« Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie. »
Jacques Prévert

L`affaire Duceppe

Analyse, contexte et désinformation de La Presse

Tribune libre de Vigile
mercredi 15 février 2012
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La séparation des pouvoirs est une caractéristique primordiale de notre système de démocratie représentative au Canada et au Québec. Au niveau politique, il y a séparation entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Le législatif est représenté par la Chambre des Communes au fédéral et l`Assemblée nationale au provincial, qui eux sont composées de députés élus. L`exécutif est représenté par le Premier ministre et ses ministres qui sont nommés par le parti politique et qui a remporté les élections législatives. Le pouvoir judiciaire est confié aux juges qui doivent appliquer les lois du pays et de la Charte des droits et libertés. Il existe néanmoins d`autres pouvoirs qui peuvent influencer les gouvernements, notamment la société civile, les groupes de lobbys, les groupes de pression et les médias. Ici, nous étudierons principalement le pouvoir médiatique, ses conséquences ainsi que l’influence qu`il peut exercer sur le pouvoir politique. Il sera question du traitement médiatique que le journal et le site internet de La Presse a réservé à l`ancien chef du parti politique du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, concernant les allégations que le parti politique aurait utilisé illégalement les budgets alloués par la Chambre des communes pour financer les activités parlementaires du Bloc Québécois. Pour ce faire, cette analyse présentera la source médiatique qui est La Presse et de son propriétaire Paul Desmarais. Par la suite, l`analyse sera portée sur le contexte dans lequel est survenu ce « scandale » et il y aura décortication de 8 articles parues dans La Presse pour comprendre le traitement médiatique fait sur ce dossier. Le tout se terminera par une conclusion où ma vision des évènements sera exposée.

Présentation de la source médiatique et de son propriétaire
La Presse est un quotidien québécois qui est publié du lundi au samedi avec plus de 1 200 000 exemplaires vendus ou distribués par semaine. Il existe une version gratuite sur internet disponible au www.cyberpresse.ca où l`on retrouve l`actualité ainsi que plusieurs blogues de ses journalistes. Sa date de fondation remonte aussi loin que 1884 et ses compétiteurs directs sont le Journal de Montréal et le Devoir. Comme la plupart des médias actuels, le journaliste d`enquête n`est pas priorisé dans ce journal et celui-ci mise plutôt sur des nouvelles reprises par des grandes associations de presses mondiales et sur des nouvelles d`actualités nationales. La Presse est néanmoins reconnue comme un quotidien de grande qualité qui a fait ses preuves d’éthique, de professionnalisme et de neutralité ; seule sa page éditoriale est reconnue comme étant pour le fédéralisme canadien et contre la souveraineté du Québec.

Son propriétaire principal se nomme Paul Desmarais et ce dernier est un fédéraliste convaincu et il se dit lui-même ennemi du mouvement souverainiste au Québec. Multimilliardaires, il est un des hommes les plus riches et les plus influents au Canada. Il est aussi propriétaire de Power Corporation, une entreprise qui se spécialise dans plusieurs domaines comme les médias, les services financiers et les pâtes et papier. Plusieurs critiques provenant d`autres médias lui reprochent ses liens étroits avec le monde politique et le monde financier ainsi que l`influence qu`il pourrait exercer sur certains politiciens et acteurs de la finance. Il est effectivement l`ami personnel de plusieurs décideurs, dont le Premier ministre québécois John James Charest, du président de la France Nicolas Sarkozy, de l`ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien (la fille de Jean Chrétien est mariée avec l`un des fils de Paul Desmarais), du président de la Caisse de dépôt du Québec Michael Sabia, du président de la LNH Garry Bettmans et finalement, de l`ancien président des États-Unis Georges Bush. Il est aussi admis que Desmarais a un accès direct à tous les bureaux de Premier ministre, autant du niveau fédéral que provincial. Il fait aussi parti de nombreuses organisations dénoncées, telles le groupe Bilderberg et la famille Rockefeller.

