent au dessus d’un fleurdelisé plus petit, à l’envers et en flammes. De part et d’autre sont disposées une photo de Pierre Elliott Trudeau et une autre de son fils Justin. Enfin, on peut lire au bas de l’affiche « Vote Trudeau for a United Canada ».

La mention légale « Autorisé et payé par l’agent officiel de Justin Trudeau » ne s’y trouve pas, ce pourquoi on peut s’attendre à ce que le candidat libéral de Papineau soutienne que ces affiches ne proviennent pas de son organisation. N’empêche que la facture très soignée desdites affiches et le traitement franchement irrespectueux réservé au drapeau du Québec donne un bon aperçu du genre de personnes que la candidature de Trudeau motive. En voyant ces affiches, on ne peut que penser au congrès au leadership du PLC, en décembre 2006, lorsque Stéphane Dion est parvenu à l’emporter au quatrième tour de scrutin en rassemblant les opposants à la reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise, dont Justin Trudeau.
Encore mercredi dernier, sur les ondes de l’émission Ados-Radio de Radio-Canada, le jeune Trudeau avait bien du mal à cacher son inconfort face au concept de nation québécoise, affirmant que pour lui, faire ainsi une distinction entre les Québécois et les autres Canadiens n’était qu’une source de « division » mais que maintenant que c’était fait, il fallait « passer à autre chose ». On comprend fort bien par là qu’il faut à ses yeux maintenir la motion conservatrice adoptée en ce sens au Communes à son état actuel de coquille vide sans conséquences législatives et juridiques aucunes. Ses déclarations récentes sur la paresse des unilingues suintent le même travers inquiétant : un trudeauisme intégriste intransigeant dont les Québécois n’ont que faire en 2008. La bloquiste Vivian Barbot saura-t-elle nous en garder ? La balle est maintenant dans le camp des électeurs de Papineau.
Christian Gagnon
Montréal


