Jacques Cartier, une autre réflexion - Serge Joyal, Sénateur du Canada
S’adressant à l’historien Pascal Alain en réplique à son article intitulé « 1534-2009 : 475 ans plus tard... - L’héritage de Jacques Cartier » - Le Devoir - 2009 07 25, le Sénateur du Canada Serge Joyal nous fait une leçon de rigueur... sophistique...
« ... vu l’intérêt que je porte personnellement au rôle historique qu’a joué Jacques Cartier dans le développement du Canada... »
... dans le développement de... la Nouvelle-France... NUANCE !
Parler de Canada ancien, région de la colonie de France, avec l’Acadie et la Louisiane, pour parler du Canada actuel est un abus propagandiste qui a fait de Champlain le premier Gouverneur général du « Canada », ce qui fut la risée du 400e canadianisé. Aujourd’hui on apprend qu’il n’y a pas que les Conservateurs qui veulent canadianiser le Québec par Nouvelle-France interposée. Les libéraux aussi ne s’en privent pas...
Parler du Canada de Jacques Cartier c’est parler de la Nouvelle-France. Jacques Cartier n’a joué aucun rôle dans le développement du Canada actuel. Il a ouvert la porte à la suzeraineté de la France souveraine sur ces nouveaux territoires qui ont été par la suite Conquis par les Britanniques. La région française du Canada n’était qu’une des régions françaises de la Nouvelle-France, il y avait aussi l’Acadie et la Louisiane et la Baie d’Hudson, et ce n’est pas le Canada actuel que je sache, pour cela il faudrait que l’Acadie n’en soit pas partie et que la motiée des États-Unis, soit le Canada...
« Même à son époque, les côtes du Canada étaient déjà connues par les pêcheurs et habitées par plusieurs populations autochtones. »
Ce ne sont pas les côtes du « Canada » qui sont alors connues, car c’est Jacques Cartier qui a nommé ce territoire bordant le Saint-Laurent. Ce n’étaient que les Côtes d’une « Terra incognita » qui du reste s’étendaient bien au sud du Canada.
« Dans la même veine, vous omettez également de mentionner que Champlain a participé avec Pierre Dugua de Mons (un autre de ces explorateurs protestants) à la fondation de l’Acadie en 1604, comme si l’Acadie n’était pas un élément essentiel du fait français au pays. C’est un peu vite pour un peuple qui a tant de mérite d’avoir survécu. »
Sauf que… l’installation de 1604 elle aussi ne fut que temporaire… Les Anglais « en 1607, fondent Jamestown » et s’installent en Nouvelle-Angleterre, puis ils détruisent le peu d’installations françaises en Acadie. Ce n’est que « par le traité de Saint-Germain-en-Laye signé le 29 mars 1632 [ que s’opère ] le retour sous l’autorité de la France de tous les lieux occupés par les Anglais en Acadie. » ( Wikipédia ) et que commence la vraie colonisation française de l’Acadie. 24 ans après la fondation de Québec. Les Acadiens sont les descendants de telle colonisation n’ayant débuté en fait qu’à compté de 1634. Si l’on fait impasse sur ce défaut de continuité autant dire que l’installation britannique en Acadie de 1605 à 1632 fait de l’Acadie non plus un territoire de la Nouvelle-France mais bien un territoire Britannique…
« Et pendant les trois ans que durèrent les négociations qui aboutiront au traité de Paris du 10 février 1763, l’Angleterre était tout étonnée que la France ne cherche pas à reprendre le Canada dans ce processus de négociations. Le ministre français Choiseul était formel : c’en était fini de l’aventure canadienne, coûteuse et déficitaire. »
Faux, si Choiseul avait choisi le camp du lobby du sucre, celui de la fourrure n’a pas pour autant désarmé et ce n’est qu’à l’arraché que la France a choisi de camp du sucre. Ce n’est pas pour rien que les négociations durèrent si longtemps...