Contexte
La défaite du Bloc Québécois à l`élection fédérale du 2 mai 2011 a été un coup très dur à cette formation. En effet, sa députation est passée de 49 députés à seulement 4 députés et ce, même si le Bloc a reçu tout de même plus de 23% des appuis dans la province. Même le chef du parti, Gilles Duceppe, a été battu dans sa circonscription et il a aussitôt annoncé sa démission le soir du vote. Les analyses des politicologues ont été aussitôt d`annoncer que ce résultat signifiait principalement que l`option souverainiste n`intéressait plus réellement les Québécois et que ses derniers étaient exaspérés de participer à l`éternel débat sur cette question. Pourtant, les sondages indiquaient clairement que l`option demeurait aux alentours de 40% d`appuis, pourcentage qui prédomine depuis quelques années dans la province de Québec. De plus, une étude qui date de février 2012 commandée par le Premier ministre Harper tend à prouver ce point : « L’agitation politique qui a provoqué la vague orange aux dernières élections découle plutôt d’un ras-le-bol des Québécois à l’égard des politiciens que d’un naufrage de l’option souverainiste » (12).

Quelques mois plus tard, le Bloc Québécois se remettait tranquillement sur pied avec une course à la chefferie qui n`a pas soulevé les passions, chose qui se produit également dans la course à la chefferie du NPD, et a résulté à l`élection de Daniel Paillé comme nouveau président du BQ. Au niveau provincial, il y a eu la crise au Parti Québécois qui a mené à la démission et/ou le renvoi d`une dizaine de députés et ce pour plusieurs raisons. Certains comme Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Louise Beaudoin ont quitté en fracas, car ils critiquaient la ligne de parti et la façon de diriger de la cheffe Pauline Marois. Jean-Martin Aussant a suivi en démissionnant principalement, car il ne croyait pas en la gouvernance souverainiste du PQ. Il a alors fondé un nouveau parti indépendantiste, Option Nationale. D`autres députés comme Benoit Charrette, François Rebello et Daniel Ratthé ont quitté le caucus du PQ pour se joindre au nouveau parti qui est la Coalition Avenir Québec et qui rejette toute option de souveraineté avant un minimum de 10 ans.

Le Parti Québécois se retrouvait alors en sérieuse difficulté et les sondages démontraient que le parti politique avait de fortes chances de vivre la même situation que le Bloc Québécois, c’est-à-dire, de perdre la grande majorité de ses députés au détriment de la CAQ, si une élection provinciale avait lieu. Le leadership de Pauline Marois était constamment remis en question et plusieurs militants, présidents de circonscription, députés péquistes et groupes internes exigeaient fortement la démission de la cheffe. Encore une fois, les politicologues discutaient de l`exaspération des Québécois face à la souveraineté, même si les sondages démontraient clairement que l`option restait au même niveau, malgré les intentions de vote du PQ qui étaient en chute libre à 21% d`appuis populaire en novembre 2011. Il faut donc comprendre que les intentions de votes pour la souveraineté ne sont pas directement liés au Parti Québécois et que plusieurs indépendantistes se retrouvent dans d`autres partis, comme Québec Solidaire, la Coalition Avenir Québec et Option Nationale. L`option souverainiste est donc plus populaire que le Parti Québécois et la chute des intentions de vote pour le parti n`affecte en rien l`option souverainiste (1) (2).

Au moment où le PQ semblait sur le point de perdre la majeure partie de ses appuis et que la CAQ se dirigeait vers un gouvernement majoritaire si des élections avaient lieu, un sondage Léger Marketing/Agence QMI (3) annonce que si Gilles Duceppe devenait le chef du Parti Québécois, celui-ci verrait ses appuis grimper dramatiquement, passant de 21% à 37%. Cela ferait en sorte que le PQ formerait un gouvernement majoritaire, loin devant la CAQ et le Parti Libéral. Le problème du PQ se trouverait donc à la chefferie et non au niveau de son idéologie souverainiste, comme le laissait présager les politicologues qui analysaient la situation depuis l`élection du 2 mai 2011.

Gilles Duceppe prend conscience de sa popularité et décide donc de tester ses appuis au sein du parti et fait savoir aux membres de sa garde rapprochée qu’il est désormais prêt à prendre la place de Pauline Marois si cette dernière décide de démisionner. Survient alors le scandale qui indique que Gilles Duceppe aurait contrevenu à la loi en payant « le salaire du directeur général de son parti, Gilbert Gardner, pendant sept ans à même le budget accordé par la Chambre des communes pour le fonctionnement de son cabinet à Ottawa » (4). Duceppe annonce alors qu`il renonce à prendre la tête du PQ pour rétablir sa crédibilité et prouver son innocence.

