M. Bourgeois écrit ici :
« Nous ne pouvons plus faire confiance à l’aile parlementaire. »
Et pourquoi donc ? Parce qu’elle est constituée de député(e)s du PQ, un parti qui a rompu les liens avec le RRQ parce que M. Bourgeois refuse de dénoncer ses propres errances maladroites en les passant sous silence dans sa réplique dans un premier temps, puis dans le Journal de Québec il dit d’après Michel Hébert :
« Je ne me rétracterai certainement pas parce que Pauline Marois me le demande pour revenir dans les bonnes grâces de l’establishment »
Mais deux lignes plus bas... il se rétracte...
« J’admets avoir eu des propos inappropriés par rapport aux radios poubelles... »
Qu’est-ce à dire ?
Je ne peux y voir qu’une forme d’ego hypertrophié... celui qui parfois s’estompe quand il déclare que l’annulation de la CCBN est « la victoire des souverainistes », mais qui revient au galop quand il est question ensuite de s’attribuer à lui et à Pierre Falardeau tout le mérite de cette victoire. Non pas que je questionne la valeur de leurs engagements respectifs, il est considérable, mais il n’est pas déterminant. Seul le tollé général a eu raison de la détermination obstinée de la CCBN partisane. À moins qu’on veuille donner raison à la thèse fausse qui veut que les menaces de violence aient été la raison de ce recul.
C’est bien qu’on parle de questionner son ego... mais il ne suffit pas d’en parler... Cette rétractation présentée comme un refus de se rétracter représente bien ce qui malheureusement semble être le germe de la division instrumentalisée au profit d’un séduisant PQ rentre-dedans.
En effet, c’est très séduisant de présenter le PQ et sa députation comme étant indignes de confiance parce qu’il et elle demande des rétractations qui sont refusées, mais tout de même faites. S’il y a rétractation, s’il y a admission d’avoir « eu des propos inappropriés » c’est donc que le PQ a obtenu ce qu’il désirait. Le fait que M. Bourgeois « admette » avoir fait une erreur. La députation ne demandait que ça... Pourquoi donc affirmer qu’il n’est pas question de « revenir dans les bonnes grâces de l’establishment » si l’on se plie par ailleurs à ce qu’il demande, sinon pour séduire celles et ceux pour qui le PQ est un « establishment » et pour dorer son aura de « héros » censé ouvrir grandes les portes d’un temps nouveau ?
« … nous devons absolument rentrer dans une ère nouvelle »
C’est bien le lot de celles et ceux qui se croient nés de la cuisse de Jupiter, ne devant rien à rien ni personne, surtout pas à leurs devanciers. Le PQ est ceci et cela, pas de problème… on met tout ça à la poubelle et on recommence… et l’on de plaint de la radio-poubelle, dans la même phrase…
Et, de quelle nouveauté s’agit-il ?
« Celle qui verra enfin la base militante reprendre en mains la lutte pour la liberté que nous espérons tant nous accorder, en tant que peuple. »
Comme si ce n’était pas déjà ça qui s’est passé dans Vigile depuis des années, comme si le PI n’avait pas déjà commencé depuis des mois, comme si les artistes n’avaient pas déjà bien manifesté cette prise en main hors les instances officielle souverainistes, comme si personne n’avait posé de gestes individuels et collectifs contre la canadianisation du 400e, et celle du 250e, ce, sans attendre personne, ni le RRQ. M. Bourgeois a valablement contribué à ce mouvement, certes, mais qu’il s’en attribue seul le mérite et la paternité comme il l’a fait en déclarant par sa seule action décréteur de temps nouveau me semble ridicule et prétentieux. Toujours cet ego qui menace… Nous ne « devons » pas « absolument rentrer dans une ère nouvelle », nous sommes déjà dans cette ère... elle n’est pas nouvelle...
Cela dit, j’abonde, l’ego a cela aussi de bon, c’est qu’il permet de créer des héros, nous en avons besoin. M. Bourgeois pourrait s’imposer à cet égard aux yeux d’un plus grand nombre au fur et à mesure où il saura prouver qu’il sait contrôler mieux sa véhémence en la tenant loin de séduction de la romantique violence qui la frôle de trop près, érotique, mais dangereux, il s’y est brûlé, ce qu’il pourrait admettre volontiers sans pour autant dire qu’il ne le fait pas pour antagoniser nos forces vives souverainistes… et discréditer le PQ, pour mieux le jeter à la... poubelle...
