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| Financement 2008 |
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L’Agence des partenariats publics privés du Québec (APPP), créée par le gouvernement Charest en 2005, a presque triplé sa masse salariale et son budget relatif aux avantages sociaux, qui passe de 1,3 à 3,1 millions de dollars pour l’exercice financier 2006-07. Son budget total est de 7,1 millions $. C’est ce qu’on apprend dans le décret concernant les prévisions budgétaires de l’APPP, adopté le 18 octobre dernier par le gouvernement Charest.
Environ 8 % de la masse salariale est consacrée à la rémunération de son p.-d.g, Pierre Lefebvre (anciennement de Price Waterhouse Cooper), dont le traitement a été majoré de 2 % le 1er avril dernier, ce qui lui vaut maintenant une rémunération de base de 219 300 $. Avec le boni de 10 % auquel il a droit, son salaire pour l’année en cours pourrait grimper à 240 230 $. De plus, M. Lefebvre a droit à un montant de 3450 $ de frais de représentation et à 920 $ par mois pour un appartement à Québec. Il peut se faire rembourser ses dépenses de voyage (sur présentation de pièces justificatives), et on lui remet une allocation pour l’adhésion à un cercle de gens d’affaires ainsi qu’une allocation de 610 $ imposable pour son automobile.
L’attachée de presse de la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, précise que l’État n’avait pas le choix : pour obtenir « l’expertise et des compétences dans le domaine » des PPP, il fallait payer « les salaires du "domaine" ». Du reste, selon elle, ce traitement est « comparable à ceux des présidents d’organismes comme Hydro-Québec, la Caisse de dépôt, la Société générale de financement, Loto-Québec ou l’Autorité des marchés financiers ». En comparaison de ces grandes sociétés, toutefois, le nombre d’employés de l’APPP, de 24 actuellement (une personne a quitté récemment et sera remplacée sous peu), est plutôt réduit. Cela représente tout de même le double de ce que Mme Jérôme-Forget avait promis lors des consultations du projet de loi 61 créant l’Agence : « Nous estimons à 12 personnes le nombre d’employés qui composeront l’agence », avait-elle dit en octobre 2004.
Le critique péquiste en matière de services gouvernementaux, Sylvain Simard, s’étonne de la rémunération versée à M. Lefebvre : « Avec un quart de million par année en salaire, le président de l’Agence gère une boîte d’un budget de 7,2 millions $ avec 25 personnes pour le moment. Le sous-ministre à la Santé, lui, gagne 30 % de moins pour gérer 22 milliards $ et 272 833 employés. Cherchez l’erreur ! »
M. Lefebvre souligne pour sa part que le nombre de PPP au Québec, inexistant avant l’an dernier, est maintenant de sept : la salle de l’OSM, les dossiers des CHSLD, les CHU, les autoroutes 25 et 30, les aires de services. « Ça représente 4 milliards $ de projets », dit-il, ajoutant « non sans fierté » : « [Compte tenu du] staff réduit que l’on a si l’on se compare aux agences comparables en Colombie-Britannique, qui a quelque 115 personnes à son emploi et, en Ontario, 100 personne, on est efficients ».
L’APPP consacrera 2,8 millions $ à l’embauche de consultants externes dans les secteurs « financier, de processus ou des services juridiques », a expliqué M. Lefebvre, qui a tenu à préciser que le choix des firmes se fait toujours dans les ministères. « L’agence ne choisit jamais de façon unilatérale une firme conseil », dit M. Lefebvre. Dans le cas du CHU de McGill, par exemple, la firme Price Waterhouse Cooper a été choisie pour travailler sur les processus. « Dans le cas du CHUM, c’est Raymond Chabot Grand Thorton qui a été choisie. C’est une firme pour laquelle je n’ai jamais travaillé », a plaisanté M. Lefebvre.
L’opposition doute de l’utilité de cet organisme : « L’APPP est une véritable mine d’or pour ces consultants. On pourrait même dire qu’elle est une distributrice à contrats lucratifs, mais la distributrice échappe au contrôle des parlementaires. C’est inquiétant », dit M. Simard.

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