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L’ADQ et les colonisés
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
mercredi 28 janvier 2009      244 visites      2 messages


Jeudi, en réaction à Agnès Maltais et à Jean Charest qui n’assisteront pas à la reconstitution planifiée par la Commission des champs de bataille nationaux commémorant le 250e anniversaire de l’assaut de Wolfe sur les plaines d’Abraham, la première par conviction et le second par stratagème, le député Éric Caire a déclaré devant les journalistes à Québec que « les gens qui sont fiers et conscients de leur identité ne se sentent pas attaqués par ça », tout en ayant affirmé au préalable que « la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques est un fait historique incontournable avec lequel il faut composer . »

Faisant étalage de ses connaissances historiques bien à lui, M. Caire aborde les personnages de la bande dessinée Astérix qui souhaitent passer sous silence la défaite gauloise d’Alésia en 52 avant notre ère. Le député Caire nous explique « qu’il y a le Gaulois qui dit « Alésia, c’est quoi ça, Alésia ? » Bien, on a l’air de ça. Je m’excuse, mais ça a existé la bataille des plaines d’Abraham. »

Dan un premier temps, on ne peut pas dire d’une bataille, ou d’une ancienne défaite, qu’on peut « composer » avec ou qu’elle a tout simplement existé, hors contexte. Par devoir de mémoire, on se doit de rappeler des événements qui avaient fait en sorte que la bataille eut lieu et les conséquences sur la population envahie, tout en tentant de sensibiliser M. Caire, dans la mesure du possible, au fait que ce n’est pas dans les habitudes des peuples normalement établis de célébrer une défaite.

C’est un peu comme si la France ou la Pologne se mettait à célébrer le blitzkrieg allemand de la deuxième guerre mondiale, sous prétexte que ce fut un fait historique incontournable avec lequel les français ou les polonais eurent à « composer » avec. Ça n’a tout simplement pas de sens.

Au-delà de cette constatation, M. Caire ne semble pas comprendre le sens du mot colonisé, puisqu’il s’applique magistralement en son cas, comme dans le cas du Maire Régis Lembaumé, d’autant plus qu’il semble avoir de la difficulté à comprendre que la défaite de 1759, tout en faisant bien partie de notre histoire, ne se célèbre tout simplement pas ; que de célébrer cette défaite ne peut être envisagé ou imaginé que par un esprit réducteur du fait québécois à la solde des descendants des conquérants qui, eux, sont très contents et très fiers de fêter ça devant tout le monde, ayant des porte-parole comme André Juneau ou l’autre André, Pratte celui-là, pour en faire la promotion.

Pour revenir à M. Caire et à son incompétence à nommer ou à comprendre ce qui est proposé, la réalisatrice Joanne Marcotte nous offre peut-être une explication. Connue pour son brûlot néo conservateur intitulé « L’illusion tranquille », elle a rédigé son propre post-mortem du post-mortem de l’ADQ en date de vendredi passé dans le journal Le Devoir en proposant une triple prescription pour ce qu’elle entrevoit dans sa boule de cristal comme étant l’« avenir » de l’ADQ. Elle se pose d’abord la question suivante : « Quand donc l’ADQ comprendra-t-elle que pour être crédible et efficace, il lui faudra professionnaliser ses rangs ? »

Sa triple prescription consiste, dans un premier temps, à renouveler l’exécutif par un congrès. Deuxièmement, ce nouvel exécutif devra remettre en question la nomination de Simon-Pierre Diamond comme directeur général et, troisièmement, qu’un nouveau chef devra être élu dès cette année.

Mme Marcotte se débat dans une fiction névrosée correspondant à son délire idéologique, puisqu’elle n’a pas encore cerné, pas plus que le Maire d’Huntington d’ailleurs, qu’une crise financière n’est pas très favorable aux partis de droite et que L’ADQ fut le parti d’un seul homme, l’homme en question a démissionné. Selon ce que j’ai observé dans le comportement d’Éric Caire et chez d’autres adéquistes, les professionnaliser tiendrait du miracle et je ne suis pas croyant, soit dit en passant.

Il faudrait aussi faire remarquer à Joanne Marcotte, cette grande revendicatrice de progrès social, qu’elle a bien plus de choses en commun avec Monique Jérôme-Forget, au-delà de la suffisance et de la propension à ergoter pour mieux dissimuler. Mesdames Marcotte et Jérôme-F. sont des vraies professionnelles en déconstruction nationale et en désolidarisation par le biais de la dissimulation et de la gestion de l’information. Mme Jérôme-F. s’illustre abondamment avec ses petits secrets financiers qu’elle partage seulement avec son beau Johnny et Mme Marcotte, qui se dit documentariste, avec ses petits secrets sur comment faire un montage télévisuel démagogue et alarmiste en faisant passer ça pour un documentaire.