Nous sommes plusieurs à avoir vu ce que M. Bourgeois a vu. Moi aussi j’ai « vu de mes yeux vu à quel point ceux d’en face sont déterminés à ne jamais nous laisser briser nos chaînes. » et ce, dans pareille tourmente sur le même terrain des Plaines, alors qu’elles étaient visitées par une illustre idole Britannique…
Certes, « Pour y parvenir, il nous faudra être très courageux, certes, mais surtout plus intelligents qu’eux. »… Ego… toujours ego…
Pour ma part, ce ne me semble pas particulièrement plus « intelligent » d’avoir succombé à la séduction de la violence, pour tomber tête première dans le traquenard tendu par les canadianisateurs, comme quoi, l’intelligence ne fait pas foi de tout… d’autant si l’on crée par là un nouveau héros… L’inintelligence nous ferait avoir une meilleure intelligence du caractère pacifiste incontournable à donner à la cause du peuple souverain du Québec, fabrication de héros en sus.
Comme il ne contredit pas l’être, ce héros, il doit féliciter M. Juneau et la CCBN… en effet, sans leur inestimable support, personne n’aurait jamais su que M. Bourgeois se laissait emporter par la séduction de la violence pour laquelle il se rétracte aujourd’hui parce qu’il serait toujours partie d’un groupuscule jamais publié dans les médias de masse. Le voilà maintenant une vedette… et tant mieux pour lui et pour nous. La véhémence a un nouveau chantre, MM Pierre Bourgault et Falardeau ont maintenant une jeune relève assurée. Merci à Michel Chartrand, le maître ancien en la matière. Comme quoi, on n’invente jamais rien… C’est bon pour l’ego de le savoir, car un ego capable de reconnaître ses maîtres et leur valeur forme un ego plus fort.
Être plus intelligent qu’eux
Soit !Qui dit intelligence cependant, dit intelligence de l’ennemi, ou de l’adversaire - c’est mieux adversaire, nous sommes les adversaires des partisans d’un Canada valide, ce qu’il n’est pas… pour peu qu’on veuille vraiment faire la coupure d’avec la séduction de la violence, parlons d’adversaire, ça participe à la rupture à faire d’avec la séduction de la violence.
Qui dit intelligence de l’adversaire dit information, communication. Or comment penser être plus intelligent s’il est question de se priver de la communication entre les forces vives souverainistes, puisqu’il est question de couper les ponts avec le PQ, qui est supposé rien, mais qui ne l’était pas il n’y a pas si longtemps quans on encaissait ses chèques pour naître et survivre quand on n’était pas partie de l’espace public des médias de masse. Couper les ponts coupe la circulation de l’information, de la communication, donc de notre commune cohésion et intelligence. Ce que provoque ce nivellement qui jette à la poubelle 40 années d’efforts patients pour construire un parti souverainiste, sans autre forme de procès que celui qui veut qu’il soit devenu un establishment qui exige une rétractation qu’on fait mine de refuser, mais qu’on accepte de faire par ailleurs…
Comment être plus intelligent si on abonde dans ce que nos adversaires désirent, à savoir : diviser nos forces pour imposer leur union, jeter à la poubelle de l’histoire les milliers de souverainistes qui appuient le PQ, jeter à la poubelle les efforts et la conviction de centaines de député(e)s qui forment notre députation souverainiste à Ottawa et Québec. Quand on abonde aussi impunément dans le discrédit des politiciens tous des pourris opportunistes, quand c’est tout ce que s’évertue à propagander les activistes canadianisateurs qui se font une joie d’encourager ainsi l’absentéisme électoral qui permet d’élire leurs gouvernements fantoches qui peuvent gouverner tout un peuple souverain en étant minoritaire en terme de voix exprimées.
Ère nouvelle !?
Une véritable ère nouvelle serait celle qui n’abonderait pas dans ce que trace pour nous égarer des laboureurs de la culture du dénigrement du politique, de la culture de la démission, de la culture de la génération spontanée qui fait table rase du passé, comme s’il n’avait jamais existé de Conquête… ni de ravalement de ce peuple, ni monopolisation de son économie et industrie, comme si la Révolution tranquille ne nous avait pas seule permise à la faveur d’un maître chez nous, de nous rapproprier ce qui nous appartenait, ce à quoi nous travaillons toujours. Une véritable ère nouvelle nous ferait maintenant cesser de nous mutuellement ostraciser, comme un René Lévesque ostracisant un Pierre Bourgault, comme Lucien Bouchard, voulant écarter une Jacques Parizeau, comme maintenant un Patrick Bourgeois voulant punir une Pauline Marois, parce qu’il ne veut supposément pas se rétracter à sa demande, alors qu’il le fait par ailleurs…
Une véritable ère nouvelle romprait avec la culture de la jeunesse qui veut faire table rase et tout recommencer à sa manière, ce qu’a fait la génération qui nous précède, ce que fait celle qui nous suit.
