Peu importe la valeur réelle des derniers sondages et des pourcentages précis d’appuis ou de non appui, l’ADQ-Equipe Mario Dumont baisse dans la faveur populaire.
Les analystes politiques expliquent cette baisse de diverses façons. Aucun d’entre eux ou elles n’a donné la raison que voici.
Mario Dumont a manqué le bateau quand il a refusé de s’associer à Pauline Marois pour que son projet de loi sur la citoyenneté québécoise soit discuté, amendé et voté. Ce projet de loi reprenait l’essentiel du programme de l’ADQ sur la promotion de l’identité québécoise. Mario Dumont s’est servi d’un prétexte pour refuser de s’associer à la présentation du projet de loi : la non possibilité de se présenter aux élections pour ceux qui n’auraient pas la citoyenneté québécoise. Même si Pauline Marois a suggéré fortement que son projet était amendable, Mario Dumont a fait la sourde oreille.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il a eu peur de se faire voler la vedette par Pauline Marois. Ce n’est pas ce genre d’électoralisme à courte vue qui peut aboutir à faire penser aux citoyens que Mario Dumont pourrait être un chef d’Etat.
Un homme politique a eu l’occasion qui lui était offerte sur un plateau d’argent de réaliser une partie importante de son programme sur un sujet majeur : l’identité québécoise et il a refusé bêtement. Il va en payer le prix et ce prix sera élevé. Les sondages commencent à le montrer.
Comme il n’y a plus d’André Boisclair comme repoussoir, Mario Dumont va se rendre compte qu’on ne peut garder l’appui de la population en s’esquivant. En s’esquivant comme il l’a fait, nombreux se sont demandé si Mario Dumont croyait vraiment à son programme. Doute fatal en politique.
Quant à Pauline Marois, qu’elle revienne avec son projet sur l’identité québécoise au centre de laquelle se trouve la promotion de la langue française dans la société québécoise en général et en particulier auprès des immigrants dans leur sélection et dans leur intégration et on pourrait avoir des surprises... de bonnes surprises.
Se posera assez tôt la question qui intéresse de nombreux lecteurs de Vigile.net. Peut-on faire une promotion efficace et concluante de l’identité québécoise telle que proposée dans le projet-Marois dans le cadre fédéral actuel ? Je crois que non. Nous arriverons assez tôt aux limites de ce que permet la Constitution de 1982. Les Québécois le constateront et devant ce cul-de-sac, la solution apparaîtra comme le soleil qui se lève chaque matin : l’indépendance. Relisez les textes de Gérard Larose et celui de Bernard Drainville accessible sur ce site et vous en arriverez à cette conclusion.
Voyez comment les adversaires de l’indépendance Alain Dubuc et André Pratte s’énervent quand Pauline Marois parle de faire une nouvelle loi 101. Ils l’accusent de vouloir faire une crise de la langue qu’ils qualifient d’artificielle C’est un bon signe, vous ne trouvez pas ! Ce jovialisme des fédéralistes sur la langue au Québec est politique : il n’est pas basé sur des “études” ni sur la réalité.
Quant à Jean Charest, il tient à protéger son vote captif chez les anglophones et les allophones et immigrants divers. Comme il ne veut pas et ne peut pas les mécontenter, il pense que les francophones vont se laisser endormir par les propos lénifiants de Yolande James et de Christine St-Pierre à qui, n’est-ce pas, comme dirait ma grand-mère si elle était vivante, on donnerait le bon Dieu sans confession. Mais ce n’est pas ces deux ministres qui vont régler le problème du français à Montréal. Je vous reviendrai avec la liste des comtés que le Parti libéral garde captifs et qui constituent sa base électorale faite d’anglophones et d’anglophiles qui s’expriment dans les sondages comme dans les élections, ce qui explique l’incapacité de Jean Charest d’être éloquent et efficace quand il parle de la langue française. Sans oublier évidemment son déchirement intime puisque sa mère étant anglaise, John James ne peut tout de même pas renier sa propre mère. A bien y penser, il était fait pour être premier ministre du Canada bi-culturel et bilingue comme Elliott-Trudeau dont la mère était anglaise. Voyez tous les détours que je prends pour souhaiter que Pauline Marois ne fasse plus la promotion de l’anglais ni dans l’enseignement de l’histoire ni ailleurs et on peut bien le dire puisque Pauline Marois elle-même, dans une entrevue à la revue Actualité, admet qu’elle a fait des erreurs. Ne faites plus d’erreur de jugement sur un sujet aussi grave madame Marois, ne faites pas un Steve Bégin de vous-même.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 2 mai 2008
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