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« Pourtant, nous qui sommes un peuple aux assises fragiles, nous avons besoin plus que d’autres de références stimulantes à une histoire qui nous serait propre et de posséder des « lieux de mémoire » pour nous approprier la genèse et l’évolution de notre identité et tirer profit de l’expérience acquise à chaque tournant majeur de notre histoire. » Léon Dion - source
             
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L’INM et la culture québécoise
Marc Brière
Le Devoir
jeudi 25 janvier 2007


Je suis fier d’appartenir à l’Institut du Nouveau Monde, qui fait un excellent travail d’éducation civique, et je félicite son comité directeur du Rendez-vous sur la culture pour la grande qualité du cahier qu’il vient de publier dans Le Devoir sur la culture québécoise, son état et son avenir.

Je déplore cependant une grave lacune : l’absence quasi totale de toute interrogation sur les cultures québécoises anglophone et autochtones et sur les rapports entre elles et la culture majoritaire. Je préfère penser qu’il s’agit là d’un regrettable oubli plutôt que d’une nouvelle manifestation d’ethnocentrisme, cette « tendance à privilégier le groupe social (ou culturel) auquel on appartient et à en faire le seul modèle de référence » (Le Petit Robert).

Heureusement, on a fait une large part aux questions relatives à l’intégration des groupes ethnoculturels d’immigration récente, au multiculturalisme et à l’interculturalisme, notamment dans les textes de Georges Leroux, Marie McAndrew, Céline Saint-Pierre, Jacques Beauchemin et Nadia Bridimas-Assimopoulos.

Mais quand on s’interroge sur la créativité de la société québécoise, les politiques culturelles du Québec, la culture d’élite, la nouvelle économie culturelle, le cinéma, la littérature, les nouvelles technologies culturelles, la mondialisation, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l’avenir de la culture québécoise, tous ces sujets éminemment intéressants ne sont traités que par rapport à la majorité francophone, sauf d’occasionnelles mentions de l’existence en territoire québécois des cultures anglo-québécoise et autochtones.

Pourtant, le texte introductif rédigé par le comité directeur avait bien décrit au départ les différents scénarios possibles de définition de la société québécoise et de ses diverses composantes francophone, anglophone, autochtones et allophones.

Pour ma part, le modèle que je privilégie est celui concevant la société québécoise comme étant formée d’une nation majoritaire francophone, des minorités nationales anglophone et autochtones et des communautés ethnoculturelles issues de l’immigration, évoluant de conserve et formant ensemble une nation politique (civique) dont le français est la langue publique commune. Ceci exige une reconnaissance réciproque, le respect de l’identité de chacun et le partage de valeurs communes fondamentales.




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