Comme tout bon souverainiste qui se respecte, comme tout bon militant, je suis encore une fois, démocratie oblige, sollicité pour financer le Bloc.
Cette interpellation m’amène à faire la réflexion suivante avant de décider de m’engager de nouveau, car un parti souverainiste ne commande pas le même genre de militantisme, n’est-ce pas ?
La déconfiture électorale du grand frère péquiste et le vieillissement du frère bloquiste à Ottawa suscitent chez moi un questionnement de fond.
Les militants favorables à l’indépendance du Québec, purs et durs, moins purs, plus mous, jeunes et moins jeunes, de droite, de centre, de gauche, ne devraient-ils pas se poser les questions suivantes ?
1. Devrait-on continuer à donner de notre temps et argent au Bloc et au PQ tout en ne sachant pas clairement si pour les dirigeants de ces partis, l’indépendance est LA priorité, avant, pendant et après les élections ?
2. Comme fervents militants, devrait-on demander aux dirigeants du Bloc et du PQ de se brancher sur le « 220 » de l’indépendance nationale en participant activement dès aujourd’hui, et ce, jusqu’à après l’accession à l’indépendance, à une large coalition souverainiste ?
Coalition souverainiste :
qui expliquerait pourquoi il faut que le Québec devienne un pays,
qui s’organiserait pour contrer aujourd’hui et demain les assauts fédéralistes,
qui, en quelques mots, ferait réellement la promotion de la souveraineté du Québec, préparerait l’indépendance et redonnerait espoir aux Québécois !
En d’autres mots, s’inspirer de la période « militante » 1992/ 1995 plutôt que de la période « en attente » 1995/2007 !
Si la réponse des dirigeants du Bloc et du PQ, et surtout leurs gestes et actions, s’avéraient négatifs, c’est-à-dire, en continuité avec la période 1995/2007, période merveilleuse pour les fédéralistes, période où le Québec s’est fait manger la laine sur le dos, alors, ne faudra-t-il prendre la décision suivante :
Se retrousser les manches, se mettre à l’ouvrage, se tenir debout et refonder un seul vrai parti indépendantiste plutôt que deux partis plus ou moins souverainistes.
Georges Le Gal

