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« Au sein de cette majorité dominante, on se drape dans le langage des droits pour bilinguiser le Québec et ainsi empêcher la minorité que nous sommes, à l’échelle de l’Amérique du Nord, de prendre tous les moyens nécessaires pour accueillir les nouveaux arrivants en leur transmettant la langue française qui est au coeur de notre identité.  »   Louise Beaudoin - source
             
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L’empire hostile
Avec les fêtes du 400e à Québec, cette année 2008 offre le spectacle affligeant de notre mentalité colonisée
Pierre Bouchard
Tribune libre de Vigile
lundi 14 juillet 2008      465 visites      2 messages


Avec les fêtes du 400e à Québec, cette année 2008 offre le spectacle affligeant de notre mentalité colonisée. Il y a ceux qui décident, manifestement les mêmes qui décident que la fête nationale du 24 juin ne doit pas être politique (quelle bêtise). Il y a ceux qui organisent les événements et qui s’exécutent joyeusement, quelque fois avec mépris, mais toujours avec cette espèce de fausse condescendance du citoyen du monde qui voit au-delà des nationalités et des petits problèmes superficiels des petits québécois refermés sur eux-mêmes, qui n’ont jamais voyagé par exemple, ou qui ne lisent pas, qui écoutent TQS comme dirait l’autre. Cette mentalité, ce complexe de supériorité est en lui-même très méprisant pour ce que nous sommes.

Et il y a tout ceux qui, en grand nombre, assistent à tout cela dans une indifférence politique décourageante. Tout ça n’est pas grave, voyons, nous sommes là pour faire la fête. Mais que fêtent-ils donc ? "Ah que tu es tannant Pierre, pourquoi toutes ces questions ? Pourquoi ne pas juste fêter joyeusement comme on nous y invite ?" Bien justement, je retourne la question, comment peut-on bêtement suivre les directives non dites, les pressions sous-jacentes qui nous incitent à faire ceci et cela quand c’est le temps, c’est-à-dire quand on nous dit de le faire ? "C’est le 400e de Québec, il faut bien célébrer. Des puissants ont pris le contrôle et détourné le party ? C’est pas grave, le plus important, c’est de faire la fête."

Christian Rioux et Joseph Facal commentent et dénoncent cette situation, merci. Mais ils sont isolés et ça sera oublié demain. Ce sont les grands médias qui relaient la pensée unique, justement. Pourtant le journal La Presse ne parvient pas à museler Foglia par exemple, il est trop payant. Nous avons un travail herculéen devant nous mais on le voit, rien n’est impossible. Pensez aussi à Michel Vastel ou Jean-François Lisée qui ont une tribune dans le magazine l’Actualité, qui est tout sauf souverainiste. Vous souvenez-vous de l’éditorialiste Jean Paré ? Et Mme Josée Legault, qui écrit dans la Gazette je crois, et dans Voir. Quelle pensée objective et juste, claire et clairvoyante, j’admire beaucoup Mme Legault.

Que les talentueux se lèvent et continuent à se lever, montrez-vous courageusement, que ceux qui en ont l’occasion, et la position, acceptent de cesser de suivre le courant et nous parlent enfin honnêtement, dans leurs papiers, selon ce qu’ils pensent vraiment. Vous êtes au front de cette guerre des mentalités, vous êtes nos meilleurs soldats. Nous comptons sur vous, nous avons besoin de vous.

La population se trompe quelques fois bien sûr. La majorité a la légitimité pour décider et agir, mais elle n’a pas nécessairement la connaissance objective. Personne ne sait qui a raison, où se trouve la vérité, la réalité. Nous devons faire avec la démocratie, c’est l’outil le plus juste et le plus légitime. Mais il faut cesser de confondre : la majorité n’a pas toujours systématiquement raison. Quand on est chroniqueur et qu’on a un large public, la conscience citoyenne du journaliste devrait l’emporter. Conscient du rôle qu’il a dans la société, le journaliste devrait toujours dire honnêtement ce qu’il pense, et non ce qu’on lui laisse dire. Tous les journalistes diront que c’est toujours comme ça qu’ils travaillent, et on ne se s’obstinera pas là-dessus. Je crois fermement que la majorité des journalistes se veut "objective", c’est-à-dire sans opinion politique (pourtant c’est impossible à moins d’être un journaliste ignorant) mais aussi avec des sentiments "harmonisés" avec ceux du propriétaire de l’entreprise. Il faut bien vivre et la sécurité d’emploi est une réalité immédiate. Il faut vendre et il n’est pas question de s’aliéner des clients.