L’Histoire-fiction - Le n’importe quoi canadianisateur
Mais le comble du sophisme jovialiste canadianisateur est la dénonciation de l’Histoire-fiction par une autre…
« Peut-on imaginer ce que serait le Québec aujourd’hui s’il était devenu à cette époque un État américain ? »
Oui on peut l’imaginer et les oeillières canadianisatrices peuvent autant obscurcir son déploiement.
« Probablement une enclave linguistique un peu marginale, analogue à celle des Cajuns en Louisiane, même si Napoléon leur garantit l’usage de leur langue et de leurs droits lorsqu’il les vendit aux Américains de Jefferson en 1803. »
Comme si pouvaient être comparées les populations, leurs diverses implantations, leurs nombres, leurs situations géographiques et géopolitiques, leurs alliances avec les Premières nations !? Comme si nous aurions pu moins nous battre pour survivre contre les États-Uniens, que contre les Britanniques…
Ici on fait de variables des constantes pour obtenir de l’équation fictionnelle, le résultat canadianisateur voulu, les Britanniques nous ont sauvés de la France et des démocrates républicains des États-Unis, et la monarchie Britannique n’a pas voulu nous assimiler, n’a pas réservé les crédits consenti aux colons britanniques pour le peuplement de l’Ouest du Canada à ses seules populations britanniques nous vouant coincée sur des terres de roches, à l’exil économique aux États-Unis. Sans l’exode de milliers de Québécois nous serions non pas ± 7M d’origine française au Canada mais près de 18M. En effet on estime à 10M les États-Uniens d’origine française…
« Les Canadiens français n’ont pas suivi Papineau en 1849, un chef pourtant fort, adulé et charismatique. Et ils ne s’en portent que mieux aujourd’hui. »
Que mieux ? Qui peut le dire !? ET comment on se porte aujourd’hui, ce n’est certainement pas parce que les Britanniques nous ont fait des cadeaux. À moins que, le fait de nous vouer à l’assimilation programmée par la fine fleur de sa nation impériale coloniale, en la personne de Lord Durham, soit un gage bienveillant. C’est bien plutôt parce que nous nous sommes battus pour survivre contre l’assimilation britannique que nous sommes toujours là. Et cela n’aurait pas changé si nous étions devenus avant la Floride l’un des premiers nouveaux États des États-Unis.
« Évidemment, nous sommes là dans l’« histoire-fiction » et non plus dans l’Histoire proprement dite. » Vraiment !?
Dénoncer l’histoire fiction par... la l’histoire-fiction-canadian, est le sophisme canadianisteur révisionniste négationniste par excellence, Est-ce bien ça cher Sénateur… s’en tenir aux faits et aux documents historiques ?
Vérité incontournable et « réalité historique » beaucoup plus nuancée
Serge Joyal est un homme cultivé et qui sait vivre, cela ne l’empêche pas de nous abreuver en toute civilité d’une prose sophistique à souhait, partisan qu’il est d’un État du Canada abusif et illégitime jamais soumis sur le territoire national du peuple souverain du Québec au OUI qui le validerait.
Non seulement il reprend le collier du Vice-Roi John Ralston Saul qui nous dit qu’il n’y a pas eu Conquête mais Cession, et nous dit que nous avons tout simplement été abandonnés par la lignée de LOUIS XV, bien avant qu’il signe l’Acte de Cession. Comme si un peuple pouvait être objet de Cession ? Comme s’il n’y avait pas eu Conquête ! Comme si la France n’avait aussi été contrainte par la force brute et obstinée des armées britanniques. Comme si elle avait pu envoyer des renforts. Or, le féru d’histoire ignore ou fait mine d’ignorer qu’un océan nous séparait de La France et que pour le franchir en temps de guerre, encore faut-il avoir la maitrise des mers, et les britannique l’avait cette maitrise au Nord comme au Sud.
