Il y a souvent une fuite par où s’échappent nos convictions, pour le NPD c’est bien évidemment sa position sur la question nationale québécoise. C’est là que par le plus pur électoralisme, le parti renie ses valeurs et son engagement. C’est ce qui différencie un adversaire d’un ennemi, le NPD a rejoint les rangs des ennemis du Québec libre. Pas étonnant avec le contrôle médiatique de la propagande là-bas. Le NPD se soumet.
Mais le plus grave est que QS se soumet aussi et est ouvertement ami de ce parti.
La place qu prend QS, en s’affichant aussi indépendantiste, est centrale, elle confronte le PQ sur ce qui a rendu, plus que l’indépendance encore, le parti fort. Voilà une chose qui n’aurait pas dû être sous-estimée. Et qui ne doit plus l’être, parce que c’est en grande partie ce qui engage la souveraineté vers un recul majeur, ce qui a permis cela et l’amplifie. Et maintenant ON se joint à la troupe.. même si elle, elle risquerait, si elle décidait d’exister pour longtemps, de trouver pour amie une certaine droite économique-nationaliste (mais dont les intérêts du peuple ne seraient pas la vocation, on s’en doute).
Toujours est-il que tout ça représente un écartèlement de la mouvance indépendantiste, une dissolution. Et certains pensent qu’il redevient possible de se reconstruire comme ç’a déjà été fait dans le passé, politiquement. Mais pour exister, ces deux partis doivent miser, CRÉER, ce qui les différencie du PQ.. pour QS, il est question de valeurs sociales très humanitaires (ce qui l’empêche de s’unir au PQ, ce parti est devenu un ennemi, une bête méchante, et c’est ce qu’ils disent à la population) de plus, l’indépendance n’a jamais été au coeur du débat, à part celui populiste.. celui de dire « en plus » on se donnera un beau pays, c’est un beau projet pour un beau peuple responsable..
Dans la vision de Khadir, l’indépendance devient à peu près « une récompense »... qui sait si ce n’est pas, entre autre, ce qui a inspiré la réflexion célèbre de Bourgault.
Patrick Diotte