Je veux citer M. Laurent Grenier qui avait et a peut-être toujours son site internet : "Il faut s’abstenir de dire une vérité à un être incapable de la digérer ou de l’assimiler, parce que mal disposé ou mal préparé. Autrement, on ne réussit qu’à l’empoisonner." Il faut trouver les mots, la bonne façon de les dire. Il faut saisir les occasions, savoir reconnaître quand c’est le temps de parler. Il est toujours possible de dire les choses correctement et véritablement tout en restant respectueux des sensibilités. Je remercie M. Louis Lapointe d’inciter les gens à se battre efficacement, contre les véritables ennemis. Il est préférable de risquer de se tromper, de déraper même, quitte à présenter ensuite nos excuses. Il n’y a pas de honte à assumer nos erreurs, ce qui est honteux c’est le contraire, ne jamais admettre qu’on se trompe quelques fois.

Même si M. René-Marcel Sauvé veut nous encourager et nous motiver en disant que le conditionnement s’atténue peu à peu, je ne suis pas d’accord avec lui, la masse devient de plus en plus influençable et elle est de plus en plus manipulée. Je rejoins M. Nestor Turcotte dans son texte admirable "Un homme libre". Je crois qu’il est possible pour n’importe quel journaliste de dire ça correctement, mais de le dire vraiment.

M. Laurent Grenier disait aussi :"La plus grande victoire qu’on puisse remporter contre un ennemi n’est pas de le transformer en vaincu, mais en ami. Hélas ! rarement l’humanité connait une pareille gloire." Voilà une pensée sage que je n’ai jamais oubliée. Les fédéralistes québécois, citoyens ordinaires comme moi, ne sont pas nos ennemis. Mais l’empire hostile de M. Desmarais, Power Corporation, est organisé et réfléchi, il ne parlera donc jamais d’ennemi bien sûr, il nous travaille, il veut être notre ami.

Notre société s’autorise des sondages à tout bout de champ, on nous prend en photo, et on en prend beaucoup. Ces sondages finissent par influencer le comportement des gens, de sorte que parfois, des mouvements sont exagérés, les choses deviennent hypertrophiées, gonflées artificiellement du simple jeu de conditionnement des sondages. Les sondages sont des questions planifiées dans le but de confirmer ou infirmer une proposition. Les clients des sondeurs décident de la proposition. La majorité des sondages politiques sont clairement des tentatives directes de conditionnement.

Si au moins il y avait des journalistes honnêtes et consciencieux pour interpréter et mettre en lumière ces manipulations de l’opinion publique (on le fait une ou 2 fois par année, sans s’indigner) et ces emportements télécommandés de la population, si nous pouvions compter sur nos médias pour nous décrire notre comportement de masse de temps en temps, ça pourrait aider. Mais voilà peut-être un vœu pieux, une entreprise commerciale qui agirait ainsi perdrait vite ses clients.

Pourtant, et c’est paradoxal, c’est exactement ce que fait La Presse et la multitude des journaux de Power Corporation (pour moi GESCA n’est qu’un intermédiaire utile pour éloigner l’attention de Paul Desmarais et de son empire). Les journaux et les journalistes de l’empire disent à la masse comment sont les choses, officiellement, et comment il faut les interpréter correctement. Le même phénomène de conditionnement, d’orientation de l’opinion publique, s’observe à la télé de Radio-Canada, mais on les comprend un peu, le propriétaire est directement l’autorité fédérale.

