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Jean Pelletier - Comme exemple de cynisme
il a été directement associé au référendum québécois de 1995 et au scandale des commandites
Marc-André Labrecque
Tribune libre de Vigile
mardi 20 janvier 2009      331 visites


On apprenait récemment le décès de monsieur Jean Pelletier, ancien maire de Québec, ancien chef de cabinet de l’ex-premier ministre libéral, monsieur Jean Chrétien, et ancien président de Via Rail Canada.

Évidemment, le défunt a eu droit à un concert de louanges et de fleurs pour l’ensemble de son œuvre, spécialement dans le journal Le Soleil, sur plusieurs pages durant quelques jours. Le maire Labaume a même déclaré le considérer comme son mentor en politique. La seule nuance est apparue dans le même journal sous la plume de monsieur François Bourque, qui faisait ressortir des côtés moins glorieux du défunt et aussi de la dernière entrevue accordée par ce dernier à monsieur Gilbert Lavoie, chroniqueur au Soleil.

Malgré le chagrin que cause le décès d’un être humain, qu’il s’agisse d’un personnage public ou d’une personne privée, la vérité conserve toujours ses droits.

Je serai bref sur la période durant laquelle monsieur Pelletier fut maire de la ville de Québec. Il a beaucoup aimé sa ville et celle-ci en a tiré des bénéfices concrets. Il reste qu’il était un tenant de la construction d’autoroutes et d’un développement immobilier principalement commercial du quartier Saint-Roch.

Heureusement pour les Québécois, son successeur, le maire Jean-Paul Lallier a créé un merveilleux jardin public dans l’espace Saint-Roch, dans un quartier rénové à caractère principalement résidentiel entouré de l’ENAP, de l’INRS et du journal Le Soleil.

Par ailleurs, son sens de la démocratie et son acceptation de la contestation étaient pour le moins discutables. Parlez-en à monsieur Pierre Mainguy et à madame Winnie Frohn qui ont goûté à sa médecine autoritaire et dictatoriale. Mais tout cela se passant à une autre époque.

Plus près de nous, à titre de chef de cabinet de monsieur Jean Chrétien, ex-premier ministre libéral du Canada, il a été directement associé au référendum québécois de 1995 et au scandale des commandites.

En effet, suite à leur quasi-défaite (victoire volée) lors du référendum de 1995, les dirigeants libéraux fédéraux ont décidé d’intoxiquer les Québécois, de leur laver le cerveau, de les manipuler et de tenter de les influencer à ne jamais voter Oui à un référendum sur l’indépendance du Québec, spécialement les nationalistes mous. À ce titre, ils ont décidé de vendre aux Québécois avec leur propre argent, des programmes vantant le fédéralisme au nom de l’unité nationale. Le crime fût d’abord et avant tout politique et les coupables messieurs Chrétien et Pelletier qui ont élaboré et dirigé le système avec l’aide de leurs sbires, notamment messieurs Alphonso Gagliano et Chuck Guité.

Le juge John Gomery dans sa gestion de la Commission qui porte son nom de même que dans son rapport mesuré, rigoureux et même très complaisant à leur égard a quand même fait ressortir leur responsabilité politique. Ces derniers ont alors attaqué en justice le juge et son rapport en mettant surtout l’emphase sur la médiatisation du juge.

À mon humble avis, cette médiatisation a eu un effet très positif en faisant connaître au public cette Commission dont les travaux ont été suivis assidûment et ont été très appréciés par les Québécois durant des semaines. Le juge et son rapport n’ont donc absolument rien à se reprocher et j’espère que les tribunaux en viendront à cette conclusion.

Quant aux crimes économiques, c’est-à-dire aux hommes d’affaires criminels qui ont détourné une partie des fonds publics pour s’en mettre plein les poches, ces voleurs s’en sont tirés avec soit des amendes minimes ou des peines de prison légères qu’ils n’ont servies qu’en partie. C’est un exemple très concret de ce que l’on qualifie de justice à deux vitesses.

Par ailleurs, dans le dernier entretien accordé par monsieur Pelletier au chroniqueur de Soleil monsieur Gilbert Lavoie, rapporté dans le numéro du 14 janvier 2009, monsieur Pelletier fait des déclarations qui confirment son rôle important et peu glorieux dans l’avant et l’après référendum de 1995.

Love-In de Montréal

Pour le financement du Love-In à Montréal dans les jours précédant le référendum, il déclare que « Dans la guerre, on ne se demande pas si les munitions sont payées, on les tire. » (Sic).

Loi référendaire du Québec

Quant au respect (mépris) de la Loi référendaire du Québec, monsieur Pelletier ne s’est pas posé de questions. Il dit « Des ordres de marche, puis salut ! Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi ? » (Resic). Comme exemple de cynisme, on peut difficilement trouver mieux.

Loi sur la clarté référendaire

Au sujet de la supposée Loi sur la clarté référendaire, monsieur Pelletier déclare « L’idée de cette loi, c’est Jean Chrétien. Au cabinet peu de personnes étaient enthousiastes, moi je l’ai toujours été. Par la suite, monsieur Dion, qui avait des réserves sur l’idée de cette loi, est embarqué dans le dossier et, comme ministre des Affaires gouvernementales, il est devenu le parrain du projet de loi après avoir participé à sa rédaction. » (Re. Resic.)

Concernant Via Rail Canada, monsieur Pelletier y a été nommé président par monsieur Chrétien et remercié par monsieur Paul Martin, autre ancien premier ministre libéral du Canada, qu’il considère comme un salaud. Il déclare à ce sujet « Je n’ai pour lui que du mépris. Pour moi, Paul Martin, ça reste un salaud ». Son congédiement fit suite à des mots méchants à l’égard d’une victime facile, madame Myriam Bédard, qui avait dénoncé des irrégularités au sein de l’entreprise. Cette affaire n’a jamais été élucidée sur le fond. Espérons que le gouvernement Harper poursuivra le processus judiciaire pour pouvoir connaitre enfin la vérité si cela est encore possible.

Conclusion

En conclusion, dans les magouilles politiques de l’avant et de l’après référendum québécois de 1995, de même que dans le scandale des commandites, les principales infractions sont de nature non pas économique mais plutôt politique et les principaux coupables et à ce titre responsables sont messieurs Jean Chrétien ex-premier ministre du Canada et Jean Pelletier son ex-chef de cabinet. Le décès récent de ce dernier ne change rien à l’affaire.

Marc-André Labrecque
L’Ancienne-Lorette

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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