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Rapport Grenier
L’Omertà fédéraliste
Quatorze mois et deux millions de dollars plus tard…
Serge Longval
Tribune libre de Vigile
mercredi 30 mai 2007      321 visites      1 message


De deux choses l’une : l’ex-juge Grenier est un virtuose du patinage de fantaisie ou c’est un commissaire-enquêteur dégonflé. Entéka, je ne puis conclure autrement après avoir écouté la conférence de presse qu’il a donnée pour présenter les grandes lignes de son rapport. Étant passionné par l’enjeu présenté, j’ai fait tous les efforts nécessaires afin de décoder sa langue de bois. Résultat ? Ses mots évoquaient une langue vernaculaire accessible aux seuls initiés de la chose politique.

Heureusement, par la suite, nous avons eu droit (canal télé RDI) aux premiers commentaires de Pierre F. Côté, l’ancien DGEQ (directeur général des élections du Québec). Rappelons que celui-ci avait amorcé une enquête sur certaines allégations concernant un détournement de la Loi sur les consultations populaires. Les présumés délinquants proviendraient d’Option-Canada et d’autres succursales de la désinformation canadian. Soulignons que cette enquête n’a mené nulle part car Monsieur Côté s’est rapidement cogné le nez sur la Loi de l’Omertà fédéraliste.

À cet égard, on constatera que le DGEQ ne pouvait questionner certains acteurs de la fédérale nation si respectueuse de la charte des droits et libertés. Pourquoi ?… Parce que le gouvernement fédéral n’a pas de compte à rendre à sa provinciale succursale. Facile à comprendre ça ! Non ?

J’entends encore murmurer dans les rangs, là !

Je répète que ce sont là choses normales dans un pays démocratique qui se targue d’aller colporter ses « valeurs » à l’autre bout de la planète par le biais de crayons à distribuer aux écoliers et de quelques mortiers bien placés permettant de déloger les méchants qui ne pensent pas comme nous, les dignes représentants de la démocratie. Mais cela concerne un autre dossier d’actualité dont je vous entretiendrai le temps venu.

Donc, cessez de marmonner et rendez-vous à l’évidence : le ministère du Patrimoine (qui selon l’ex-juge Grenier a fourni onze million$ pour la campagne référendaire) n’a pas à justifier ce qu’il a fait de nos impôts dans ce dossier qui sent le soufre, sinon que c’était par désir légitime d’influencer le vote des Québécois.

Monsieur l’ex-juge Grenier était limité dans son enquête pour plusieurs raisons, toutes plus justifiées les unes que les autres :

1. Le commissaire-enquêteur ne pouvait pas blâmer (en son âme et conscience) certains individus qui ont apparemment œuvré à jouer cartes sous table. L’ex-juge commissaire-enquêteur a bien fait, car il n’a pu réussir à obtenir la preuve noir sur blanc que de basses manœuvres ont été exécutées par certains défenseurs de la cause unifiant une mare à l’autre !

2. Si Normand Lester a eu la liberté de fouiller dans les poubelles d’un quelconque centre d’achats afin d’y trouver quelques preuves de malversations, à sa décharge, l’ex-juge (qui depuis plus d’un an nage dans le clair-obscur) n’a pu fouiller dans celles du gouvernement fédéral.

3. Il devait respecter une prescription édictant qu’après cinq ans aucune accusation ne peut être portée vis-à-vis les méchants fédéralistes qui auraient trempé les mains et ouvert le chéquier pour la cause, celle-là même qui est reliée aux commandites. Donc, il n’a pu distribuer de véritables blâmes ou porter des accusations envers qui que ce soit, tant sur le plan pénal que criminel.

4. Il ne pouvait blâmer Jean-John-James Charest, ci-devant vice-président de la campagne du NON. Cela je l’ai décodé de son langage sibyllin, car Monsieur Charest était considéré par ses partenaires comme étant une quantité négligeable qui n’avait pas à être mis au courant des multiples avancées sur le terrain. Là, où s’effectuaient les vraies manœuvres de détournement de référendum.

Qu’on se le tienne pour dit : ce n’est pas faute d’avoir tenté de cerner la vérité si l’ex-juge Grenier n’a pu déterminer d’où provenaient certains fonds occultes et si leur utilisation était légale ou pas. Retenons aussi que le juge a mené une enquête qui selon ses propres termes était aussi « objective que possible ». Or, un juge ne fait pas son possible pour être objectif. Il constate objectivement et entièrement les faits présentés et soulève de lui-même les doutes quant à la fiabilité du contenu des témoignages entendus. Dans son cas, un petit effort supplémentaire aurait certes été apprécié de la part du bon peuple qui accorde sa confiance au jugement de ses commettants.

