Jeudi, en réaction à Agnès Maltais et à Jean Charest qui n’assisteront pas à la reconstitution planifiée par la Commission des champs de bataille nationaux commémorant le 250e anniversaire de l’assaut de Wolfe sur les plaines d’Abraham, la première par conviction et le second par stratagème, le député Éric Caire a déclaré devant les journalistes à Québec que « les gens qui sont fiers et conscients de leur identité ne se sentent pas attaqués par ça », tout en ayant affirmé au préalable que « la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques est un fait historique incontournable avec lequel il faut composer . »
Faisant étalage de ses connaissances historiques bien à lui, M. Caire aborde les personnages de la bande dessinée Astérix qui souhaitent passer sous silence la défaite gauloise d’Alésia en 52 avant notre ère. Le député Caire nous explique « qu’il y a le Gaulois qui dit « Alésia, c’est quoi ça, Alésia ? » Bien, on a l’air de ça. Je m’excuse, mais ça a existé la bataille des plaines d’Abraham. »
Dan un premier temps, on ne peut pas dire d’une bataille, ou d’une ancienne défaite, qu’on peut « composer » avec ou qu’elle a tout simplement existé, hors contexte. Par devoir de mémoire, on se doit de rappeler des événements qui avaient fait en sorte que la bataille eut lieu et les conséquences sur la population envahie, tout en tentant de sensibiliser M. Caire, dans la mesure du possible, au fait que ce n’est pas dans les habitudes des peuples normalement établis de célébrer une défaite.
C’est un peu comme si la France ou la Pologne se mettait à célébrer le blitzkrieg allemand de la deuxième guerre mondiale, sous prétexte que ce fut un fait historique incontournable avec lequel les français ou les polonais eurent à « composer » avec. Ça n’a tout simplement pas de sens.
Au-delà de cette constatation, M. Caire ne semble pas comprendre le sens du mot colonisé, puisqu’il s’applique magistralement en son cas, comme dans le cas du Maire Régis Lembaumé, d’autant plus qu’il semble avoir de la difficulté à comprendre que la défaite de 1759, tout en faisant bien partie de notre histoire, ne se célèbre tout simplement pas ; que de célébrer cette défaite ne peut être envisagé ou imaginé que par un esprit réducteur du fait québécois à la solde des descendants des conquérants qui, eux, sont très contents et très fiers de fêter ça devant tout le monde, ayant des porte-parole comme André Juneau ou l’autre André, Pratte celui-là, pour en faire la promotion.
Pour revenir à M. Caire et à son incompétence à nommer ou à comprendre ce qui est proposé, la réalisatrice Joanne Marcotte nous offre peut-être une explication. Connue pour son brûlot néo conservateur intitulé « L’illusion tranquille », elle a rédigé son propre post-mortem du post-mortem de l’ADQ en date de vendredi passé dans le journal Le Devoir en proposant une triple prescription pour ce qu’elle entrevoit dans sa boule de cristal comme étant l’« avenir » de l’ADQ. Elle se pose d’abord la question suivante : « Quand donc l’ADQ comprendra-t-elle que pour être crédible et efficace, il lui faudra professionnaliser ses rangs ? »
Sa triple prescription consiste, dans un premier temps, à renouveler l’exécutif par un congrès. Deuxièmement, ce nouvel exécutif devra remettre en question la nomination de Simon-Pierre Diamond comme directeur général et, troisièmement, qu’un nouveau chef devra être élu dès cette année.
Mme Marcotte se débat dans une fiction névrosée correspondant à son délire idéologique, puisqu’elle n’a pas encore cerné, pas plus que le Maire d’Huntington d’ailleurs, qu’une crise financière n’est pas très favorable aux partis de droite et que L’ADQ fut le parti d’un seul homme, l’homme en question a démissionné. Selon ce que j’ai observé dans le comportement d’Éric Caire et chez d’autres adéquistes, les professionnaliser tiendrait du miracle et je ne suis pas croyant, soit dit en passant.
Il faudrait aussi faire remarquer à Joanne Marcotte, cette grande revendicatrice de progrès social, qu’elle a bien plus de choses en commun avec Monique Jérôme-Forget, au-delà de la suffisance et de la propension à ergoter pour mieux dissimuler. Mesdames Marcotte et Jérôme-F. sont des vraies professionnelles en déconstruction nationale et en désolidarisation par le biais de la dissimulation et de la gestion de l’information. Mme Jérôme-F. s’illustre abondamment avec ses petits secrets financiers qu’elle partage seulement avec son beau Johnny et Mme Marcotte, qui se dit documentariste, avec ses petits secrets sur comment faire un montage télévisuel démagogue et alarmiste en faisant passer ça pour un documentaire.
L’ADQ va peut-être éclater, d’autant plus qu’il fut créé de toutes pièces par un ancien membre de l’aile jeunesse du PLQ et des vieux nationalistes mous du PLQ comme Jean Allaire. Il serait tout à fait naturel et envisageable que les adéquistes libéraux retournent au parti qui les a vus naître, comme ils l’ont fait aux dernières élections, ayant reconnu en Jean Charest leur sauveur néocon drapé dans le PLQ.
Daniel Sénéchal
Montréal
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