L’ADQ va peut-être éclater, d’autant plus qu’il fut créé de toutes pièces par un ancien membre de l’aile jeunesse du PLQ et des vieux nationalistes mous du PLQ comme Jean Allaire. Il serait tout à fait naturel et envisageable que les adéquistes libéraux retournent au parti qui les a vus naître, comme ils l’ont fait aux dernières élections, ayant reconnu en Jean Charest leur sauveur néocon drapé dans le PLQ.

Daniel Sénéchal

Montréal

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Vos commentaires:
  • L’ADQ et les colonisés
    28 janvier 2009, par L. P.
    Je suggère à l’ADQ de fêter, avec la défaite de notre nation sur les plaines d’Abraham, la perte de 1 milliard en péréquation avec Harper et le 120 millions pour le bois d’oeuvre en comparaison du 2,5 milliards pour l’industrie automobile de l’Ontario qui en a déjà reçu 2 autres de Paul Martin. Avec Allaire, Dumont et Caire l’ADQ pourrait attirer du tourisme pour le maire L’embaumé à Québec. eux ils (...)

    Lire ce commentaire

    Je suggère à l’ADQ de fêter, avec la défaite de notre nation sur les plaines d’Abraham, la perte de 1 milliard en péréquation avec Harper et le 120 millions pour le bois d’oeuvre en comparaison du 2,5 milliards pour l’industrie automobile de l’Ontario qui en a déjà reçu 2 autres de Paul Martin. Avec Allaire, Dumont et Caire l’ADQ pourrait attirer du tourisme pour le maire L’embaumé à Québec. eux ils ne sont pas séparatistes diront-ils, mot terrible, menaçant et qui fait peur au point de mouiller leur pantalon.

    Mais d’où vient ce mot si vilain ? Il est apparu en anglais d’abord ¨separatist¨pour les besoin d’une cause monarchique et théocratique en Angleterre au 18e siècle suite au divorce antérieur de Henri VIII qui fit couper la tête de 6 de ses épouses femmes, Catherine d’Aragon sa première s’en sauvant par peur de l’Espagne. La légende de Barbe Bleu qui dévorait ses sept femmes naquit de cette aventure royale. Rome ayant refusé la demande de nullité de mariage du roi qui n’avait pas d’héritier avec la belle. le roi en colère se fit nommer pape ou cher suprême de son royaume par un bill du parlement de Londres. La séparation de l’Eglise universelle ou catholique en résulta. Mais ce n’était pas là du séparatisme car ce mot n’existait pas encore etpuis la couronne anglaise et ses représentants aux colonies, tel Michael Jean, est le nombril du monde.

    Le mot ¨separatist¨est apparu après un siècle de théocratie royale pour nommer un phénomène nouveau en Angleterre. En effet un groupe de théologiens anglicans, désireux de faire des réformes au sein de l’Église anglicane notamment de libérer de la noblesse les dignités d’évêque, archevêques etc demanda une purification dans la pauvreté comme au temps du Christ. En vain, la couronne et la noblesse s’y opposèrent et la patience des réformistes à bout aboutit à la naissance d’ une nouvelle église méthodiste, d’abord aux USA devenus indépendants puis dans toute l’empire britannique.

    Pour nommer ces récalcitrants, le clergé anglican inventa un terme à partir du mot latin ¨separare¨ separatist qui courut dans toutes les langues latines pour désigner ces schismatiques. Et voilà, les peuples qui veulent leur indépendance de la couronne anglicane et royale sont des séparatistes depuis lors. Les 500 millions d’indiens qui réclamaient leur pays occupé par une armée de 250 000 soldats britanniques armés jusqu’aux dents étaient des séparatistes en 1946. George Washington aussi en 1776.

    Donc ceux qui ne sont pas séparatistes comme Caire ou Pratte sont des loyalistes, loyaux à la couronne comme ceux qui quittèrent les USA en 1783 pour fuir au Canada et s’installer sur les terres des amérindiens en maîtres. Les adéquistes devraient y réfléchir avec monsieur Allaire et se brancher dans la dignité avec les patriotes au lieu de fêter leur soumission à la couronne de sa majesté. La théocratie royale serait-elle si séduisante pour eux ?


  • L’ADQ et les colonisés
    29 janvier 2009, par Suzanne Groulx
    Plus colonisé qu’Éric Caire....tu meurs. Faut-il en conclure, à sa déclaration, qu’il a aussi envie de fêter le rapatriement de la constitution de 82, le scandale des commandites des libéraux, le vol du référendum de 95....toutes de bonnes occasions de fêter...à Québec, bien sûr. Belle mentalité pétainiste !!!

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