À sa décharge, certains observateurs pourraient prétendre qu’il ne pouvait aller plus loin dans cette constatation car la preuve comptable n’a pu être entièrement établie à cause d’éléments manquants. Je vous laisse deviner dans quelles filières inaccessibles pour un commissaire-enquêteur « provincial » se retrouvent ces éléments manquants. Mais bon, tout n’est pas perdu. En effet, grâce à une question (on ne peut plus pertinente) d’un journaliste allumé, on a appris que certaines personnes ont refusé de témoigner devant lui. Pourquoi ? On ne l’a pas su. Un autre mystère. Une autre enquête (cette fois publique) à faire peut-être ?

Refusant de livrer publiquement certains faits recueillis dans des témoignages secrets dont le nom des témoins est tout aussi secret, le bon juge « aussi objectif que possible » a rappelé qu’il ne pouvait enfreindre sa propre ordonnance de non-divulgation. Inutile d’insister sur le fait que tout cela a fait en sorte qu’un GROS doute s’est dès lors immiscé dans mon esprit. Mais qui suis-je pour exiger que cette ordonnance soit levée ? Après tout dans notre pays si démocratique, il est normal qu’un individu haut placé refuse de témoigner en invoquant son statut professionnel (lire : le fédéral ne peut aucunement être assujetti à témoigner devant le provincial).

On a su aussi que le bon commissaire-enquêteur n’a pas obtenu la permission d’interroger des députés fédéraux ainsi que deux employés du Conseil privé qui ont été prêtés (lire : payés par le cabinet du premier ministre Jean Chrétien) afin d’assister les responsables du comité du NON. Par ailleurs, une de ces personnes est encore à l’emploi du gouvernement canadian en tant que sous-ministre. Donc, par définition : Intouchable !

Qui donc a refusé au commissaire-enquêteur la permission d’interroger la madame ? Ne s’agit-il pas là d’une grave atteinte à la démocrassie ?

Bon, bon, je capote encore là ! Un peu plus et je vais devenir un conspirationniste qui croit que le gouvernement cache délibérément certaines de ses actions effectuées pour favoriser le plus grand bien-être de la population en général. Or, tout le monde sait que la Loi sur les consultations populaires n’a pas de juridiction hors du Québec. Donc, le fédéral ET les autres provinces peuvent bien faire ce qu’ils veulent de nos lois. Pour tout dire, j’ai parfois le sentiment qu’ils s’en torchent de nos lois… mais quittons ce sentier périlleux car je risque de sombrer dans une plus grande noirceur, là !

J’ai aussi entendu Jean-John-James dire que les conclusions de ce rapport ne valent pas plus qu’un pétard mouillé ? Oui. Bien sûr. C’est normal. Ce ne sera pas la première fois que nous aurons vu à l’œuvre les serviles serviteurs du pouvoir camoufler au bon peuple québécois les actions entreprises pour cause d’unité nationale.

Bref, à ce moment-ci, nous pouvons déjà tirer des conclusions défavorables envers ce rapport dont les résultats sont « aussi objectifs que possible ». À l’image même des limites qu’il s’est lui-même imposées ou que s’est fait imposer l’ex-juge Grenier.

Où donc est le scandale ?

Le tandem Lester-Philpot prétendait que cinq millions d’anciennes belles piastres vertes ont ainsi été détournées. Or, il s’en trouve pour affirmer que ce n’est qu’un minable montant d’un peu plus d’un demi-million de dollars qui est en cause. Bien sûr, l’ex-juge a aussi parlé d’un montant supplémentaire d’environ 160 000 beaux dollar$. Mais bon, tout le monde sait que les Québécois sont immensément riches !

Alors, quelques centaines de milliers de dollars en plus ou en moins…

En terminant, je reviens sur le fait que ce sont quelques questions plus pointues de la part de journalistes éveillés qui ont fait ressortir le « jus » occulté par les « en mon âme et conscience » ; « je n’avais pas de preuve suffisante » ; « je ne puis contrevenir à ma propre ordonnance de non-divulgation » ; « etc. ».

Bref, encore une fois, tous les hommes politiques qui ont œuvré à la défense du plus beau, grand et magnifique pays au monde sont exonérés de tout blâme. Le scandale des commandites nous aura au moins appris que ça aussi c’est normal !

Messieurs les journalistes à vos carnets, et poursuivez l’enquête en posant les questions pertinentes aux personnes concernées. Nous savons tous que le diable se cache dans les détails.

