S’inspirant des incidents qui ont éclaté à Téhéran, la romancière Cassandre Caroline Moreno a imaginé que des incidents ont éclaté au Québec le soir du référendum de 1995. Je suis en gros d’accord avec la critique virulente de Luc Archambault. J’y ajouterais que la certitude du référendum volé n’est venue qu’après les livres de Robin Philpot et Normand Lester, ce qui fait que la fiction de Caroline Moreno perd de sa vraisemblance car elle est basée sur un anachronisme.
Mais le paradoxe d’une oeuvre de création, c’est que même si tu es en désaccord avec son propos, elle peut t’inspirer car elle met en branle ton imagination.
La parution du texte de Caroline Moreno a coïncidé avec une émission de RDI sur la guerre des six jours gagnée par Israël. Le soir de la défaite, devant l’humiliation subie par les Egyptiens, Nasser a démissionné. Or le peuple égyptien a protesté avec une telle énergie et exigé avec une telle affection le maintien en poste de Nasser que celui-ci a retiré sa démission.
Vous me voyez venir. Le soir du référendum, si le peuple québécois était descendu dans la rue par milliers partout au Québec pour montrer son admiration et son affection pour Jacques Parizeau et pour réclamer qu’il retire sa démission, celui-ci serait resté Premier ministre du Québec. L’histoire du Québec aurait été changée. On aurait eu une autre politique que la lutte au déficit de Lucien Bouchard et les fusions municipales forcées qui ont divisé les Québécois.
Cette pensée de ce qui aurait pu advenir et qui est beaucoup plus de la politique-fiction que les pneus brûlés de Caroline Moreno, j’avouerai qu’elle me plonge dans un état de colère et voici pourquoi.
Le dénigrement systématique des chefs souverainistes par les adversaires de l’indépendance, ce que j’ai appelé du character assasination, nous empêche de les aimer comme ils le méritent. Inconsciemment, même les indépendantistes intègrent les propos diffamatoires tenus à leur endroit. Par exemple, les oppositions réelles ou exagérées entre Jacques Parizeau et Lucien Bouchard qui ont fait les choux gras de la perfide et mesquine Lysiane Gagnon nuisaient à l’unité des forces indépendantistes.
Ainsi, le soir du référendum qui émoustille tant Caroline Moreno, qu’entendions-nous à la télévision ? On entendait l’engeance fédéraliste se scandaliser des propos de Jacques Parizeau expliquant la défaite par “l’argent et des votes ethniques”, ce qui est rigoureusement exact, comme cela a été abondamment prouvé par l’existence illégale d’Option Canada, le financement illégal du Love In, les milliers de votes pour le NON d’immigrants dont on a accéléré le processus d’accession à la citoyenneté, le vote massif ethnique des anglophones et assimilés pour le NON.
On entendait à la télévision le soir du 3o octobre 1995, Bob Rae (dont le frère est sur le conseil d’administration de Power Corporation) traiter Jacques Parizeau d’ivrogne comme le fait le caricaturiste à solde Serge Chapleau dans son émission Et Dieu créa Laflaque.
Merci Carline Moreno de m’avoir poussé à imaginer ce qui aurait pu être si on avait appuyé Jacques Parizeau comme il le méritait le soir du référendum et qui porte beaucoup plus à conséquence (admettez-le) du point de vue de l’histoire du Québec que les “incidents” que vous auriez souhaité, comme l’écrit Luc Archambault : “romancière, elle a besoin d’émotions fortes aussi artificielles que vaines”.
Quant à la réflexion sur les causes d’une telle apathie (une apathie qui vous horripile), j’ai commencé à l’expliquer et il faudra approfondir comment peut nous nuire le portrait que nos adversaires font de nos porte-paroles. Ainsi dans son dernier texte sur “Les militants se rallient au plan Marois” Denis Lessard trouve le moyen de terminer son article en dénigrant vicieusement le candidat péquiste Paul Crête qui ayant été élu six fois comme député du Bloc québécois reçoit une pension du fédéral “qu’il devrait justifier”. Pourquoi on se le demande, puisqu’elle lui est due. Dans une lutte serrée, ce genre d’argument adéquiste peut nuire au candidat péquiste. Denis Lessard, ce journaliste de combat camouflé sous le masque de journaliste d’information, le sait et termine ainsi son article dans le but d’influencer le vote en faveur du candidat qui est Président du Parti libéral du Québec, Jean D’amour. En terminant, j’emploierai la technique Lessard en citant un article du Quotidien.
Mise à jour le 5 mars 2009 à 10h04
Jean D’Amour plaide coupable
Une condamnation qui arrive à un bien mauvais moment pour Jean D’Amour, pressenti comme futur député du comté de Rivière-du-Loup.
L’ancien maire de Rivière-du-Loup et président du Parti libéral du Québec, Jean D’Amour n’a plus de permis de conduire. Le 19 décembre dernier, M. D’Amour a plaidé coupable à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies et a été condamné la journée même. Une nouvelle rendue publique le mercredi 4 mars qui a eu l’effet d’une bombe dans la région.
C’est le 24 septembre dernier que le président du Parti libéral du Québec a été intercepté à Québec, à la suite d’un souper avec des amis. M. D’Amour a alors été arrêté et conduit au poste de police du Service de police de la Ville de Québec. Son taux d’alcoolémie était alors supérieur à la limite permise par la loi de 0.08 mg/L.
Rejoint par Info-Dimanche le mercredi 4 mars en début d’après-midi, Jean D’Amour ne s’est pas défilé. La voix basse et sans le timbre énergique qu’on lui connaît, l’homme dit regretter son geste. « C’est un geste que, si je pouvais revenir en arrière et ne pas commettre, évidemment que je le ferais. Malheureusement, j’ai commis une erreur et je l’assume. Je regrette, je suis déçu de ce que j’ai fait et j’en retire une grande leçon », souligne le politicien.
M. D’Amour ajoute qu’il s’agit là d’un comportement en totale contradiction aux valeurs qu’il tente de transmettre à ses quatre enfants. Mais au-delà du repentir sincère, Jean D’Amour n’est pas du genre à baisser les bras. « J’ai 45 ans, ma vie continue. Je travaille pour BPR et je suis toujours le président du Parti libéral. Au moment de l’incident, j’ai avisé le premier ministre et j’ai toujours son appui », ajoute-t-il. L’ancien maire de Rivière-du-Loup affirme que cela n’influencera en rien sa décision de prendre part ou non lors de l’élection partielle qui aura lieu dans le comté de Rivière-du-Loup.
COMMUNIQUÉ
Par voie de communiqué, le président du PLQ a aussi déclaré : « J’ai commis une erreur en septembre dernier que je regrette au plus haut point, encore aujourd’hui. J’assume entièrement mes gestes et en accepte les conséquences. Je suis profondément désolé pour tous les gens et mes proches qui ont pu être déçus par cette histoire », a écrit M. D’Amour.
SENTENCE
M. D’Amour a été condamné à verser une amende de 1 200 $ en plus de voir son permis suspendu pour une période d’un an. De plus, il lui a fallu attendre trois mois avant d’obtenir un permis restreint et de voir son véhicule équipé d’un dispositif de détecteur d’alcool.
Selon nos informations, Jean D’Amour doit se présenter à nouveau en cour le 20 mars prochain. Une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies entraîne systématiquement l’ouverture d’un dossier criminel.
Maudite boisson.
Robert Barberis-Gervais, Longueuil, 14 juin 2009
