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L’éloquence de Sylvain Simard
Mais j’ai profité de l’impair de Sylvain Simard pour donner un exemple
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mardi 28 octobre 2008      398 visites      4 messages


A la réunion des Présidents de comté du Parti québécois tenue la fin de semaine du 25-26 octobre à Québec, on a vu Sylvain Simard faire une belle envolée oratoire mettant en doute la capacité du gouvernement libéral de faire face à la crise financière comme Pauline Marois qui a dit que si les libéraux ont été incapables de gérer la crise du fromage, imaginez pour la crise financière américaine et mondiale. Cette envolée du député de Richelieu s’est terminée par la menace de faire tomber le gouvernement et a été suivie d’une ovation debout de tous les Présidents présents.

Le lendemain, à Mirabel, après l’annonce de 141.9 millions d‘investissements du gouvernement du Québec chez Pratt & Whitney Canada, Jean Charest, qui ne prononce presque jamais le mot Canada, interrogé sur la possibilité d’élections hâtives, a répondu en citant Sylvain Simard pour prouver que l’opposition ne veut pas collaborer avec le gouvernement et que, dans ce contexte, il n’aura pas le choix d’aller en élections.

Né à Chicoutimi le 26 avril 1945, ayant obtenu une Maîtrise ès arts de Université McGill, Montréal (1970) et un Doctorat en littérature comparée, Université de Bordeaux, France (1975), Sylvain Simard a été Professeur agrégé de littérature française à Université d’Ottawa (1976-1994) et Président du Mouvement national des Québécois (1990-94). Élu député de la circonscription de Richelieu aux élections générales du 12 septembre 1994, comme Ministre de l’éducation (janvier 2002- 29 avril 2003), il a contribué à régler un dur conflit où j’ai été impliqué qui a eu lieu au collège de Sorel-Tracy où j’ai enseigné la littérature pendant 36 ans en encourageant la directrice générale à retirer deux poursuites-bâillons contre le syndicat des enseignants (de 80,000 $ et 170,000 $) pour signer le 30 octobre 2002 une entente hors-cour. Je lui suis reconnaissant pour sa discrète intervention pacificatrice.

Je n’ai donc aucune agressivité personnelle contre lui, au contraire. Quand Yves Michaud l’a traité d’olibrius, j’ai été surpris. Le dictionnaire m’a appris qu’Olibrius est le nom d’un empereur romain du Vè siècle, incapable et fanfaron. Ce mot est utilisé pour désigner un homme importun qui se fait fâcheusement remarquer par sa conduite, ses propos bizarres. On sait que Sylvain Simard était parmi les proches de Bernard Landry qui lui ont conseillé de démissionner comme chef du Parti québécois même avec un appui de 76% des délégués ; on sait aussi que Bernard Landry a regretté cette décision.

Comme député de Richelieu depuis 14 ans qui défend le fonds de pension des travailleurs après la fermeture de l’usine Atlas Steel, il mérite nos éloges et l’appui de la population soreloise. Mais quand Sylvain Simard prétend qu’il peut faire tomber le gouvernement alors qu’avec 36 députés, le Parti québécois ne peut pas le faire, je me dis qu’il faut rappeler à l’ordre quelqu’un qui se laisse entraîner dans des élans oratoires non fondés sur la réalité. Si l’ADQ avec ses 39 députés dit, qu’au contraire, il n’est pas question de défaire le gouvernement sur la crise financière, l’éloquence simardienne tourne à vide.

“Prends l’éloquence et tords-lui le cou” écrivait Verlaine dans son Art poétique. J’ai toujours préféré quant à moi le style de Louis Bernard pondéré, solide, cohérent et articulé ou celui de Jean-Roch Boivin qui aurait fait un excellent homme politique s’il avait été élu à Laval dans les années 70. C’est certain que Jean Charest a choisi ce qui faisait son affaire dans tout ce qui s’est dit en fin de semaine au PQ ou à l’ADQ. Mais j’ai profité de l’impair de Sylvain Simard pour donner un exemple qu’entre une éloquence souhaitable et du pettage de bretelles, il n’y a qu’un pas qu’il vaut mieux ne pas trop souvent franchir quand on veut garder sa crédibilité. Surtout quand on se prépare à parler de souveraineté...

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 28 octobre 2008

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • L’éloquence de Sylvain Simard
    28 octobre 2008, par Gilles Bousquet

    D’accord avec M. Barberis-Gervais.