Une véritable nouvelle ère serait celle qui nous ferait dans nos différences et appétences respectives, former un tout congruent et multiforme, véhémence pacifiste comprise. Ce à quoi se refuse M. Bourgeois, préférant être le héros d’un illusoire recommencement qui en fait nous fait reculer de 40 ans.
OUI à la mobilisation citoyenne et militante. OUI à leur indépendance. OUI au fait de ne plus attendre les ordres de nos supérieurs. OUI au fait de ne plus remettre entre les mains de nos chefs et animateurs notre propre individuel et collectif pouvoir d’action. Cela est déjà commencé, il faut poursuivre. OUI à l’intelligence de l’adversaire, celle qui sait faire l’unité de ses forces y compris celle de bien encadrer ses activistes les plus véhéments, nouvelle radio-poubelle comprise. Ce de quoi nous prive la cassure artificielle engagée par M. Bourgeois dans son faux refus de se rétracter.
NON à la division de nos forces. NON à l’action violente. NON aux menaces de violences. NON à la lutte armée.
OUI la l’UNION du peuple souverain du Québec.
OUI au fait de travailler ensemble. Ensemble, ce n’est pas jeter à la poubelle ce qui n’est pas créé par soi. Ce n’est pas statuer que l’exigence de l’admission d’une erreur est un refus de combattre. Au contraire. Il est question de luter démocratiquement, et cela ne peut que se faire en rapatriant toutes nos forces, des plus véhémentes aux plus calmes, des plus visibles aux plus discrètes, des plus actives aux plus méditatives, des plus bruyantes aux plus silencieuses, des plus altruistes aux plus égoïques, des plus adroites aux plus maladroites, des plus riches aux plus pauvres, des plus simples aux plus sophistiquées, des plus citoyennes aux plus structurées, des plus décorées de galons aux plus humbles soldats, des plus establishmentisées aux plus émergentes, des plus conventionnelles aux plus originales, des plus convenues aux plus créatives.
Tout cela dans une mouvance aux règles d’engagement simples. Une lutte démocratique qui dénonce toute forme de séduction de la violence, toute forme d’instrumentalisation de l’outrance verbale menaçante. Des militants et citoyens capables de se rétracter quand ils fautent ou errent, sans blâme, car nul n’est à l’abri de l’erreur. Et, la violence de la provocation des autres ne peut justifier la sienne propre. Toutes véhémences admises.
Michel Hébert tente d’encourager la division de nos forces en encourageant M. Bourgeois à se distancier du PQ. Blogue-JdQ-Michel Hébert- Bourgeois va pas s’en tirer...
« Les revirements sont courants au PQ et Patrick Bourgeois,
le jeune patron du Journal indépendantiste Le Québécois,
pourrait s’en tirer... et rester confortablement dans le giron péquisto-bloquiste.
Pauline Marois est prête à passer l’éponge sur ses récents écarts de langage
à la condition que le principal intéressé fasse amende honorable.
En clair, s’il promet d’être plus politiquement correct, les députés du PQ pourront
continuer à annoncer dans son journal. »
Ce n’est pas de cela qu’il est question. Cette présentation des choses encourage la division de nos forces. Ce n’est pas ce cela qu’il s’agit.
Il n’est pas question de « confort du giron péqisto-bloquiste »…
Il n’est pas question d’être « politiquement correct ».
C’est sur que dit comme ça... Mais pourquoi est-ce présenté comme ça au fait ?
Il est question de se rétracter, ce qui est fait… informellement, et question de former l’UNION du peuple souverain du Québec, toutes véhémences et calmes réunis et solidaires.
Il n’est pas question non plus d’accorder ou couper les vivres au RRQ, cela n’est qu’accessoire… le RRQ peut vivre sans le PQ et le Bloc, maintenant qu’il n’est plus le groupuscule jamais partie de l’espace public médiatique de masse qu’il était il n’y a pas deux semaines, grâce à ses pertinentes actions, dérapages en moins… ( dérapages contribuant bien sûr à sa notoriété, mais ne contribuant pas à sa crédibilité, de fait, il s’est rétracté... ne reste qu’à faire l’UNION du peuple souverain du Québec, PQ-Bloc-QS-RRQ-PI-etc, publicité dans Le Québécois ou pas... )