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"Il ne faut pas fermer les yeux sur la ténacité avec laquelle quelques milliers de Français ont défendu d’une manière acharnée leur langue pendant cent cinquante ans. (...) Et là, ces quelques milliers de Français, sans le secours de la métropole, ni de qui que ce soit, ont préservé la langue et les coutumes." (Stefan Zweig 1910)
             
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L’écologie au service de l’indépendance
Nous devons aborder l’indépendance du Québec d’un point de vue environnemental
Simon Blais
Tribune libre de Vigile
samedi 5 mai 2007      209 visites


Il y a des périodes dans lesquelles la fierté d’une population bondit d’un rang. La langue, outil national d’un peuple, a déjà été la grande fierté des QuébécoisEs ; malheureusement, de nos jours, avec le fractionnement de la loi 101, la convergence des médias, la mondialisation de la culture étasunienne, la langue est moins un outil de fierté et de patriotisme qu’elle ne l’était jadis. La preuve en est en constatant les lacunes du vocabulaire des jeunes, autant parlé qu’écrit. Évidemment, cette situation est regrettable ; la langue québécoise n’est plus un gage d’émancipation de notre société, au grand désarroi des vieux écrivains et des nationalistes de la belle époque de Miron.

Il est clair que la langue française d’Amérique, dont les QuébécoisEs sont les vifs parleurs, démarque le Québec par rapport au reste du continent. Or, puisque cette langue n’est pas, en ce moment, au coeur d’une revendication nationale généralisée, je me suis demandé qu’est-ce qui pourrait raviver la fierté nationale à un point d’ébullition historique en propulsant le Québec sur les planches de l’indépendance nationale. J’ai trouvé à cette question une réponse tendancieuse : l’écologie !

J’ai écrit dans un autre texte - Entre l’habitude et la conviction - que le Québécois moyen était pris d’une terrible maladie que l’on nomme le syndrome du grand parleur, petit faiseur. Effectivement, selon les sondages publiés régulièrement dans différents quotidiens, une forte majorité de QuébécoisEs se préoccupent du sort de l’environnement, alors que selon les données officielles de Recyc-Québec, le geste ne suit pas l’intention. Nous détestons les sables bitumineux de l’Alberta et nous chérissons nos précieuses rivières, voici une règle dans l’art de s’avouer progressiste en cette époque de bouleversements. J’aimerais éclater la baloune de ceux qui sont confortables avec les positions du Québec : celui-ci n’est pas un exemple, au contraire, la voie est longue entre l’affirmation et l’application de nos convictions environnementales, et cela doit changer, car la plus grande force du Québec réside exactement dans ses ressources naturelles : les forêts, les sols, les richesses hydriques, le potentiel éolien, l’écotourisme et tous les domaines liés à la recherche scientifique et au développement durable. Le 21e siècle (époque de grands changements terrestres) est à peine entamé, que j’affirme avec confiance que c’est par sa nature que le Québec gagnera son indépendance !

Les QuébécoisEs ont évolué sur ce continent grâce à leurs richesses. Les immenses forêts, peuplées d’autant d’essences d’arbres que de végétaux aux multiples propriétés utilitaires, les sols fissurés d’or, de bauxite, de cuivre, de nickel, de fer, et j’en passe, les millions de lacs et de rivières d’eau douce, une réserve d’autant plus précieuse que l’or bleu sera la ressource la plus recherchée sur Terre dans les prochaines décennies, la vastité du territoire sauvage, entre montagnes et vallées, plaines et torrents, à tous les cyclistes, kayakistes et explorateurs d’y trouver leur parcelle de liberté ! Le Québec doit devenir le modèle de l’avenir, un symbole de la puissance de l’environnement lorsque celle-ci est abordée avec respect et souci de préservation. L’écologie, ce n’est pas seulement une conviction, c’est une manière d’aborder nos relations, autant humaines qu’économiques. Nous sortirons tous gagnants, et nos enfants, de faire preuve d’avant-gardisme, comme à l’époque des grands barrages ! Le Québec a réussi grâce à sa persévérance, alors à nous de persévérer, encore et encore, et ce, dans le monde présent, un monde magané qui mérite un coup de bistouri au ventre pour le sauver.

Nous voulons être fiers, nous voulons être un grand peuple, donc il faut savoir lire entre les lignes du siècle. Si le Québec a gagné, avec René Lévesque et la nationalisation de l’hydro-électricité, c’est qu’il a été un précurseur, il a eu le courage de s’affirmer dans une voie difficile, il a vaincu les préjugés et aujourd’hui, nous sommes tous fiers de cela ! Et demain, si nous désirons que nos enfants soient fiers de quelque chose, c’est aujourd’hui que nous devons aborder l’indépendance du Québec d’un point de vue environnemental, car l’écologie a toujours été et est encore aujourd’hui, notre force la plus sûre.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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