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« Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. »   Bernard Frappier Vigile.net
             
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“Le Canadien français et son double” (chapitre 5)
L’excellence individuelle camoufle l’échec collectif
La culture pancanadienne est une évasion hors de notre québécité : elle s’est délestée de cette solidarité qui fonde les cultures nationales.
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
lundi 3 août 2009      203 visites      2 messages


“Le Canadien français et son double” (chapitre 5) de Jean Bouthillette

Extraits par Robert Barberis-Gervais

“Dépersonnalisation

“Le dédoublement de la personnalité. en même temps qu’il attisait en nous le refus de l’Anglais, nous amenait non moins inconsciemment à le considérer comme un père nourricier sans lequel nous ne sommes ni ne pouvons rien (...)

Le refus se double donc d’un secret consentement à l’Anglais.

(C’est cette ambiguïté qui est à la source de l’opportunisme politique de notre “bourgeoisie” traditionnelle, qui fut - et est encore- à la fois nationaliste et “collaboratrice”, son instinct de survie lui commandant à la fois, pour se tenir en selle, de flatter le peuple par des slogans autonomistes et de rassurer l’Anglais en l’assurant de notre docilité. Le dédoublement de la personnalité a conduit tout naturellement au double jeu politique, caractéristique des peuples dominés. (...) Tiraillé entre le refus et le consentement, le nationalisme traditionnel ne pouvait conduire à une libération nationale.)” (...)

“Avec la génération d’après-guerre, le Canadien français, par voie de la réalité socio-économique moderne, accède au présent. (...) Revenu d’exil, Il liquide son passé, rejette le nationalisme traditionnel dont il fustige l’irréalisme et stigmatise l’échec sur tous les plans, et projette sa nouvelle image dans une réalité canadienne globalement consentie. Le reprise canadienne-française loge désormais à l’enseigne de l’intégration lucide et franche au système perçu comme juste et raisonnable.” (...)

“Accéder au présent par la logique du système, c’est considérer la Conquête comme événement statique, c’est-à-dire qui a épuisé ses effets historiques, et faire de 1867 l’avènement dynamique d’une émancipation qu’a seul stérilisée le nationalisme traditionnel. La logique du système nous fait ainsi accéder à une fausse - et mauvaise- conscience de nous-mêmes : en croyant nous reprendre, nous nous repoussons.” (...)

“Refus de soi et refuge dans l’universalisme abstrait constituent la trame irrationnelle de notre seconde idéologie traditionnelle, ce pancanadianisme dépersonnalisé qui, sous les extérieurs d’une ouverture à l’autre et au monde, est secrètement une fermeture à soi. Loin de mettre un frein à la chute de notre identité, il en est la seconde forme d’expression.

Le pancanadianisme dépersonnalisé n’est donc pas une récupération de notre être mais un déracinement de la sensibilité canadienne-française. Avec le Moi, c’est la culture qui se décolle du terreau collectif et devient tour d’ivoire, richesse de l’esprit cultivée pour elle-même, produit sans patrie et à l’usage de l’individu émancipé. La culture pancanadienne est une évasion hors de notre québécité : elle s’est délestée de cette solidarité qui fonde les cultures nationales.

Le même processus de désolidarisation s’exerce dans notre vie socio-économique : le pancanadianisme dépersonnalisé compense l’échec de la collectivité par une surévaluation des vertus individuelles. C’est ainsi que l’excellence s’insinue en nous comme la condition de notre existence. L’Anglais est plus qu’à concurrencer : il nous faut lui être supérieurs. (Commentaire : penser au gala de l’excellence de “La Presse” qui revient chaque année.)

“Nationalisme traditionnel et pancanadianisme dépersonnalisé sont contraires, mais comme deux angles opposés par le sommet. Si, idéologiquement, ils se séparent, psychiquement, ils ne font qu’un. (...)

A la mélancolie orpheline du nationalisme traditionnel répond une sérénité orgueilleuse qui cache mal un stoïcisme désespéré.

Le pancanadianisme dépersonnalisé est la seconde forme d’expression idéalisée de notre échec historique.”

