L’aile plus radicale du PQ force la main de Marois

samedi 16 avril 2011

La chef du Parti Québecois, Pauline Marois, prononce une allocution à l’ouverture du congrès national du parti ce vendredi.

Photo : Olivier Pontbriand, collaboration spéciale

Denis Lessard La Presse - Les tenants d’une démarche plus claire vers la souveraineté au lendemain d’une victoire péquiste ont remporté la première manche samedi matin. En dépit de l’opposition d’une bonne partie des députés, les délégués péquistes ont décidé qu’un gouvernement péquiste pourrait utiliser les fonds publics pour faire des études sur la souveraineté et en assurer la diffusion.

Marraine de la proposition, Lizette Lapointe, députée de Crémazie et épouse de Jacques Parizeau, était heureuse du verdict clair de l’atelier.

La proposition devra revenir demain en plénière, mais une nette majorité, 141 contre 78 voix, a adopté ce principe. Il avait pourtant été battu dans toutes les assemblées régionales, avait rappelé un de ses adversaires, Stéphane Bédard, député de Chicoutimi.

« Les militants ont réfléchi », a souligné Mme Lapointe relevant que son idée avait été battue de très peu dans le congrès de région. « On a le droit de débattre au PQ et on a droit à la dissidence. On ne force pas la main à Mme Marois. On dit ce qu’on a écrit dans notre programme », explique-t-elle

Les députés Bernard Drainville (Marie-Victorin) et Sylvain Pagé (Labelle) ont endossé la proposition de Crémazie. Louise Beaudoin s’est abstenue. L’ensemble des autres députés présents, Sylvain Simard, François Gendron et Pascal Bérubé, ont, tenté, en vain, de la battre. Daniel Turp, l’ancien député de Mercier et candidat à la présidence du PQ a aussi appuyé la proposition.

Pour Mme Lapointe, la possibilité de réaliser des études à même les fonds publics permettra de refaire l’exercice pédagogique de 1995. Avant le précédent référendum, son époux Jacques Parizeau avait en effet lancé une série de commissions régionales pour discuter du projet souverainiste. « Jacques Parizeau avait été clair qu’il utiliserait les fonds publics pour le référendum. Par la suite, Lucien Bouchard et Bernard Landry avaient refusé d’utiliser l’argent pour la souveraineté », détaille la députée de Crémazie.

En revanche, l’atelier a mis de côté une proposition de Montréal-Centre, qui voulait, qu’élu, le gouvernement péquiste utiliserait « tous les moyens à la disposition pour promouvoir et préparer l’accession du Québec à la souveraineté ». Pour le député Simard, le PQ doit se garder d’y aller de « stratégies ouvertes qui prêtent flancs à toutes les critiques de nos adversaires ». Robin Philpot, et surtout Daniel Turp, ont pris fait et cause pour cette idée ; élu le PQ aurait « le droit d’utiliser les fonds publics pour promouvoir et préparer la souveraineté ». En consolation les partisans de cette proposition ont obtenu un amendement qui ajoutait au mandat de « préparer » celui de « promouvoir » la souveraineté une fois élu.

La direction du parti a aussi réussi à repousser l’idée d’inscrire la tenue de « référendums sectoriels » dans les démarches du gouvernement péquiste pour récupérer des pouvoirs d’Ottawa. Président de Crémazie, Adrien Parizeau, le petit-fils de l’ex-premier ministre s’est opposé à cette « stratégie ouverte ». D’autres articles du programme péquiste sont suffisamment larges pour permettre le recours à de telles consultations si nécessaire, a-t-on expliqué. Plusieurs délégués, dont Atim Leon de Montréal-Centre étaient d’avis contraire. « Les référendums sectoriels sont un outil démocratique utile », a-t-il dit.

La direction du PQ s’est fait aussi rappeler à l’ordre avec sa proposition de réduire à 500$ le maximum pour les contributions financières à un parti politique. Bernard Drainville était le leader d’une série de circonscriptions qui sont parvenues à rabattre à 100$ la contribution maximale. « Avec ça on casse le système des solliciteurs de fonds, ils n’iront pas chercher 100$ auprès de 1000 personnes. On casse aussi le système des prête-noms » prédit-il. Avec cette diminution de la contribution, la proposition prévoit aussi une augmentation du financement public. « On va faire moins de financement et plus de politique. On va finir la job de René Lévesque » de lancer M.Drainville.

Cette idée avait toutefois de nombreux adversaires. L’ancien député péquiste Claude Boucher a mis en garde les élus qui devront désormais trouver du financement. « Certains ont de la misère à avoir 200 membres dans leur comté », a-t-il lancé.

Duceppe a « pleinement confiance » en Marois

En pleine campagne électorale, Gilles Duceppe n’oublie pas le congrès du Parti Québécois, qui bat son plein à Montréal. Le chef du Bloc a renouvelé son soutien à Pauline Marois, soumise aujourd’hui au vote de confiance des militants.

« J’ai pleinement confiance en Pauline Marois », a-t-il dit. Selon Gilles Duceppe, l’impopularité du gouvernement de Jean Charest donne de bonnes chances aux souverainistes d’emporter la prochaine élection, et à Pauline Marois, de devenir la « première première ministre ». « Je suis convaincu qu’on s’en va vers une victoire du PQ. »

Gilles Duceppe sera demain au Congrès du PQ, où il prononcera un discours. Les résultats du vote de confiance seront connus plus tard aujourd’hui.

- Avec Anabelle Nicoud


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PQ - XVIe congrès avril 2011

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