    J’ai quelquefois comparé M. Simard à un Stéphane Dion provincial. Même amabilité pincée. Un vrai olibrius patenté, un matamore qui a le plus descendu et renié M. Yves Michaud et conseillé à M. Landry de faire ses valises pour favoriser l’élection de M. Boisclair, ce qui relégué le PQ dans le poulailler de notre Assemblée nationale.

    Conseillez-lui de quitter le PQ quelqu’un ! s.v.p.


  • L’éloquence de Sylvain Simard
    28 octobre 2008, par Gaston Boivin

    Tiens ! Tiens ! Tiens ! Je n’aurais jamais cru ça possible de mon vivant ! Monsieur Bousquet qui commence à bouffer du péquiste ! Méfiez-vous, mon bon ami : Ça commence comme cela, puis la première chose qu’on réalise, c’est qu’on bouffe aussi du P.Q. ! Connaissant vos opinions à ce propos, vous risquez bientôt de faire une indigestion aigue ! Juste retour des choses, diront sans doute certains ! ... Évidemment, je blague !

    Blague à part, j’ose espérer que, malgré nos récriminations, nous saurons tous, dans la campagne électorale qui s’annonce, appuyer le P.Q., le seul parti en mesure de nous débarrasser de Charest et des libéraux, ces assoiffés de pouvoir et du fédéralisme, prêts à tout pour enchaîner à tout jamais le Québec dans la carcan de la fédération canadienne, fut-ce contre et au détriment de ses intérêts.


  • L’éloquence de Sylvain Simard
    28 octobre 2008

    Sylvain Simard vient de donner à Monsieur Charest une bonne raison de déclencher des élections. Sa déclaration enflammée du week-end dernier était sans équivoque. Le PQ va défaire le gouvernement libéral si celui-ci ne tient pas compte des recommandations du PQ. Comme à Ottawa. Le Bloc qui ne veut pas gouverner mais qui a toutes les bonnes recettes pour le faire s’il occupait la fonction.

    Jean Charest n’a qu’à dire maintenant qu’il a été forcé par la mauvaise foi du deuxième groupe d’opposition pour appeler aux urnes.

    Mon Dieu, que tout se répète. Lorsque les péquistes étaient au pouvoir en 2003, on a entendu les mêmes sornettes, mais à l’enverse.

    P.B.


  • L’éloquence de Sylvain Simard
    30 octobre 2008, par L.P.

    La réponse de Silvain Simard vient équilibrer la position du PQ, je crois. Pendant que madame Marois appelle Charest au bon sens, il faut aussi éviter de passer pour des fuyards et des incapables. Sylvain a bien compléter la position du PQ et je ne crois pas que ses paroles justifient la demande de Charest auprès du lieutenant-gouverveur de dissoudre l’assembléef nationale et appeler des élections. Etre prêt à faire face à la musique ne veut pas dire qu’on cautionne l’irresponsabilité.

    Charest ne pense qu’à son poste d’abord. Des élections en pleine crise il s’en fou. Des élections en hiver, à -15 celtius ça pourrait le favoriser en réduisant la participation de l’électorat. Des élections avant le creux de la descente de l’économie ça pourrait l’aider selon ses calculs partisans.

    Le Québec vient à deuxième place après ses intérêts partisans et personnels. Après le départ de deux gros canons, Bissonnette et Couillard, il doit consolider son poste par un succès électoral ou partir. Les sourires à coté des vedettes à la télé ne peuvent suffire longtemps encore. Son énoncé puis la dissolution permettra de cacher le déficit qui s’en viendra après l’élection seulement.

    Il faut cesser d’avoir peur , et en s’opposant à des élections, demeurer prêt à toutes les jongleries de Charest.. Voilà comment j,ai compris la double intervention de Pauline et de Sylvain. Les sondages sont souvent trompeurs car une campagne électorale peut tout changer, à preuve le résultat au fédéral. À preuve aussi les résultats des complémentaires québécoises dernièrement. Les libéraux de Charest reculant partout ont sauvé la face tout au plus. Les sondages ne donnaient pas le PQ nécessairement gagnant et les résultats ont dépassé les prévisions.

    Donc resserrons les rangs et oublions les nuances passagèrement. Comme je l’ai écrit hier, 50 députés du Bloc et 75 députés PQ représentent 55% de la population au moins et permettraient de faire un geste d’indépendance.



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