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L’Indépendance, c’est mettre fin à nos dépendances et choisir nos interdépendances
Pierre Cloutier
Chronique de Pierre Cloutier
dimanche 18 mars 2007      615 visites      2 messages


L’indépendance pour une nation, comme pour les individus, c’est notre volonté et notre capacité à mettre fin à nos dépendances et à choisir nos interdépendances.

La première dépendance, c’est notre dépendance politique envers un gouvernement "étranger" ou "extérieur" auquel la nation québécois est inféodée, soit le gouvernement centralisateur, autoritaire et inutile qui se situe à Ottawa. Sur le strict plan économique, même si les chantres du fédéralisme rentable nous clament haut et fort que le Québec reçoit du gouvernement fédéral 2.1$ milliards de plus qu’il ne verse, cette somme excédentaire est rapidement grugée par les dédoublements de services et de juridictions qu’on évalue à environ 2.5 milliards$. Mais ces chiffres ne valent rien dire quand on comprend que le véritable déficit du Québec se situe au niveau de son inféodation aux milliers de décisions économiques, politiques, sociales et administratives qui sont prises continuellement à Ottawa et qui concernent notre devenir, notre bien-être et notre existence collective. Notre véritable dépendance politique c’est précisément cette possibilité réduite que nous avons, comme nation, de faire nos propres choix en fonction de nos propres intérêts. À elle seule, cette dépendance nous coûte une fortune et handicape notre avenir.

La deuxième dépendance que nous vivons, comme individus et comme nation, c’est notre dépendance médiatique aux médias traditionnels de masse (journaux, radio, télévision), qu’on appelle le 4è pouvoir et qui, chez nous, sont concentrés, pour la plupart, entre les mains des forces fédéralistes. On a tendance à croire à tort que ces médias traditionnels de masse sont des spectateurs qui agissent dans l’intérêt du peuple, en faisant contre-poids aux 3 autres pouvoirs traditionnels que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire, mais cela n’est qu’une illusion. Ce 4è pouvoir a des intérêts qui lui est propre, des intérêts économiques d’abord, comme on le voit très bien au Québec avec l’empire Gesca, sous-groupe de Power Corporation qui a empoché, en 2004, des profits de 17 milliards$, mais aussi des intérêts politiques, qui nous maintiennent dans l’insignifiance, la bêtise, l’ignorance et la peur qui constituent les principaux obstacles à notre lutte de libération nationale.

Heureusement, il nous reste un espoir avec la montée du 5è pouvoir, ce contre-pouvoir citoyen qui se développe avec le branchement à Internet en autant que le mouvement indépendantiste puisse en comprendre et en mesurer les véritables enjeux et à se montrer solidaire et organisé, ce qui ne semble pas être le cas jusqu’à maintenant. La seule façon pour le mouvement indépendantiste de lutter contre le 4è pouvoir qui nous abrutit et nous manipule est de développer une stratégie cohérente et intelligente d’utilisation optimale des outils multimédias qui sont offerts la plupart du temps gratuitement sur Internet afin de s’en servir pour atteindre notre objectif principal de libération nationale. Voir à ce sujet : La révolte du pronétariat de Joel de Rosnay disponible gratuitement

La troisième dépendance, que nous subissons, comme individus et comme nation, c’est notre dépendance organisationnelle aux partis politiques traditionnels qui sont des organisations à intelligence pyramidale, basées sur l’autorité, le contrôle, la division du travail et qui entrainent avec elle une rareté de l’offre politique. Aujourd’hui ces structures à intelligence pyramidale sont devenues vulnérables, inefficaces et incapables de s’adapter "aux sols mouvants, imprévisibles et disruptifs de la complexité". Voir à ce sujet : Intelligence collective, la révolution invisible de Jean-François Noubel. Il en résulte une désertion progressive et constante des citoyens vis-à-vis de la "res publica" (la chose publique) qui se traduit concrètement par le cynisme et la perte de confiance envers les politiciens.

Le mouvement indépendantiste n’a pas échappé à la règle en confiant historiquement son combat en sous-traitance au Parti québécois et au Bloc, 2 structures hiérarchiques et autoritaires à intelligence pyramidale que de nombreux indépendantistes déçus ont fini par déserter. Heureusement, encore là, la montée du 5è pouvoir et les outils qu’il offre permet au mouvement indépendantiste de retrouver un second souffle, de reprendre en main le pouvoir qu’il a délégué anciennement aux politiciens professionnels faute de mieux, en créant des organisations à intelligence collective que rend possible l’internet. L’intelligence collective, dit Noubel, c’est la capacité d’un groupe de personnes à collaborer pour formuler son propre avenir et y parvenir en contexte complexe. C’est ce que j’appelle, moi, la social-démocratie numérique, c’est-à-dire la redistribution du savoir et de la connaissance, qui est l’arme la plus efficace pour lutter contre l’ignorance et la peur.