Alors pourquoi ces journaux ne perdent-ils pas leur lectorat ? Sommes-nous si ignorants de ce qui nous arrive ? Je ne sais pas, je crois que fatalement, à l’usure, les gens finissent toujours par accepter de penser comme on leur dit – sans le dire- de penser, c’est tout. Il est là le problème. Bien sûr, tout n’est pas juste question de conditionnement et de manipulation, il y a beaucoup de gens honnêtes et respectables qui sont fédéralistes. Mais dans un Québec qui aurait Power Corporation de son bord, c’est-à-dire qui ne chercherait pas à l’anéantir comme c’est le cas en réalité, cette force médiatique agissante changerait toutes les choses, comme une inversion de la réalité en son image dans le miroir. M. Philippe Landry, dans un message (que je signerais moi-même) au texte de M. Louis Lapointe, "la guerre des mots - 2", termine en disant : " Les mots, pour avoir une force, doivent être entendus.". M. Louis Lapointe, dans un commentaire à son texte, ajoute :" Nous avons le don de viser les mauvaises cibles et de répondre aux événements seulement. Ainsi nous n’avons pas d’agenda collectif, nous suivons ceux qui nous attaquent plutôt et les gros mots répondront aux gros mots. De cette manière on peut nous en faire dire tant qu’on veut." M. Lapointe a des suggestions intéressantes qui visent la bonne cible, il faut lire ce commentaire.

S’il n’est pas possible de "déconditionner" les gens, comme si moi je pouvais dicter leur conduite aux autres, on peut au moins essayer de contrer le conditionnement, l’atténuer jusqu’à le neutraliser. Le moyen le plus concret est de vaincre l’empire Power Corporation, l’ennemi le plus puissant, le véritable ennemi. L’ennemi Mme Saulnier, M. Bousquet. Officiellement, il n’y a pas de guerre, donc pas d’ennemis. Mais Power Corporation travaille à anéantir le peuple distinct, le "francophone" qui ne veut pas aussi être britannique. C’est un effort incessant. Power Corporation veut ma perte, il est mon ennemi.

Alain Dubuc, André Pratte, Lysiane Gagnon, et Michaëlle Jean aussi, sont peut-être de bonnes personnes dans la vraie vie, comme on dit, mais leurs actes sont quand même hostiles. Un peu comme le batteur de femmes qui rigole dans le vestiaire après le hockey avec ses copains qui s’en fichent bien. Moi je ne m’en fiche pas. Ce gars-là, tout le monde peut bien l’aimer et vouloir être son ami, moi, je ne le serai jamais. Parce qu’il est un batteur de femme, parce qu’il est inhumain. Oui, je hais Power Corporation.

Des gens comme Michel David, que je lis toujours et que j’apprécie souvent, contribuent pourtant directement, malgré eux, à la pensée politiquement correcte, ils sont les premiers acteurs. J’ai hâte que nos journalistes autorisés comprennent un jour cela, qu’ils se réveillent de leur torpeur et acceptent complètement leurs responsabilités face à la population.

Pierre Bouchard
13 juillet 2008
Escoumins

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • L’empire hostile
    14 juillet 2008, par Gébé Tremblay

    Joseph Facal dénoncer Power Corporation ? C’est pas demain la veille !

    La récente apologie de J. F. Lisée envers la France m’a aussi bien fait rire (À quoi nous servent les Français). Selon la logique de comparaison de Lisée, le Québec aurait un PIB plus important que la France puisque les entreprises françaises créent 15,000 emplois au Québec tandisque les entreprises québécoises en créent 25,000 en France ! Les USA c’est pas moins de 80,000 emplois au Québec ! Le deuxième acheteur de nos produits, après les USA, est l’Allemagne !

    Il n’y a pas que les médias qui sont au service de Power Corp qui lui même est au service des groupes financiers internationaux, il y a aussi toutes nos institutions académiques. Toutes !

    Ceux qui sortent trop de la voie tracée sont vite remplacés.

    Les Québécois ne sont pas un peuple plus faible que les autres. Tous les peuples de l’occident subissent cette manipulation depuis les années 50 et qui atteint un paroxisme aujourd’hui.

    Ne cherchez pas des sauveurs dans les institutions, ni les partis politiques.


  • L’empire hostile
    21 juillet 2008, par MichelG
    Comment voulez vous qu’une nation qui veut devenir un pays et qui veut s’ouvrir au monde y parvienne en ayant 90% des médias contre elle . Déjà 60% des médias que permet le CRTC au Québec sont unilingues anglais et bien entendu fédéralistes à tous prix. Reste 30% des autres médias qui sont francophones mais carrément angliciseurs et fédéralistes étant la propriété des Gesca Ontario et de Corus Alberta Il nous reste un petit 10% de médias indépendantistes et patriotiques pour répondre aux besoins d’informations du 50% des citoyens du Québec indépendantistes. Une telle colonisationn médiatique est unique au monde

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