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L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires
Martin Lavallée
Tribune libre de Vigile
samedi 4 février 2012      563 visites      5 messages


L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires

Lors du mouvement Occupons Montréal de l’automne dernier, il fut surprenant de constater qu’un mouvement québécois agissant au sein de la métropole de la nation québécoise de langue française soit autant bilingue, alors que la majorité des indignés étaient francophones. On en tira la conclusion que c’était probablement dû au fait que le mouvement était mondial et que les contestataires - refusant d’affirmer leur idiome national - craignaient que leur message passe moins s’il était uniquement en français.

Par contre, la situation est tout autre dans le cas de la lutte étudiante contre la hausse des frais de scolarité. Cette lutte touche uniquement le Québec. Or, quelle ne fut pas la surprise, ce jeudi 2 février, de constater la poignée d’étudiants anglophones de McGill et Concordia venir chanter et scander des slogans en anglais à l’UQÀM, afin d’inviter les étudiants à faire preuve de solidarité avec eux dans la lutte. Pourtant, s’il est une université où les étudiants sont revendicateurs et n’ont pas besoin d’invitation pour manifester, c’est bien l’UQÀM ! Les quelques étudiants de McGill et de Concordia ont quand même tenu à inviter les étudiants de l’université à faire preuve de solidarité et à lutter avec eux. Bonne initiative en soi.

Mais là où le bât blesse, c’est lorsque cette poignée d’étudiants - dont la plupart proviennent du Canada ou des États-Unis - ne daigne même pas s’adresser aux étudiants de l’UQÀM dans leur langue, qui est la langue nationale des Québécois. Ça explique probablement le peu d’enthousiasme qu’a suscité leur mini-manifestation chez les étudiants de l’UQÀM. Pire, et d’autant plus paradoxal, est que ces étudiants ont distribué des tracts bilingues à prédominance anglaise sur lesquels était écrit que les langues et les cultures divisent les luttes communes. Or, que fait cette minorité anglophone en refusant de s’intégrer à la majorité étudiante francophone du Québec et en persistant à imposer l’anglais, si ce n’est que de diviser le mouvement ?

La lutte contre la hausse des frais de scolarité est une lutte on ne peut plus légitime. Une lutte visant à protester contre un projet du gouvernement Charest qui va à l’encontre de l’esprit démocratique nécessaire à l’éducation supérieure, tel que le stipulait le rapport Parent en 1964. Par contre, cette lutte est une lutte nationale, la lutte des étudiants ( et de tous les membres de la population qui désirent y prendre part ) appartenant à la nation québécoise de langue et de culture françaises. La minorité étudiante anglophone, en refusant de s’intégrer à la majorité francophone du Québec et en tentant d’imposer sa langue à cette même majorité, contribue à la division de la lutte contre la hausse des frais.

Ce qui est ironique dans toute cette histoire, c’est que des étudiants anglophones qui se disent de gauche, qui luttent pour une meilleure répartition des richesses et qui luttent contre l’impérialisme planétaire, ne se rendent pas compte du caractère intrinsèquement impérialiste de la langue anglaise sur la planète, et particulièrement au Québec. En tentant d’imposer la langue majoritaire nord-continentale au sein d’un mouvement national du seul peuple francophone d’Amérique, ces étudiants anglophones minoritaires au Québec - auquel la réalité québécoise semble échapper - participent du même genre d’impérialisme que ceux-là même qu’ils dénoncent à l’échelle mondiale. Au lieu d’être un impérialisme économique, le leur est linguistique.

Martin Lavallée Étudiant à l’UQÀM




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Vos commentaires:
  • L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires
    4 février 2012, par Daniel Roy, C.A.

    Excellent commentaire. Si j’avais été à cette manifestation, j’aurais exigé de ces Anglais qu’ils manifestent dans la langue officielle, nationale et commune du Québec. Il faut dire qu’il y a peu de gens qui ont ce courage. Pour ne pas me vanter, je dirais que je le fais plutôt parce que je suis écoeuré de l’impérialisme anglo-saxon. La Fédération étudiante est la première coupable en ayant commencé récemment à afficher ses communiqués sur Facelivre et ailleurs bilingues, et ce malgré nos plaintes. Cela prendra une révolution dans nos têtes pour changer les choses.