Analyse
Commençons par analyser les titres utilisés par La Presse concernant ce dossier :
« Fonds publics : Gilles Duceppe dans l`embarras », « Gilles Duceppe de nouveau éclaboussé », « Fonds publics utilisés à des fins partisanes : le Bloc pourrait devoir payer », « Attaqué, Duceppe lance la serviette », « L`affaire Duceppe », « Activités partisanes ne veut pas dire activités de parti, selon Comartin », « Qui a torpillé Duceppe ? » et « Affaire Duceppe : Paillé craint que ses adversaires veuillent faire la fête au Bloc »

Ce que je retiens principalement des titres employés par La Presse est définitivement la répétition constante du nom de Gilles Duceppe et le fait que ce média a décidé de nommer se pseudo-scandale « l`affaire Duceppe ». Il est intéressant de se questionner sur la pertinence de ceci car Duceppe était effectivement le chef de ce parti politique, mais il serait faux de prétendre qu`il s`occupait des questions financières et du suivi de la réglementation de la Chambre des communes. La Presse pointe directement l`ancien chef et non le parti politique et si il y a effectivement non-respect de la loi, cela serait plutôt au Bloc Québécois de répondre à ses accusations et non à l`ancien chef. Il suffit de retourner au scandale des commandites pour constater que ce n`est pas Jean Chrétien qui a reçu le blâme des accusations, mais bel et bien le Parti Libéral de Canada, pourquoi serait-ce différent dans ce cas précis ?

Continuons en analysant quelques phrases clés pris dans différents articles sur ce sujet :
« Cette pratique violerait les règles de la Chambre des communes puisque les fonds qu`elle accorde aux élus doivent être utilisés pour financer les activités parlementaires et non pas des activités partisanes » (4)

« La légalité d`une telle pratique fait actuellement l`objet d`une enquête à la Chambre des communes » (5)

« Gilles Duceppe et le Bloc Québécois pourraient devoir rembourser les fonds parlementaires utilisés pour payer le salaire du directeur général du parti et d`une de ses conseillères » (6)

« En somme, si on juge la pratique autorisée par M. Duceppe sur la base des précédents et du standard éthique que le chef du Bloc imposait à ses adversaires, il ne fait pas de doute qu`il a commis une faute » (8)

Pour ce qui est de la première citation qui affirme, au conditionnel, l`illégalité commisse par le Bloc québécois, elle a été infirmée par le journal Le Devoir qui a simplement communiqué par téléphone avec un porte-parole responsable de cette question à la Chambre des communes. Ce dernier a confirmé qu`il existe effectivement un volet partisan aux règlements, contrairement à ce que La Presse affirmait. Évidemment, La Presse a omis de se rétracter et en a plutôt rajouter dans l`article du lendemain en affirmant que Duceppe « a puisé dans le budget de fonctionnement de son cabinet à Ottawa pour payer le salaire d`au moins un autre directeur général du parti » et « La légalité d`une telle pratique fait actuellement l`objet d`une enquête à la Chambre des communes » (5). Il est donc pertinent de se demander si les journalistes Joël-Denis Bellavance et Hugo De Grandpré ont communiqué avec la Chambre des communes pour confirmer leurs écrits ou si leur « scoop » reposait sur des rumeurs. Pour ce qui est de la troisième citation, il s`agit encore une fois d`une affirmation sensationnalisme non-fondée et non confirmée et qui inclus Gilles Duceppe et non seulement le BQ.

La dernière citation provient d`André Pratte, éditorialiste en chef du journal La Presse. Rappelons que le journal ne nie aucunement que son éditorial est pro-fédéraliste et contre l`idéologie souverainiste au Québec. Il est assez absurde de la part d`un journaliste d`expérience comme André Pratte de terminer son éditorial de cette façon. Il est certes conscient que notre système de justice ne fonctionne en aucune manière de la façon qu`il présente le cas et que si Gilles Duceppe se doit d`être jugé, ça ne sera certainement pas sur l`éthique mais bien sur des faits et des lois, ce qui démontre clairement un manque d`arguments flagrants.

Analysons maintenant les quelques rares moments où La Presse laisse entrevoir que les allégations contre le Bloc et Gilles Duceppe pourrait être remises en causes :
« Une lecture rapide des règlements en question peut amener à conclure que ce n`est pas le cas. En effet, les fonctions parlementaires y sont définies comme comprenant les questions partisanes » (8)

« Même si les règles parlementaires sont interprétées par certains comme donnant raison à Gilles Duceppe » (9)

Sur les 8 articles concernant « l`affaire Duceppe », ses deux rares citations laissent entrevoir une possibilité que Gilles Duceppe pourrait être innocent. Il faut cependant noter que ses deux passages sont suivis de commentaires des autres partis politiques fédérales qui insistent pour dire que le Bloc a contrevenu aux règles et qu`une enquête de la Chambre des communes est en cours pour prouver la culpabilité de l`ancien chef du BQ.