Personnellement, je ne crois plus à l’équation PQ=indépendance et à son dogme référendaire. Je vois plutôt l’indépendance comme le résultat d’une pression populaire intense comme celle qui a entraîné la chute du Mur de Berlin, pression devant laquelle les politiciens professionnels se sont écrasés.

L’indépendance est un combat trop important pour qu’il soit laissé entre les mains des politiciens professionnels dont les intérêts divergent souvent avec ceux du peuple. C’est à nous de le reprendre en mains et utilisant tous les outils que nous offre maintenant l’Internet. L’indépendance d’abord et le pouvoir au peuple.

C’est en nous libérant de ces 3 dépendances que nous pourrons alors choisir librement nos interdépendances, comme individus et comme nation.

Pierre Cloutier
http://cf.groups.yahoo.com/group/clubpolitique

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Vos commentaires:
  • L’Indépendance, c’est mettre fin à nos dépendances et choisir nos interdépendances
    18 mars 2007, par Jean
    M. Cloutier vous êtes bien généreux mais très naif. L’indépendance ne sera faite que si un parti politique la prépare et la propose aux Québécois. Ça ne se fera pas tout seul. Avec les moyens que possèdent le peuple Canadian qui nous domine et ses valets tels les Charest et Dumont nous devrons être très organisé pour réussir notre libération. Vous rêvez avec vos théories. Bien sur, l’Internet peut nous donner des moyens mais cesser de vous bercer d’illusions, ça nous prend le Parti Québécois solide et déterminé sinon ce ne sera que des fuites en avant comme votre article. Vivi le Québec libre.
  • L’Indépendance, c’est mettre fin à nos dépendances et choisir nos interdépendances
    19 mars 2007, par Pierre Cloutier

    Monsieur Jean (Qui ?)

    Il faudrait que vous relisiez comme il faut ma chronique. Je ne dis pas que les organisations à intelligence pyramidale, autoritaires, centralisées, contrôlantes et élitistes, comme les partis politiques, vont disparaître du jour au lendemain et que la démocratie représentative va mourir avec.

    Je dis que l’Internet permet d’inventer de nouveaux types d’organisations non pas pyramidales, mais en réseaux où il n’y a pas de chef, pas d’autorité, pas de contrôle et d’entrave à la libre circulation de l’information et où les gens collaborent et coopérent entre eux pour façonner leur avenir dans des contextes complexes.

    C’est ce qu’on appelle des organisations à intelligence collective par opposition à intelligence pyramidale. Ces organisations à intelligence collective qui foisonnent sur Internet et qui vont graduellement augmenter d’années en années développent ce qu’on appelle la démocratie participative et la social-démocratie numérique, qui est la répartition de la richesse informationnelle, du savoir et de la connaissance pour lutter contre la peur et l’ignorance, qui est la principale source de la pauvreté.

    Plus ces organisations vont se développer, plus les gens repousseront les frontières de la peur et de l’ignorance, plus ils développeront la démocratie de participation, plus ils seront en mesure d’interpeler les organisations à intelligence pyramidale que sont les partis politiques et d’assurer une surveillance plus serrée de la "chose publique" (la res publica) et c’est la démocratie qui en sera valorisée entrainant avec elle une baisse du cynisme et du désengagement.

    Plus les québécois seront renseignés en s’organisant au dessus des organisations à intelligence pyramidale, plus ils seront en mesure d’imposer leur loi aux partis politiques traditionnels et plus l’indépendance sera à portée de main.

    Les partis politiques et les politiciens professionnels n’auront pas le choix. Ils devront faire avec, répondre de leurs actes de façon continue, abandonner la langue de bois et arrêter de manipuler les gens pour arracher des votes lors des élections et faire ce qu’ils veulent pendant 4 ans.

    Puisque le 4è pouvoir - les médias traditionnels de masse (journaux, radio et télévision) - a ses intérêts propres qui ne coincident pas nécessairement avec ceux du peuple, c’est le peuple qui devra fera le travail de surveillance en développant ce contre-pouvoir qu’est le 5è pouvoir.

    Je vais faire une entente avec vous, M. Jean (qui ?) : Commencez par lire "Intelligence collective, la révolution invisible" de Jean-François Noubel (25 pages) que vous pouvez télédécharger à http://www.TheTransitionner.org/ic et on pourra dialoguer de manière disciplinée. Sinon, cela va être un dialogue de sourds.

    Pierre Cloutier




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