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Un événement tragique s’accompagne toujours d’une ou de réactions hystériques. C’est tout ce qu’il y a de plus normal. Ainsi pouvait-on voir, la journée du drame de Dawson, des étudiants en larmes, des parents affolés et des journalistes au visage de marbre dans les différents médias télévisuels. Par contre, ce qui a le plus frappé dans cette tragédie, après la mort d’une adolescente, c’est la réaction d’une journaliste du Globe & Mail. Vous avez deviné, c’est bien de Mme Wong dont il s’agit ici.
Son article a soulevé un tollé incroyable. Si bien qu’elle s’est retrouvée devant les projecteurs, remisant la vraie tragédie dans un placard. La journaliste subit des attaques de toutes parts depuis la parution de son article : politiciens, journalistes, lettres d’opinion, etc. Tout le monde s’entend sur un point : son article allait trop loin.
Pourtant, elle n’a pas tout faux. Du racisme, il y en a. La complaisance nous fait croire que notre société est inclusive, respectueuse et multiculturelle. La banalisation du racisme est partout, jusque dans notre propre tête. Par exemple, lors des émeutes des banlieues, en France, combien d’entre nous ont sauté sur l’occasion pour se comparer et se consoler ?
Or les immigrants, ici comme en France, sont difficilement acceptés sur les lieux de travail. On préfère engager des « gens de chez nous ». Sans s’en rendre compte parfois. La sélection se fait inconsciemment chez certains. Pour d’autres, elle est consciente et acceptée. N’avez-vous jamais entendu un de vos patrons admettre ne pas vouloir d’immigrants ? Bien sûr, aucune entreprise n’a le droit, légalement, de refuser une personne selon la couleur de sa peau ou sa provenance. Le problème n’est pas légal, il est intériorisé par le personnel de l’entreprise.
Pour en revenir à l’article de Wong, le problème n’est pas là où elle dénonce le racisme ou l’exclusion. Elle a raison. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’elle distingue le Québec du reste du Canada par ce problème qu’elle attribue, chose plus choquante encore, au fait français.
De la façon dont elle en parle, le problème d’exclusion est exclusif au Québec ( !) et les tueries sont plus fréquentes ici en raison des lois protégeant notre langue. D’emblée, elle considère le problème comme étant de nature raciale. Comme pour en rajouter, elle attribue trois différentes tueries au même problème. La journaliste - sans vouloir porter atteinte à ce titre en l’attribuant à Mme Wong - établit des liens si complaisants qu’elle devient elle-même partie prenante du problème qu’elle tente de dénoncer.
Si vous faites un tour du Québec, vous verrez aussi que dans certaines villes, la langue anglaise est un facteur plus qu’important d’acceptation. Si vous allez dans certains lieux du ROC, vous comprendrez aussi que ce problème n’est pas exclusivement québécois. Le lien qui est établi entre le degré d’intégration des immigrants au Québec et la folie qui pousse un jeune homme à décharger son arme sur des étudiants me semble extrêmement réducteur.
Finalement, le problème de l’exclusion et celui du racisme en demeure un éminemment complexe. L’évoquer aussi facilement que le fait Mme Wong, sans même tenter d’expliquer plus profondément ses conclusions, représente une accusation tordue d’une société complète.
Bel essai, Mme Wong, mais dénoncer l’exclusion en la pratiquant, c’est très, très bas.
Xavier Dionne
Montréal, le 21 septembre 2006

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