Il faut aussi citer quelques passages où le Bloc et/ou Gilles Duceppe se défende d`avoir enfreint les règles de la Chambre des communes :

« Il (Duceppe) a affirmé que le Bloc n`avait rien à se reprocher et a soutenu que son parti avait toujours pris soin d`agir selon les règles. Il a ajouté que ses proches collaborateurs avaient sollicité l`avis des experts de la Chambre pour s`en assurer » (4)

« Oui, j`étais directeur du Bloc Québécois. Oui, comme M.Gardner, j`étais payé par le cabinet du chef du Bloc québécois en respectant les règles de la Chambre des communes qui ont toujours stipulé que le travail partisan faisait partie intégrante du travail de député a dit M.Marais » (5)
« À titre de chef de cabinet, j`avais à prendre de nombreuses décisions budgétaires pour lesquelles je faisais les vérifications d`usage pour m`assurer de leur légalité a dit François Leblanc » (6)

Il faut donc comprendre que la position du BQ face à ce supposé scandale a été depuis le début d`affirmer qu`ils ont respectés les lois de la Chambre des communes et qu`ils ont été cherché l`avis d`experts externes à leur organisation pour avoir une seconde confirmation de la légalité de leurs actes.

Pour terminer cette analyse, voici quelques citations qui abordent la question du complot qui pourrait avoir eu lieu contre l`ancien chef du Bloc Québécois :

« Selon lui (Marc Laviolette), devant la réaction des partis politiques fédéraux à la controverse, il n`y a pas de doute qu`on vient d`assister à une nouvelle tentative d`assasinat politique par les fédéralistes. C`était le leader souverainiste le plus populaire au Québec » (7)

« C`était prévisible, les adeptes de la théorie des complots « gescaiens » accusent La Presse d`avoir sorti l`artillerie lourde pour torpiller Gilles Duceppe » (10)

« Selon M Paillé , les partis fédéralistes approchent cette affaire de manière très politique et partisane » (11)

En conclusion, il est normal d`affirmer que cette histoire mérite d`être étudiée par la Chambre des communes pour s`assurer de la légalité de la chose. Cependant il est tout de même assez suspect que ce scandale soit sorti médiatiquement à ce moment-ci de la carrière de Gilles Duceppe étant donné que le Bloc Québécois fonctionnait de cette manière depuis plus de sept années. Il serait absurde de penser qu`aucun autre parti fédéral n`avait pris connaissance de cette pratique étant donné qu`ils considéraient le BQ comme un ennemi naturel et que ce dernier avait sorti médiatiquement plusieurs scandales financiers qui les concernaient. L`acharnement que La Presse a mis de l`avant sur ce présumé scandale et sa réticence à se rétracter sur certaines informations fausses qu`elle avait publié peut porter à confusion sur l`éthique journalistique du journal dans ce dossier précis. Sans parler de complot, il serait très intéressant d`apprendre d` ou proviennent les sources de ce journal et plusieurs réponses pourraient être alors obtenues. Si la tendance se maintient, Gilles Duceppe sortira de ce dossier blanc comme neige et il pourra alors envisager de se présenter à la chefferie du Parti Québécois si Pauline Marois décide de démissionner.

Mikael St-Louis

Commentaires

  • 17 février 2012 00h29

    M. Goerges Chépaqui

    M. Chépaqui

    J’ai assez pratiqué le droit dans ma vie - depuis 1969 en fait - pour savoir que si on accuse quelqu’un d’avoir commis un acte interdit ou prohibé il faut en faire la démonstration en produisant une loi, un règlement, une directive, une politique etc..

    Si le comportement n’est pas interdit, il est permis. Point final. Je n’ai pas dit qu’il était toujours indiqué de poser un geste non interdit. Ainsi vous pouvez roter à la table de vos invités, mais personne ne va vous sanctionner pour cela. On peut vous traiter de mal poli, mais vous n’allez pas encourir une sanction de nature pénale, criminelle ou civile pour autant.

    Vous avez écrit qu’il était interdit de payer un conseiller du cabinet de Duceppe s’il travaillait comme directeur général du parti.

    Je répète ma question : quelle est la loi, le règlement, la directive, la politique qui interdit de le faire ?

    Et où avez-vous pris l’information voulant que la Chambre n’a pas été informée ?