Les Britanniques sauveurs de la patrie québécoise
Quant à l’abandon de la France, il est avéré. Mais cela justifie-t-il pour autant la Cession et la Conquête d’un peuple et de son territoire ? Même abandonnés par la France, même si peu aidé par elle, nous avons pu implanter ici une vie parfaite pour nous et c’est pourquoi avec nos alliés des Premières nations nous avons défendu notre patrie avec acharnement et courage contre l’envahisseur britannique et ses armées acharnées et barbares. Nous aurions pu très bien survivre sans la Conquête avec ou sans la France dont nous aurions pu nous dissocier en même temps que ne l’ont fait les États-Uniens, ou sinon, à la faveur de la Révolution Française. Ce qui nous aurait épargné le fait d’être vendus par Napoléon. Il n’aurait pu vendre la Louisiane puisqu’elle aurait avec nous fait partie de l’État du peuple souverain du Québec souverain, cette Nouvelle-France devenue indépendante de la France. Comme si les britanniques nous avaient sauvés...
N’importe quoi ! L’Histoire-fiction canadianisatrice qui nous sauve ne passe pas… N’a jamais passé. Tout comme le Canada abusif et illégitime actuel. Tout ça, n’est qu’une colossale et coloniale histoire-fiction. Elle existe comme fiction, fondée sur une fiction de liberté pourtant jamais nommément exprimée, mais bientôt elle fera place à une réalité historique incontournable. Ce peuple souverain du Québec fondera sur son territoire national un État démocratique valide à la légalité légitime, ce que n’est pas le Canada actuel. ET il sera clair que ni Jacques Cartier ni Champlain ne sont les fondateurs de quoi que ce soit d’autre que du Québec souverain.
La honte d’un peuple - Faire d’un autre son objet
Ce jour là, les canadians auront à vivre avec le fait que leurs parents et leurs ancêtres ont entretenu si longtemps une fiction historique qui les a fait propriétaire d’un peuple et de son territoire national si longtemps parce qu’ils les auraient obtenus en tant que pur « objet » de propriété sous Cession d’un Souverain qu’ils ont vaincu par les armes et le feu de leurs armées ravageant, incendiant, violant, déportant tout un peuple. Comme si un peuple pouvait être objet de Cession !? De gré à gré, sans leur gré, puisque jamais on le leur a nommément demandé leur gré. Il s’agit donc de contrainte de force, d’enfermement par les armes, par la contrainte politique et maintenant par le sophisme négationniste et révisionniste réactionnaire canadianisateur. Toujours dans un État n’ayant jamais obtenu le libre et démocratique OUI qui le validerait. Ce « plusse meilleur pays au monde » !
Je ne sais pas quelle fiction les canadians pourront inventer alors pour oblitérer cette indignité historique, ni ce qu’ils pourront développer pour l’assumer, mais je n’aimerais pas être à leur place. Le mieux pour ce peuple du Canada, serait pendant qu’il en est encore temps pour se racheter, qu’il cesse de prétendre qu’il n’y a pas eu Conquête mais plutôt Cession. Comme si nous ravaler au rang d’objet valait mieux que d’être Sujets de Sa Majesté Conquérante comme le prétend John Saul et le servile Conquis Serge Joyal ? Ce peuple canadian ferait mieux de prendre le parti de la démocratie qu’il prétend défendre jusqu’aux confins de l’Empire états-uniens avatar de l’Empire d’où il tire ses origines, en comptant nos morts alors qu’il n’attends que de se retirer de ce bourbier dans lequel il nous a encore fourré, contre notre gré.
Ce peuple canadian devrait se réveiller et cesser de laisser leur pays entre les mains d’une minorité activiste affairiste occulte qui se pare des Ors de la monarchie, Sénateur à la clé, pour lui imposer un État de tutelle jamais nommément soumis aux voix du peuple, ce n’est qu’alors, comme nous, se libérant de son histoire impériale coloniale, qu’il pourrait à nos côtés rétablir la dignité de non nom en luttant pour que nos deux peuples souverains dès lors amis, se donnent chacun un État librement consentit, correspondant chacun à leur libre et souverain désir, Premières nations en sus.