  • L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires
    4 février 2012, par Daniel Roy, C.A.

    Je crois que le Mouvement Montréal français et Québec français doivent durcir leurs discours. Les Québécois ne comprennent pas l’urgence de la situation. À lire les gens sur Facelivre, qui méprisent la langue française et ses défenseurs, on remarque que le message ne passe pas. Il faut certainement faire intervenir la notion de reniement de la Cour suprême et du gouvernement d’Ottawa. Il faut aller plus loin que de vouloir faire respecter l’actuelle Loi 101. Il faut clairement indiquer aux immigrants ayant choisi l’anglais comme langue d’usage que ce n’est plus acceptable. Il faut aussi laisser savoir à la minorité anglaise née au Québec, qui ne représente que 3% de la population du Québec, qu’elle ne peut s’attendre à avoir tous ses services en anglais. Il est aussi temps pour le Cap sur l’indépendance de changer de nom pour la Coalition pour l’indépendance, et qu’elle prenne enfin position sur la façon politique de nous sortir de l’impasse. Cela prend une véritable coalition de toutes les forces vives du Québec pour dénoncer les fédéralistes et expliquer que CAQ n’est rien d’autre qu’un PLQ. C’est le temps de renier l’autorité de la Cour suprême du Canada et du gouvernement d’Ottawa. C’est le temps de sortir Ottawa du Québec.


  • L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires
    5 février 2012, par K

    J’habite dans la partie du Plateau qui est communément appelé ghetto McGill , tout les jours je constate le mépris envers les francophones de la part de ces rejetons de colonisateurs nostalgiques du British Empire.
    Quand il est écrit sur le site de McGill University que les montréalais sont bilingues, ce qui veut dire entre les lignes de ne pas se forcer pour parler français.
    Les seuls qui parlent ou essayent de parler français sont des Américains qui le font avec fierté , alors que pour les autres c’est avec dédain qui regardent ceux qui osent leur adresser la parole en français.
    Malgré le fait que des études universitaires prennent un minimum de 3 ans , la majorité de ces étrangers se foutent totalement que le français est la langue parlée par les Québécois ,en refusant de parler français.

    Généralement,
    quand l’Américain retournera dans son pays ; il dira avec fierté qu’il a appris a parler le français, même s’il s’agit que quelques phrases rudimentaires ;
    alors que l’autre qui retournera dans le ROC ou dans son ancienne colonie britannique, dira avec fierté qu’il n’a pas dit un seul mot de français pendant son séjour au Québec pour tenir tête aux séparatistes.


  • L’impérialisme anglo-saxon chez les étudiants contestataires
    7 février 2012, par David

    Martin Lavallée ne semble pas avoir compris le but de la manifestation. En effet, celle-ci visait à sortir la lutte étudiante de son esprit franco-centriste. Par ailleurs, il devrait savoir que la manifestation s’est tenu dans différents cégeps et universités tant francophones qu’anglophones. De plus, l’organisation de l’évènement en soi fut le fruit d’une collaboration entre divers individus de langue française et anglaise. Je comprend que l’auteur soit déçu que le français ne soit pas l’unique langue employée lors de l’évènement. Puisque son intérêt pour la défense de la langue française sert son projet nationaliste. Ce faisant, l’auteur fait preuve d’un chauvinisme et d’une étroitesse intellectuelle.


  • Étroitesse intellectuelle
    10 février 2012, par Louis Préfontaine

    Je viens de lire le commentaire de « David » qui considère comme étant de l’étroitesse intellectuelle que de réclamer le respect de la langue nationale et l’utilisation d’une langue qui nous unit.

    À mes yeux, l’étroitesse intellectuelle constitue plutôt le fait de faire un événement soi-disant rassembleur et collectif qui méprise notre langue.

    Pourquoi moi, citoyen québécois, appuierais-je les étudiants, dans une cause à laquelle j’adhère, si ces étudiants ne respectent même pas ma langue ?

    La FEUQ devrait retourner à ses devoirs. La langue nationale et commune au Québec, c’est le français. La FEUQ devrait favoriser l’apprentissage et l’intégration des anglophones et des allophones dans notre langue en s’adressant à eux uniquement dans la langue nationale.

    Sinon, à quoi bon s’investir dans un projet clientéliste qui méprise nos valeurs collectives ?









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