Robert Barberis-Gervais

Longueuil, 3 août 2009




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Vos commentaires:
  • L’excellence individuelle camoufle l’échec collectif
    3 août 2009, par MichelG

    L’utopisme fédéraliste qui ne trompent que les fédéralistes scisionnés du Québec

    des deux langues

    des deux nationalités,

    des deux religions,

    des deux gouvernements nationalistes

    des deux cultures

    des deux mères patries

    des deux visages à deux faces

    des deux tendances politiques

    des deux systèmes économiques

    des deux idéaux internationaux

    des deux systèmes juridiques

    des deux histoires patriotiques

    des deux drapeaux,

    des deux hymnes nationales

    des deux capitales nationales

    des deux métropoles

    Etc......

    Les fédéralistes mentent , se mentent et nous mentent car ils sont des voleurs commandités, des menteurs invétérés et des tueurs contre leur propre nation Québecoise

    Toute leur option canadian est mensongère pour visage à deux faces


  • L’excellence citoyenne individuelle veut participer à notre succès collectif.
    3 août 2009, par Luc Archambault
    Dans la même veine... De la lutte contre les fallacieuses inepties du nihilisme postnational À LIRE ABSOLUMENT Deux répliques à : Jimmy Lee Gordon - Étudiant à la maîtrise ès lettres à l’Université McGill « Les dangers du nationalisme » Le Devoir (Opinions)- Vigile - 2009 07 30 Vigile-2009 08 03-Siegfried L. Mathelet - Le Devoir (Opinions)-Réplique à Jimmy Lee Gordon-Inepties du nihilisme postnational « Après avoir tenu le (...)

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    - Vigile-2009 08 03-Siegfried L. Mathelet - Le Devoir (Opinions)-Réplique à Jimmy Lee Gordon-Inepties du nihilisme postnational

    « Après avoir tenu le nationalisme québécois responsable d’une «  constipation intellectuelle  », M. Gordon entend pourtant nous en débarrasser par une diarrhée d’inepties qu’il nous faut dénoncer. » Siegfried L. Mathelet-Doctorant en philosophie UQAM / Université catholique de Louvain

    - Vigile-2009 08 03-Jocelyn Parent-Réplique à Jimmy Lee Gordon-La lutte aux anti-nationalismes

    « ... considérer le nationalisme comme une maladie s’avère, pour le moins, une faillite personnelle et intellectuelle de ces personnes. Combien parmi elles sont à ce point cohérentes avec elles-mêmes pour prôner l’abolition des frontières étatiques et la fin de l’intervention des États dans leur société. » Jocelyn Parent, étudiant au baccalauréat en Science politique à l’UQÀM

    Un vent nouveau se lève

    JPG - 32 ko

    La mobilisation citoyenne est sans cesse grandissante. À chaque coup porté deux répliques et plus encore surgissent. M. Bernard Landry a raison... nous sommes face à une véritable et inexorable progression.

    «  Une progression inexorable  »-Bernard Landrywww.cyberpresse.ca (opinions) 3 août 2009 - Vigile

    « ... quand le sentiment d’appartenance s’ajoute à la rationalité, s’amorce une convergence décisive. Je crois que nous allons la voir se concrétiser de plus en plus .

    (...) On voit que le temps consolide l’amour de la patrie et du pays du Québec, appelé par son vrai nom. (...) C’est comme Québécois que nous nous identifions massivement aujourd’hui. »

    [ Il semble que M. Landry nous lise dans Vigile ]

    Après le MOULIN à IMAGES, avec bientôt le MOULIN à PAROLES pour commémorer la bataille du 13 septembre 1759, vient la farine et le pain quotidien de la mobilisation citoyenne irrésistible. Le levain fait son oeuvre et gonfle la pâte, d’autres fendent du bois et chauffent le four.

    La fin du deuil et de la morgue post-référendaire

    La canadianisation du 400e de Québec, la célébration de la fondation de notre foyer national initial, signe la fin du deuil et de la morgue post-référendaire. Le coup de grâce qu’ont voulu nous porter les canadianisateurs a fait long feu.

    - Sir Paul a brandi notre seul drapeau national pestiféré lors de ces fêtes ;
    - Les artistes ont fait la fête à la Art-Peur qui a été battue par le Bloc québécois ;
    - Un tollé général et l’action véhémentes de la jeunesse a fait reculer la CCBN ;
    - Sarkozy a dû s’adresser à nos chef(fe)s d’égal à égal ;
    - Notre jeunesse étudiante et doctorante sonne la charge et réplique aux coups.

    Ne reste qu’à formaliser l’UNION citoyenne et politique de nos forces...

    L’excellence citoyenne individuelle veut participer à notre succès collectif.

    Voir :

    - Vigile-2009 07 31-Yves Côté-La soupe est chaude...


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