En ce qui me concerne, je ne suis qu’un simple citoyen qui a le sentiment de se faire fourrer à tour de bras par ses dirigeants. D’ailleurs, certains jours je me demande pourquoi je suis encore souverainiste ! Pourquoi ne pas faire le saut et passer la frontière canado-québécoise en invoquant les privilèges de mon passeport que, grâce à certaines élites canadiennes françaises, je puis brandir fièrement au bout de mes bras. Pourquoi ne pas me reposer de tout cela et pouvoir bénéficier de la LOI du plus fort en ce pays ? Hé oui ! J’en suis rendu là.

Je lance donc un appel sincère à mes amis canadian qui disaient lors du « Love in d’octobre » à Montréal : Mon Canada inclut le Québec ! Qwebec, je t’aiiiiiiiiiiiimmmmmmmeeeeeee !

Maintenant que ceux-ci reconnaissent que les Québécois forment une nation incluse dans la nouvelle religion du Canada uni, coast to coast, and de plus en plus English, je me sens enfin libéré et propriétaire des grosses garnottes que sont les Rocheuses. Entre nous et confidentiellement, cela vaut beaucoup plus à mes yeux que le minable tas de terre que constitue le Mont-Royal !

Bah ! Pourquoi m’en faire quand il fait si beau dehors ? Les petits oiseaux font de jolis cui-cui. Ils m’invitent ainsi à cesser de chialer et à m’enfouir la tête dans le sable chaud comme le font une majorité de mes cons citoyens. Pourquoi m’en faire avec cet autre torchon de deux million$ qui se retrouvera tabletté dans les plus brefs délais ?

OUI !

On s’est fait voler le référendum…

Rien de nouveau sous le soleil quoi !

Mais qu’à cela ne tienne. Dans la vie des peuples, il y a des gagnants et des perdants. Tu choisis ton camp. Par deux fois, tu as fait un excellent choix, ô peuple québécois ! Continue… Continue, ô mon bon peuple, à dorm…ZZZZZzzzzzzzzzzzzz

Serge Longval,

Longueuil



Vos commentaires:
  • L’Omertà fédéraliste
    30 mai 2007, par Robert Bertrand, rédacteur,

    Pour certains, les murs sont très proches d’eux. Pour d’autres, les murs sont tellement éloignés qu’ils peuvent se permettre de franchir toutes les frontières de la bienséance, de la loi, de la lettre et des remontrances.

    En plus, les conséquences de franchir ces murs sont-elles chiffrées ? sont-elles évaluées en temps de prison ? Juste une petite tape sur un cheveu ?

    Quels sont les précédents évalués dans l’ensemble de notre monde d’aujourd’hui ?

    N’y a-t-il pas une Commission de Parlement Européen qui s’intéresse à cela ? Également "Human rights watch" ?

    Les Amérindiens n’hésitent pas à porter leurs dossiers sur la scène internationale. Le Canada est entaché au plan démocratique et il faut que ce soit connu. Une enquête par le Canada n’est-ce pas placer le Canada dans la situation de juge et partie ?

    Au plaisir de vous lire.

    Robert Bertrand, rédacteur, Québec un Pays http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/


  • Un demi-million a été dépensé illégalement, conclut l’ex- juge Grenier
    Antoine Robitaille Le Devoir   30 mai 2007 
  • Tout cela s’est fait en catimini, et ce n’est pas pour rien. Il y avait dans la manoeuvre quelque chose qui allait à l’encontre de l’esprit de la loi sur les consultations populaires.
    Manon Cornellier Le Devoir   30 mai 2007 
  • Autrement dit, l’ancien juge a ouvert la boîte de documents de Philpot et Lester, en a examiné le contenu puis l’a refermée et scellée. Cela est regrettable.
    Bernard Descôteaux Éditorial - Le Devoir   30 mai 2007 
  • The Judge bent so far backward to give the benefit of the doubt to the No side that he must have written his report lying supine
    Don MacPherson The Gazette (Montreal)   30 mai 2007 
  • Editorial - The National Post   30 mai 2007 
  • Editorial - The Toronto Star   30 mai 2007 
  • Question : s’il était légal de dépenser 5 millions pour promouvoir l’unité nationale au Québec en 1995, pourquoi diable créer une patente à gosses comme Option Canada ?
    Yves Boisvert La Presse   30 mai 2007 
  • On attendait de grosses prises, c’est plutôt la pêche aux ménés.
    Vincent Marissal La Presse   30 mai 2007 
  • Tous les textes du dossier
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