    Vous faites référence aux médias, mais vous ne précisez pas vos sources.

    En fait, vous affirmez des choses que vous êtes incapable de prouver.

    Vous seriez débouté rapidement devant n’importe lequel tribunal.

    Pierre Cloutier ll.m
    avocat à la retraite

  • Mikael St-Louis, 16 février 2012 16h30

    Je tiens à préciser que cette analyse est une ébauche d`un travail universitaire que je dois remettres.

    Voila le pourquoi de ma réticense à avancer des hypothèses.

    Merci

  • Georges, 16 février 2012 14h12

    M. Pierre Cloutier.

    - L’information que j’utilise est disponible, dans les media, à qui veut la voir.

    - Vous proposez une nouvelle philiosophie de vie en société : "Tout ce qui n’est pas interdit, serait permis". On aurait du mal à cultiver une atmosphère de paix dans le voisinage, avec une telle attitude.

    - Vous nous avez mis en appétit en vous demandant, avec l’air de le savoir, à qui profite cette information obtenue par des journalistes. Vous pourriez poursuivre votre réflexion.

  • 16 février 2012 11h49

    A M. George Bouledecristal

    M. Bouledecristal,

    Vous semblez bien informé pour un simple citoyen alors que toute cette information a été traitée à huit clos par le Bureau de régie interne de la Chambre qui n’a pas encore rendu son rapport.

    Vous pourriez peut-être nous citer vos sources afin qu’on puisse vous prendre au sérieux.

    D’autre part, y-a-t-il un article précis d’un règlement précis qui interdit de façon spécifique qu’un conseiller au cabinet d’un chef de parti reconnu puisse agir également comme directeur du parti ?

    Si oui, lequel ? On aimerait bien le savoir.

    Quand une conduite est interdite, il faut qu’elle le soit de façon précise par une loi, un règlement, une directive, une politique.

    Si la conduite n’est pas interdite, elle est permise et si on veut l’interdire dans l’avenir, on le fait de manière précise pour que tout le monde en soit informé.

    Nous ne vivons pas en dictature à ce que je sache où tout ce qui n’est pas permis est interdit.

    Pierre Cloutier

  • Georges, 15 février 2012 21h01

    Voici un long texte qui ne dit rien de précis.

    1- On ne saura jamais, du moins de la part de journalistes rigoureux et responsables quelles sont leurs sources d’information.

    2- Le Bloc québécois n’a jamais demandé ni reçu d’avis au sujet de l’utilisation des fonds de la Chambre des communes pour payer le DG du Parti.

    3- L’information fourni par le Bloc à la Chambre des communes porte sur l’emploi de M. Gadner comme "Conseiller" de M. Duceppe. Ce qui serait tout à fait légal, sauf que M. Gardner a, peu de temps après, travaillé à temps plein, pendant plusieurs années, comme DG du Bloc, payé à même les fonds de la chambre des communes. Ce qui était interdit. Et la Chambre des communes n’en a jamais été avertie.

    Point.

  • François Ricard l&8217;inconnu, 15 février 2012 18h09

    Une gouvernance véritablement démocratique fait une nette différence entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif et juridique. Le système britannique est totalement bancal et fait du premier ministre un vrai monarque .Il dirige les législateurs (ses propres députés, à cause de la ligne de parti, ne sont là que pour endosser ses mesures) ; il supervise l’exécution du tout en nommant ou en dégommant les ministres. De plus, il a une certaine influence, sinon une influence certaine, sur la nomination des juges. C’est en fait un véritable dictateur pour la durée de son mandat.

    Le parlementarisme à la britannique, par son exigence de respecter la ligne de parti, est une dictature déguisée. Le premier ministre est, pour la durée de son mandat, le seul maître à bord. Un véritable monarque.

    De plus, le financement des partis politiques permet aux plus riches de notre société d’être les véritables propriétaires de certains de nos partis. D’où la transformation de notre démocratie en ploutocratie.

    D’autant plus, qu’une démocratie,pour avoir une vie vigoureuse, se nourrit d’information complète et impartiale. La concentration de la presse nous donne une information biaisée et tronquée.

    Pour le reste, vous faites un fort bon résumé de la situation. Malheureusement, qui a coulé l’information ?

  • 15 février 2012 14h41

    Il manque un petit bout dans votre analyse.

    D’où est venue l’information à l’origine et à qui cette information a-t-elle profité ?

    Pensez-y.

    Pierre Cloutier

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